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L’Algérien qui surveillait l’hôtel où Kim Kardashian s’est fait agresser à Paris : «Il y a un grand laxisme sécuritaire»

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L’affaire de Kim Kardashian, cette personnalité médiatique américaine qui s’est fait voler ses bijoux d’une valeur de 9 millions d’euros dans une résidence hôtelière de luxe à Paris, a révélé, incidemment, la persistance d’insuffisances flagrantes et graves dans la prise de conscience des Français à tous les niveaux, de la menace sécuritaire qui pèse sur la population dans ce pays. Cela est confirmé par le témoignage d’Abderrahmane, l’Algérien responsable de la sécurité au sein de cet hôtel qui a souligné l’absence de mesures sérieuses de protection et a déclaré au journal britannique Daily Mail, avoir «averti les responsables de l’établissement auparavant sur ces défaillances, notamment l’absence de caméras de surveillance». Abderrahmane n’est pas particulièrement spécialisé dans les questions de sécurité. Il est étudiant et fait ce métier pour payer ses travaux de mémoire de doctorat. Mais il vient d’Algérie où, quoi qu’on dise, on ne badine pas avec la sécurité.

Les Algériens ont acquis un réflexe de vigilance qui explique cette clairvoyance dont a fait preuve Abderrahmane. Les observateurs en France ont eu raison de se demander comment se fait-il que, dans le contexte des attaques terroristes qui ont endeuillé leur pays et plus particulièrement Paris, un établissement du type de cet hôtel de luxe, que l’on peut considérer comme une cible potentielle du fait à la fois de sa position en pleine capitale et de la nature de sa clientèle, fortement médiatique, soit à ce point négligeant sur les conditions de sûreté interne.

L’explication dans cette négligence est dans le grand décalage entre les discours et la réalité du terrain en France. Les dirigeants politiques français, au pouvoir et certains dans l’opposition, ont développé, avec force surenchère mais en paroles seulement, une pédagogie de la peur sur la menace terroriste en ne craignant pas de faire dans la stigmatisation de leurs concitoyens musulmans, vus comme des criminels en puissance. Mais sur le terrain, les situations anormales se multiplient et enlèvent toute crédibilité au discours qui cherche à rassurer les Français en exprimant la détermination à lutter contre le terrorisme, mais qui, dans les faits, démobilise et neutralise la vigilance de la population en laissant croire que sa protection est prise en charge.

Doit-on en conclure que les dirigeants français ne sont pas vraiment convaincus de la nécessité de mener une lutte conséquente contre le terrorisme et qu’il faut donc placer cette lutte au-dessus de toute autre considération ? Les déclarations complaisantes à l’égard des groupes terroristes en Syrie le laissent penser. En outre, n’importe qui a pu constater que les mesures exceptionnelles mises en application dans les lieux publics, comme les centres commerciaux, en France, après un attentat terroriste, ne durent parfois que deux ou trois jours, puis plus rien pour empêcher un nouveau carnage.

On comprend que notre compatriote Abderrahmane soit ahuri devant le laxisme sécuritaire qui a permis à des brigands d’agir avec la plus grande facilité dans un hôtel de luxe en plein Paris, à moins de trois mois des fêtes de fin d’année.

Houari Achouri

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