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Ali Benflis, Président de Talaie El-Houriat, à “Liberté”: “Vacance du pouvoir : la facture sera lourde”

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d-vacance-du-pouvoir-la-facture-sera-lourde-423e2.jpgLiberté entame, avec le président du parti Talaie El-Houriat, Ali Benflis, une série de grands entretiens. Notre invité du jour a eu l’amabilité de s’exprimer sur l’actualité : l’affaire El Khabar, la vacance du pouvoir, la succession de Bouteflika, les dossiers de corruption. Il ne manquera pas de s’attarder sur le rôle de l’opposition dans cette phase cruciale de la vie politique nationale. Homme de droit et ancien ministre de la Justice, Benflis affirme que “l’alternative démocratique est le nouveau devoir patriotique”.

Liberté : Le procès de l’affaire El Khabar, qui devait avoir lieu le mercredi 25 mai, est reporté pour la troisième fois consécutive et toujours à la demande de la partie plaignante, le ministère de la Communication qui avait initialement introduit une plainte en référé. L’homme politique et l’homme de droit que vous êtes ont-ils des lectures à faire quant à ces reports ?
Ali Benflis : L’essentiel pour moi dans ces reports à répétition est dans l’image désolante que les pouvoirs publics renvoient d’eux-mêmes dans cette affaire. L’image de rigueur et de sérieux de l’État en sort abîmée plutôt que grandie. Mais au-delà de ce constat essentiel, il y a le reste. Il y a manifestement une action inconsidérée et peu réfléchie des pouvoirs publics, d’où toutes ces demandes de reports destinées d’abord à rattraper des dérives politiques et des errements juridiques.
Il y a aussi des pouvoirs publics désagréablement surpris par l’élan de solidarité nationale qu’a suscité l’affaire du Groupe El Khabar alors que ces mêmes pouvoirs publics avaient parié sur un passage en douceur de leur abus de pouvoir comme cela avait été le cas avec les chaînes   “Atlas” et “El Watan”. Il y a, enfin, cette même réaction nationale qui met les pouvoirs publics sous surveillance internationale alors même que leur bilan en matière de liberté de la presse et de droit à l’information est si peu reluisant.
Il me semble que les pouvoirs publics sont victimes d’un piège qu’ils se sont tendu eux-mêmes. Pour tout vous dire, il me semble que ces demandes de report ressemblent de plus en plus à des contorsions auxquelles se livrent ces pouvoirs publics pour se sortir de ce piège qu’ils croyaient avoir brillamment tendu à d’autres mais qui s’est piteusement refermé sur eux.

Pendant que le ministre de la Communication évoque une affaire commerciale, des voix considérées comme des porte-parole officieux du pouvoir lient l’interdiction opposée au transfert d’actifs du groupe El Khabar au profit de la société Ness-Prod à l’élection présidentielle de 2019. Êtes-vous de ceux qui voient ce soubassement politique à l’affaire ?
En largeur comme en longueur et en profondeur comme en hauteur, cette affaire n’a jamais été considérée par les pouvoirs publics comme une transaction commerciale ordinaire. Si cela avait été le cas pourquoi s’y seraient-ils directement impliqués pour demander en référé son annulation ou son gel ?
Ces pouvoirs publics avaient un intérêt à agir dans cette affaire et cet intérêt à agir est purement politique.
Lier l’abus de pouvoir dont est victime le Groupe El Khabar à la perspective de l’élection présidentielle de 2019 me semble réducteur. Cela signifierait que n’était cette échéance, le régime politique en place se serait accommodé du transfert d’actifs de ce Groupe à ses nouveaux acquéreurs. Je ne le crois pas. Le régime politique dont nous parlons ne s’accommode que de médias à gages et non de médias libres ; il ne tolère que des médias à sa solde et jamais des médias qui scrutent ses faits et ses gestes et lui apportent la contradiction comme le dicte leur responsabilité envers la société ; et ce régime politique est d’autant moins en mesure d’accepter des voix dissonantes qu’il se sait dans un état de faiblesse et de précarité extrême du fait de l’impasse politique vers laquelle il a mené le pays, du tissu économique qu’il a mis en lambeaux et de l’instabilité sociale qui se dévoile sous nos yeux. Le régime politique en place n’est plus guidé que par un instinct de survie. Il n’a cure de rien d’autre. Et c’est dans ce contexte-là, me semble-t-il, que s’insère sa gestion calamiteuse de l’affaire du Groupe El Khabar qu’il a transformée en affaire d’État en commettant la provocation de trop.

Talaie El-Houriat est l’un des partis qui continuent de clamer qu’il y a vacance du pouvoir. Selon vous, une telle situation est-elle tenable jusqu’en 2019 ?
Tenable pour qui ? Si c’est pour le régime politique en place, c’est à lui de nous le dire et de nous dire comment et à quel prix. Si c’est pour le pays, je vous répondrai en mon âme et conscience en vous tenant un propos responsable que la facture politique, économique et sociale de cette vacance du pouvoir sera lourde.
Cette situation était déjà intenable en 2013 et pourtant elle a été reconduite à l’occasion de l’élection présidentielle de 2014. Chacun a pu voir et chacun savait alors que nous n’avions pas élu un président de la République mais simplement infligé au pays une continuité de la vacance du pouvoir.
Et où en sommes-nous aujourd’hui ? Nous sommes face à une impasse politique gravissime avec un centre de la décision nationale occupé par des forces extra- constitutionnelles qui s’effrite sous nos yeux. Nous sommes face à un effondrement économique que rien ne semble pouvoir arrêter. Et nous allons vers une instabilité sociale dont tous les ingrédients sont réunis et dont tous les signes avant-coureurs sont déjà là. Bien évidemment cette situation n’est tenable pour aucun pays dans le monde. Certains disent de l’Algérie qu’elle est le pays des miracles, mais il arrive toujours un moment où même les miracles ne suffisent plus ou cessent de se reproduire.

Attardons-nous justement sur la question de la succession du président Bouteflika. Comment l’entrevoyez-vous ? N’assistons-nous pas aux préparatifs pour un coup de force ?
Je sais que les vieux réflexes ont la vie dure et que les vieilles habitudes sont tenaces. Il est grand temps que soient abandonnés ces vieux réflexes et ces vieilles habitudes.
L’ère des élections arrangées est révolue. Nous avons vu où les élections arrangées ont conduit le pays et ce qu’elles lui ont coûté en termes d’arriération politique, d’archaïsme économique et de dévitalisation sociale.

L’avenir de notre pays est dans la modernisation politique, économique et sociale. Il n’est pas, à coup sûr, dans la reproduction des schémas éculés bâtis en dehors du choix des citoyens et de la volonté du peuple souverain.
Je ne suis pas naïf au point de ne pas savoir que de très gros intérêts sont liés à la pérennité du système politique actuel en dépit de tous les grands torts qu’il a causés au pays.  Je suis donc conscient du fait que certains travaillent à “ce que tout change pour que rien ne change”, je veux dire donner l’illusion du changement et reconduire la stagnation en sous-main. À ceux-là je dis simplement que l’Algérie a profondément changé et que le monde a changé. Il n’est pas sûr que ce qui pouvait être imposé hier le soit aujourd’hui. Et j’ajoute qu’après des schémas qui, à l’usage, ont tous fait l’abondante démonstration de leur faillite, allons vers le seul schéma qui a fait ses preuves : le recours au peuple souverain. Pour une fois, donnons la voix au peuple, laissons-le s’exprimer et respectons son choix. Est-ce trop demander ? Est-ce trop présumer des capacités de notre peuple à donner la légitimité, la représentativité et sa confiance aux véritables artisans de renouveau de notre pays ? Cela serait-il au-dessus de nos forces et serions-nous condamnés à répéter les mêmes erreurs et à renouveler les mêmes échecs que nous ont valu toutes les élections arrangées par ceux qui ont toujours cru qu’ils étaient plus éclairés, plus lucides, plus prévoyants et plus clairvoyants que le peuple lui-même ? Je ne le crois pas.

L’ancien ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khelil, dont le retour au pays a été accompagné de la fanfare de la République, accomplit des pèlerinages dans les zaouïas. Certains y voient un échauffement, une pré-campagne électorale, pour un retour aux affaires. Khelil Président, y croyez-vous ?
Les destinées individuelles ne m’intéressent pas. Je ne les ai jamais commentées et je ne ferai pas exception à cette règle de conduite s’agissant du cas que vous évoquez.
Ce qui m’intéresse en revanche au plus haut point c’est le système politique lui-même et la manière dont il organise l’accès aux fonctions politiques y compris la plus haute d’entre elles, la fonction présidentielle.
De ce point de vue, ma contribution politique a pour but de mettre notre peuple en position d’exercer sa liberté de jugement et de choisir souverainement celles et ceux qu’il voudra porter à la conduite des affaires de l’État.
Lui et lui seul saura séparer le bon grain de l’ivraie. C’est à lui que revient ce droit et à personne d’autre.

La corruption ou la grande criminalité financière comme vous l’appelez fait l’actualité de par l’ampleur qu’elle a prise. Quelle réflexion ce phénomène vous inspire- t-il ?
Vous faites bien de rappeler que je parle de grande criminalité financière plutôt que de corruption. Il y a à cela plusieurs raisons. Dans le contexte de notre pays, ce concept est réducteur. Il renvoie à des actes de malversation, de passe-droits ou de faveurs accordées contre rémunération. Or ce à quoi nous sommes confrontés dans notre pays est d’une toute autre nature et d’une toute autre envergure. C’est à une véritable entreprise de prédation systémique que sont livrés l’argent public et toute la richesse nationale. C’est de cela qu’il s’agit à travers les marchés publics octroyés dans des conditions plus que douteuses, à travers la fuite des capitaux que rien ne vient réfréner, à travers l’évasion fiscale toujours impunie, à travers toutes les formes de fraude au commerce extérieur, notamment la surfacturation, et à travers la réévaluation des projets publics qui est devenue la norme.
N’oublions pas que la grande criminalité financière est intrinsèque aux régimes autocratiques. Il ne faut donc pas s’étonner que l’impunité dont bénéficie la grande criminalité financière dans notre pays ait abouti à sa banalisation. Plus personne, au sein de l’État, ne semble s’en émouvoir : ni les responsables politiques ni les organes chargés de la prévention et de la répression des crimes de corruption. Quant à la justice et face aux développements de tous ces crimes, elle semble avoir été mise en hibernation forcée.
L’État de non-droit n’est pas le meilleur protecteur de l’argent public ; il n’est pas le meilleur adversaire de la grande criminalité financière ; et ce n’est certainement pas à lui qu’il faudrait s’en remettre pour s’employer à la bannir de notre société : cela n’est ni dans son intérêt ni dans l’ordre de ses premières préoccupations.
C’est par l’État de droit que se combat la grande criminalité financière. Dans ce combat la volonté politique et le courage politique sont essentiels. Seules des autorités légitimes peuvent avoir cette volonté et ce courage.
En l’absence d’un État de droit et d’autorités légitimes, autant dire, hélas, que la grande criminalité financière dans notre pays a encore de beaux jours devant elle.

L’opposition politique réunie au sein de l’Instance de concertation et de suivi (Icso) a-t-elle les moyens d’éviter une succession clanique, pour reprendre une expression bien en vogue ?
L’opposition nationale ne fait pas ce qu’elle veut, elle fait ce qu’elle peut.
Le choix entre une succession clanique, comme vous la qualifiez, ou une succession démocratique, n’est pas un choix qui concerne exclusivement l’opposition nationale. Ce n’est pas une joute où le reste de la société serait spectateur ou observateur non impliqué et non concerné. Je suis à la tête d’une formation politique qui est partie prenante et partie intégrante de l’opposition nationale et nous ne cherchons pas l’absolution à moindres frais de nos faiblesses ou de nos manquements.
Mais le fait est que l’alternative démocratique pour laquelle nous nous battons sera le combat de tous ou ne sera pas. Cette affaire est trop grande et trop importante pour être l’affaire des seuls professionnels de la politique, en l’occurrence le pouvoir et l’opposition avec le reste de la société occupé à compter les points et à attendre de voir le vaincu et le vainqueur.
Cette affaire est de portée et de dimension nationales. Elle est l’affaire de chaque Algérienne et de chaque Algérien où qu’ils se trouvent.L’alternative démocratique est notre nouveau devoir patriotique. Ceux qui craignent pour la pérennité de l’État national qui est désormais mise en cause, ceux qu’angoisse la perdition économique à laquelle est livré notre pays, ceux que préoccupe notre sécurité nationale menacée au-dedans comme au-dehors et ceux qu’inquiètent tous les signes annonciateurs d’une déstabilisation sociale, tous ceux-là — et non la seule opposition — doivent se retrouver dans la vaste entreprise de modernisation politique, économique et sociale dont dépend l’avenir de tranquillité, de prospérité et de progrès dont nous rêvons pour notre pays.
Laissez-moi vous le dire avec beaucoup d’honnêteté et de franchise, une entreprise de cette envergure-là ne pourra jamais être menée à bonne fin par la seule opposition. Il s’agit d’une entreprise nationale et tout ce que la Nation compte comme forces vives devra s’y sentir partie prenante.

Depuis la dernière conférence de Zéralda, l’Icso semble être gagnée par une certaine léthargie, du moins elle n’a toujours pas décliné de feuille de route active. Elle est même silencieuse alors que l’actualité politique l’interpelle…
Pardonnez-moi, mais je n’ai pas la même impression et je n’établis pas le même bilan sur ce sujet. Le fait que l’Icso ne se réunisse pas en tant que telle ne signifie pas forcément qu’elle soit entrée en léthargie, qu’elle n’ait pas de feuille de route opérationnelle ou qu’elle soit indifférente à l’égard des graves développements que le pays connaît.
Bien au contraire, les partis, les personnalités nationales et les organisations de la société civile qui composent l’Icso me donnent l’impression qu’ils sont présents en force sur le front de l’actualité nationale. Ils se prononcent sur chaque développement national ; ils sont présents dans les médias qui veulent bien leur ouvrir leurs portes ; ils animent des rencontres soutenues à travers tout le territoire national.
Ce n’est certes pas l’Icso en tant que telle qui est en mouvement, mais ce sont ses membres, mais cela ne change rien au résultat. Nous déployons nos efforts dans le même sens, nous faisons parvenir le même message à nos compatriotes ; et nous nous employons à les sensibiliser à l’impératif d’un changement démocratique, chacun à sa manière mais à partir des idées qui font consensus entre nous.
N’est-ce pas cela qui importe le plus ?

Les élections législatives approchent. Talaie El-Houriat s’y prépare-t-il ? Est-il disponible pour d’éventuelles alliances électorales ?
Il y a un dicton qui dit avec beaucoup de sagesse : “Je chercherai à savoir comment traverser le pont quand j’y parviendrai.” Nous sommes donc loin du pont des législatives pour chercher à savoir comment le traverser.
Pour l’heure, nous nous concentrons sur la structuration de notre Parti au niveau central, au niveau local et au sein de notre communauté à l’étranger.
La structuration centrale de Talaie El-Houriat a été achevée. Depuis le 15 mars dernier, nous avons entamé la tenue d’assemblées électives de 1 271 bureaux communaux ; ces élections battent leur plein avec la tenue d’une quarantaine d’assemblées électives par semaine. Ce processus sera couronné par la tenue des assemblées électives des bureaux territoriaux à l’échelle de 47 wilayas et 13 circonscriptions de la wilaya d’Alger.
Malgré toutes les appréhensions qui ont pu être exprimées, nous avons retenu le principe électif de toutes les structures du parti ; nous n’avons pas eu tort ; bien au contraire nous n’avons qu’à nous féliciter des conditions remarquables de sérénité, de transparence et d’entente dans lesquelles se tiennent ces assemblées électives. Nous prêchons par l’exemple démocratique et cette option vaut à notre Parti un engouement auquel nous ne nous attendions pas, huit mois seulement après son agrément.

Il y a cette problématique de la fraude qui reste posée. La revendication d’une instance indépendante de surveillance des élections ayant été ignorée, avez-vous toujours les mêmes appréhensions quant à la trituration des scores électoraux comme par le passé ?
Plus que d’une simple trituration, il s’agit de scrutins totalement dénaturés et faussés. Et plus que d’une problématique il s’agit d’un crime contre l’État dont les institutions sont privées de dirigeants légitimes et d’un crime contre le peuple dont le choix est confisqué par un appareil politico-administratif qu’aucune outrance frauduleuse ne fait reculer.
Sans changement radical, une longue vie attend le système frauduleux mis méthodiquement en place dans notre pays.
La dernière révision constitutionnelle nous promettait monts et merveilles ; elle nous a été présentée comme l’acte irrévocable de bannissement de la fraude électorale. C’était compter sans le fait que la fraude est consubstantielle au système politique qui sévit dans notre pays. Ce système politique et le système de la fraude sont deux siamois inséparables ; l’un ne peut survivre à la disparition de l’autre.
En matière de lutte contre la fraude, la dernière révision constitutionnelle n’a été rien de plus que la montagne qui accouche d’une souris.
Si les auteurs de la révision constitutionnelle ont manqué d’inspiration ou d’imagination, ils n’avaient qu’à regarder quelques échantillons pris au hasard en Afrique, en Asie, en Amérique latine, en Europe de l’Est et même dans notre voisinage maghrébin pour apprendre ce qu’est une véritable autorité électorale indépendante.
La nôtre a été pompeusement affublée des deux qualificatifs “haute” et “indépendante” alors même qu’elle n’est ni l’un ni l’autre. Elle n’est pas haute parce qu’il y a plus haut qu’elle, un Conseil constitutionnel sans libre arbitre et sans marge de manœuvre ; et elle n’est pas indépendante tant est forte l’emprise de l’institution présidentielle sur la nomination de ses membres et en particulier de son président.
C’est vous dire que plus que des appréhensions, nous avons la certitude que la fin de la fraude ne viendra pas du leurre que cette révision constitutionnelle nous présente sous la forme d’une haute autorité indépendante chargée de la surveillance des élections. Et comme tout leurre peu sophistiqué, celui-ci se trahit lui-même. Les prérogatives de cette autorité se limitent à la surveillance des élections.
Or il est de notoriété publique que c’est à travers la préparation et l’organisation des élections que la logistique de la fraude se met en place.
Voilà où réside notre crainte qui n’est pas sans fondement. Mais attendons d’avoir connaissance de la loi organique devant donner naissance à cette autorité pour pouvoir porter sur elle un jugement définitif. Mais je dois vous avouer que je ne me fais pas beaucoup d’illusions sur la capacité du régime politique en place de faire amende honorable et de se convertir à la nécessité de bannir cette tâche honteuse que constitue la fraude de la vie politique nationale.

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