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Choques par les quotas d’importation fixés par le gouvernement Automobile : les concessionnaires crient au scandale

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d-automobile-les-concessionnaires-crient-au-scandale-73c70.jpgHier, plusieurs concessionnaires ont convoqué des réunions de crise pour introduire des recours auprès du ministère du Commerce.

Les concessionnaires automobiles algériens ont commencé à récupérer les licences fixant les quotas d’importation des véhicules neufs signées par le ministre du Commerce le 8 mai dernier. En effet, hier matin, les Directions du commerce de wilaya (DCW) ont remis le précieux sésame aux 40 concessionnaires bénéficiaires des montants fixés sur la base des tarifs des véhicules à homologuer. Comme nous l’avions annoncé hier dans les colonnes de Liberté, les quotas attribués aux concessionnaires sont basés sur le dollar américain et non la monnaie européenne, sachant que sur les 40 bénéficiaires, seulement 7 représentants importent leurs véhicules en dollars. La consternation est totale.

C’est ce que nous avons constaté de visu, hier, lors d’une virée dans certaines firmes. Pour cause, les concessionnaires qui importent en euros doivent, au préalable, calculer, voire revoir leur feuille de route afin de réduire le quota d’importation une fois la LC (lettre de crédit) signée. “Nous avons été piégés par le ministère du Commerce. Nous sommes également victimes de la guéguerre qui règne entre ce département et celui du l’Industrie et des Mines. Car, avec les quotas attribués, aucun concessionnaire ne pourrait dépasser deux mois d’activité”, nous a indiqué un représentant d’une firme européenne. Pis encore, à l’ouverture des notifications adressées par les DCW aux concernés, il ressort que les quotas attribués aux uns et aux autres relèvent d’une supercherie et sont annonciateurs de plans sociaux à court terme. “Le ministère du Commerce a réduit les quotas de 152 000 à 83 000 unités/an. Avec la conversion du dollar en euro, ce chiffre sera réduit sensiblement à la baisse. Il pourrait atteindre 60 000 unités d’ici à fin 2016. Aucun concessionnaire ne pourrait survivre au-delà d’un mois d’activité.

Le pire est dans le réseau de distribution, dont les agents sont déjà déficitaires”. En ce sens, il faut savoir que les quotas définis sont en contradiction avec le cahier des charges fixant l’exercice d’activité du concessionnaire automobile. Celui-ci exige, entre autres, un réseau d’agents dans les 48 wilayas et répondant aux normes (situation, emploi, superficie, etc.). Il se trouve qu’aucun concessionnaire ne pourra assurer une distribution équitable du quota à travers les 48 wilayas. Bien plus, ceux qui ont obtenu moins de 3 000 véhicules ne pourront même pas répondre aux besoins de leurs succursales basées à Alger. “Les quotas définis par les pouvoirs publics obéissent à une seule logique, à savoir le licenciement des personnels, à commencer par les employés recrutés dans le cadre des contrats à durée déterminée (CDD). Cette option pourrait intervenir juste après le mois de Ramadhan, sachant que nous ne pouvons pas mettre à la porte des pères de famille à la veille du mois sacré. Mais, à ce rythme-là, nous sommes contraints de leur proposer des indemnités de départ”, nous explique une autre source proche du dossier.

À ce titre, il faut savoir que le secteur de l’automobile emploie près de 11 000 personnes avec des CDD. Bien mieux, il ressort que Renault (15 000 unités), Sovac (11 000 unités) et Toyota (8 500 unités) sont les trois concessionnaires qui ont bénéficié de quotas proches du plafond fixé par le gouvernement. Aussi, seulement 7 concessionnaires ont bénéficié de quotas se situant entre 2 000 et 7 000 unités/an. Il s’agit de Peugeot Algérie (7 000 unités), Kia Motors Algérie (6 800 unités), Cima Motors (4 600 unités), Emin-Auto (4 500 unités), Hyundai Motor Algérie (3 140 unités), Diamal (2 800 unités) et Citroën (2 430 unités). Le reste des firmes ont obtenu entre 300 et 850 unités/an. On citera, entre autres, Nissan Algérie, Mitsubishi, Sodi Automotive, GBR, BMW, GMS et Foton.
En revanche, les concessionnaires multimarques ayant obtenu des agréments et des quotas avoisinant 1 500 et 2 000 unités/an, au même titre que les Chinois, n’ont pas communiqué leurs chiffres.

Révoltés, plusieurs concessionnaires comptent introduire des recours aujourd’hui dans la matinée auprès du ministère du Commerce. De son côté, l’Association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A) rendra public, incessamment, un communiqué pour s’exprimer sur cette situation qualifiée, par l’ensemble de nos interlocuteurs, de “scandaleuse”.

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