Mercedes Classe E : le classicisme à la pointe de la technologie

Mercedes Classe E : le classicisme à la pointe de la technologie

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Mercedes relance sa Classe E, prenant de court ses concurrentes. Si la marque allemande a minimisé les risques sur l’évolution du design, elle a néanmoins truffé de technologies cette grande berline.

Que de chemin parcouru depuis la première Classe E lancée en 1953. Avec le temps, cette grande berline Mercedes a vu son style évoluer pour toujours coller à l’air du temps. Avec la nouvelle Classe E, présentée aux salons de Détroit et Genève, Mercedes a fait le choix d’un certain conservatisme dans le design. Étonnant pour la marque à l’étoile qui s’est pourtant lancé dans un ambitieux, mais néanmoins réussi, dépoussiérage de sa gamme. Des angles moins rigides, des lignes plus sensuelles, la marque Premium allemande a su reprendre l’initiative avec des modèles réussis comme la GLE Coupé ou encore la nouvelle Classe C.

La plus vendue des « berlines d’affaires »

Pour Mercedes, l’enjeu est important car la Classe E est la plus vendue de sa catégorie. En 2015, près de 232.000 unités ont été vendues. Mais surtout Mercedes a décidé de devancer ses concurrentes en lançant cette « berline d’affaire » face aux vieillissantes Audi A6 et BMW Série 5. Il fallait donc prendre des risques mesurés.

Ainsi, sur la Classe E, on retrouve la même silhouette extérieure que son prédécesseur avec sa calandre marquée d’une grande étoile. On note toutefois cette nouvelle signature lumineuse à l’avant, avec un petit effet d’ouverture à l’allumage. Idem à l’arrière. Cela n’a l’air de rien, mais la Classe E a déjà gagné en modernité avec cette signature très design en forme de double crochet. Mercedes joue donc la carte des petites retouches de style… Du moins à l’extérieur !

Un soin particulier a été porté sur les finitions intérieures. On est loin du patchwork de matières que l’on retrouve dans la dernière Classe C où les designers n’ont pas su placer harmonieusement bouches d’aération, GPS sans multiplier les textures (chrome, cuir…). Sur la Classe E, l’intérieur affiche une belle harmonie. La planche de bord en carbone de couleur gris métallisé donne une touche originale, très Premium et sportive à la fois. Le choix du carbone permet de créer un beau relief au-dessus des bouches d’aération sans pour autant les faire ressortir grossièrement.

Une ergonomie pas toujours intuitive

La console centrale permet d’accéder efficacement à plusieurs commandes. La gestion du chauffage et climatisation est bien pensée grâce aux boutons directs mais dont les différentes positions apparaissent sur l’écran. Mercedes n’a pas cédé aux sirènes de la mode qui consiste à intégrer toutes les fonctionnalités du confort intérieur sur un écran qui a, certes, l’avantage d’alléger la planche de bord mais qui est vite laborieux à l’usage (retours incessants entre les différents menus). On n’est toutefois moins convaincu par la commande principale du menu (gros bouton giratoire) doublé d’une commande tactile pour écrire à la main mais qui permet également de gérer le menu. On s’aperçoit, à la longue, que les deux éléments font double emploi.

On n’est pas plus séduit par l’intuitivité du GPS dont la sélection de l’adresse de destination s’avère assez complexe. Dommage car l’écran n’est pas trop mal placé sur la planche de bord, et l’affichage est plutôt de bonne facture. La qualité des images de la caméra de recul est excellente. La vue à 360 degré est néanmoins altérée par un énorme liseré qui borde inutilement le schéma de la voiture et ne permet finalement pas de bien anticiper les limites du trottoir.

Sur la connectivité, Mercedes Classe E a intégré Car Play et Android Auto. Pratique ! Sauf qu’il est impossible de suivre le GPS de la voiture et écouter votre musique ou autre application de votre smartphone synchronisé. Très décevant ! De toute façon, la piètre acoustique de la voiture nous fait presque renoncer à écouter de la musique. D’autant que la qualité du son n’est pas extraordinaire.

Un agencement maladroit?

L’habitacle est assez bien agencé mais on attendait mieux sur une voiture de 4,92mètres. Probablement la faute à un toit trop bas ou un plancher trop haut, en tout cas les marges de manœuvres pour surélever le siège sont limitées. Un défaut de confort pour les conducteurs les plus grands. A l’arrière en revanche, l’espace est confortable sans empiéter sur la taille du coffre qui offre 530 litres.

Mais après ces menus détails, il est temps d’entrer dans le cœur du sujet. Car cette nouvelle Classe E dispose probablement d’un des meilleurs dispositifs d’autonomie du marché. Elle prend les virages toute seule, elle adapte efficacement sa vitesse en fonction des ralentissements des voitures précédents. Dans les bouchons, le dispositif d’autonomie est excellent. La voiture avance et ralentit en fonction de la congestion du trafic. Si la voiture est contrainte à l’arrêt, elle redémarre automatiquement, y compris si l’arrêt est prolongé, au contraire de certaines marques Premium concurrentes. Ainsi, l’angoisse des bouchons est largement atténuée grâce à ce système. La lecture des panneaux n’est pas encore tout à fait au point. Le système peut encore confondre des panneaux adressés à des caravanes. Mais l’idée est là, et elle est encourageante.

Discrète à l’intérieur…

On apprécie également les avertissements lancés par la voiture. Si, par exemple, vous enclenchez votre clignotant et que la voiture détecte un obstacle à votre angle mort, un avertissement sonore intervient, sans être strident ou envahissant. Vous serez également gentiment prévenu si vous devez reprendre votre volant (n’abusez pas de l’autonomie, la réglementation ne vous le permet pas encore), ou si vous devez ralentir. D’une manière générale, les alertes sonores savent se faire discrètes et parcimonieuses. Rien à voir avec d’autres voitures qui sonnent dans tous les sens et gâchent l’ambiance à bord.

…Puissante à l’extérieur

Mais la Classe E ne serait pas cette excellente routière sans ses indéniables qualités moteur. La motorisation diesel est puissante y compris à 194 chevaux, là où Mercedes propose jusqu’à 258 chevaux en diesel (286 en essence). En dépassement, elle affiche une belle dynamique grâce à son couple moteur efficace. En ville, elle se montre agile. En mode « sport+ », elle change carrément de tempérament. Son couple moteur se désinhibe, les suspensions se raffermissent, le moteur gronde plus fort… Plus rien ne résiste à sa dynamique, elle se faufile, elle dépasse, elle s’impose sur la route !

Avec Classe E, Mercedes signe une voiture haut-de-gamme très aboutie, à la pointe de l’innovation la plus poussée. Ses qualités routières sont un régal. Elle manque pourtant à deux fondamentaux Premium incontournables avec son acoustique très médiocre, et son habitacle moyen. Classe E peut toutefois légitimement se revendiquer comme une des voitures incontournables de l’année 2016.

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