Cités Aadl: Quant le civisme vient à manquer…

Cités Aadl: Quant le civisme vient à manquer…

132
SHARE

FMAHEL29.jpg«Comment voulez-vous sauvegarder un ascenseur dans un immeuble et l’entretenir alors que des locataires l’utilisent pour transporter des sacs de ciment et autres matériaux de construction ?», s’interroge un locataire.

Ordures, odeurs nauséabondes, ascenseurs en panne, inexistence d’espaces verts et de jeux pour enfants… Le quotidien des locataires de plusieurs cités AADL à travers la capitale laisse vraiment à désirer. «Nous vivons dans des conditions difficiles. Les responsables sont quasi absents au niveau du site», lance Mohamed, un locataire au site des Bananiers, dans la commune de Mohammadia. Pour notre interlocuteur, une opération d’installation de bacs à ordures pour le tri sélectif a été lancée la semaine dernière afin d’inciter les locataires à trier leurs ordures. «C’est une très bonne initiative. Mais il faut déjà commencer par le commencement. Le civisme. Vous ne pouvez demander aux locataires de trier leurs ordures alors qu’ils ont habitude de balancer les sacs poubelles depuis leurs balcons. Vous ne pouvez leur imposer ces bacs alors qu’ils jettent les épluchures de légumes directement dans le bac sans prendre la peine de les emballer dans du papier journal et les déposer dans un sac poubelle», se désole-t-il.
Notre interlocuteur ira plus loin dans son analyse. «Comment voulez-vous sauvegarder un ascenseur dans un immeuble et l’entretenir alors que des locataires l’utilisent pour transporter des sacs de ciment et autres matériaux de construction. Certes, ces locataires, qui entament des travaux chez eux, ne peuvent pas transporter jusqu’aux étages supérieurs ces matériaux. Mais ils peuvent au moins en réguler la quantité afin de ne pas fragiliser et abîmer les ascenseurs». Selon lui, il en est rien. «Hormis quelques exceptions, c’est l’individualisme et le moi qui priment», dira-t-il. «En raison de l’absence d’une réaction de l’AADL, nous avons lancé une opération pour tenter de réparer les ascenseurs au niveau de notre immeuble, en panne depuis plusieurs mois. Figurez-vous que ce sont toujours les mêmes locataires qui prennent les initiatives pour l’intérêt général et les locataires qui répondent favorablement et acceptent de verser leurs quote-part», se désole notre vis-à-vis.

Idem pour des opérations de volontariat à l’extérieur des immeubles pour le bien-être de tous. «Autrefois, il y avait le syndic de l’immeuble qui prenait en charge les doléances des locataires et veillait à ce que tout se passe très bien. Aujourd’hui, hormis quelques gestionnaires des autres immeubles, les autres gardiens sont absents tout au long de la journée. Pourtant, ils logent au rez-de-chaussée et sont payés pour veiller à la propreté des lieux et à l’entretien des immeubles», s’insurge-t-il. Même son de cloche chez certains locataires au niveau du site de Sebala avec ses 44 immeubles et 1827 logements.
«Nous n’avons ni espace vert encore moins d’espaces où les enfants peuvent jouer et se défouler. Pourtant, les assiettes de terrain existent à notre niveau», nous dira un locataire. Pour lui, les responsables de l’AADL et les élus locaux de la commune d’El Achour doivent faire des efforts pour réaliser ces espaces. «C’est devenu invivable. Les enfants n’ont que la rue pour jouer au football ou pratiquer un sport avec tous les dangers qui peuvent les guetter», dira-t-il.

Idem pour les ascenseurs qui sont, depuis quelques semaines pris en charge par une entreprise privée. «Les ingénieurs de cette nouvelle entreprise qui se chargent des opérations de réparation et de rénovation au niveau de notre site maîtrisent bien leur métier. D’après eux, ce ne sont pas les ascenseurs qu’ils faut mettre en cause mais l’entretien qui était absent depuis plus de dix ans», dira notre vis-à-vis. Quoi qu’il en soit, les responsables au niveau de l’AADL, les gestionnaires du site et même les locataires sont tous responsables de la dégradation continue des sites. Une bonne gestion et un peu de civisme peuvent améliorer cette situation. A bon entendeur…

Source de l'article : cliquez-ici