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Réunion du Comité central du FLN : un nouveau test pour les adversaires de Saâdani

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Le Comité central CC du FLN se tiendra samedi 22 octobre à l’hôtel Aurassi à Alger. Le parti a obtenu en effet l’autorisation des services de la wilaya d’Alger. Les « rumeurs» qui ont circulé sur son report s’inscrivent dans le « sillage de la guerre psychologique» menée par les opposants d’Amar Saâdani, souligne un proche du patron du FLN.

Le CC du FLN est en effet, l’instance suprême du parti, entre deux congrès. Sur le plan organique, seuls ses membres ont la prérogative de nommer ou de destituer le Secrétaire général du parti. Chaque CC devient dès lors une occasion pour l’opposition interne afin d’exprimer ses positions et de tenter de renverser le Secrétaire général. D’ailleurs, les appels pour la destitution de Saâdani se sont multipliés ces dernières semaines. C’est le cas d’Abdelaziz Belkhadem qui a ouvertement invité les cadres du parti à « se débarrasser de la médiocrité ». Le CC du FLN peut-il se révolter contre le Secrétaire général du parti ? Très peu probable, pour ne pas dire impossible en l’état actuel des rapports de force au sein du parti. L’actuel Secrétaire général a tout simplement verrouillé le Comité central lors du dernier congrès. Saâdani a écarté tous ses adversaires du CC. L’instance lui est complètement acquise.

Saâdani toujours à l’attaque

Mais au FLN, le sort du Secrétaire général n’a jamais été une affaire interne. C’est souvent une question qui se décide à l’extérieur des organes du parti, dans les rouages de l’État. Ce que Saâdani a bien compris. Sinon comment expliqué sa longue éclipse de la scène politique durant l’été ? L’homme est resté de marbre face aux critiques de ses opposants, les anciens et les nouveaux, dont le groupe des 14 moudjahidin qui a dénoncé dans une lettre la situation au sein du FLN.

Cette indifférence a laissé croire qu’au sein du pouvoir, l’homme n’est pas lâché. Ce qui constitue une assurance suffisante pour Amar Saâdani. Dès son retour des vacances, le patron du FLN n’a pas hésité à ouvrir d’autres fronts. Le 5 octobre, devant les cadres du parti et des ministres, réunis à Sidi Fredj sur la côte ouest d’Alger, il a sorti la grosse artillerie. Il a accusé le général Toufik d’être derrière les troubles à Ghardaia est dans d’autres régions du pays et a haussé le ton contre Abdelaziz Belkhadem, et « les anciens officiers de la france. » 

Saâdani a-t-il franchi la ligne rouge? Oui selon le général Toufik. Ce dernier a d’ailleurs décidé de saisir la justice suite aux accusations du patron du FLN. Un geste  inédit de la part de l’ex-patron du DRS qui s’est montré jusqu’au là passif face aux attaques de Saâdani.

La guerre contre Toufik et Belkhadem

En effet Saâdani avait déjà pointé du doigt la défaillance du DRS dans la prise d’otages de Tiguentourine en janvier 2013 et plus grave encore dans l’assassinat du président Mohamed Boudiaf en juin 1992. Des accusations qui n’ont donné lieu à aucune suite judiciaire. Sur la décision de Toufik de saisir la justice, Saâdani garde le silence. « On réagira pas aux intentions », affirme l’un de ses proches. Mais la question marquera incontestablement les travaux du Comité central samedi.

Timing choisi par le général Toufik

Par ailleurs, le timing choisi par l’ex-patron du DRS n’est pas un simple fait de hasard. Ce dernier a attendu la veille de ce rendez-vous important pour monter au créneau. Ce qui pourrait être considéré comme une sorte de pression sur le SG du FLN et un signal adressé aussi bien à ses adversaires qu’a ses proches.  La réunion de samedi permettra de jauger le poids réel des adversaires de Saâdani et donc des partisans de Belkhadem et du général Toufik au sein de cette instance.

En tout cas, pour la réunion de samedi, le FLN a arrêté un ordre du jour ordinaire. Il y’aura d’abord le discours bilan d’Amar Saâdani , suivi des rapports de la Commission des finances et de la Commission chargée des études. Enfin les membres du CC débattront des préparatifs des élections législatives prévues vers la fin du premier trimestre 2017.

Lutte contre l’argent sale

Toutefois, ses attaques contre Toufik et Belkhadem ne doivent pas faire oublier les promesses du patron du FLN, notamment celle relative à la lutte contre l’argent au sein de son parti. Dans les coulisses il n’hésite pas a pointé du doigt Abdelaziz Belkhadem, son prédécesseur, responsable selon lui de l’émergence de cette catégorie de militants au sein du FLN. Une mission qui s’avère d’ores et déjà minée. Depuis son arrivée à la tête du parti. Saâdani a préféré maintenir le statu quo. Les hommes d’affaires n’ont pas été inquiétés. Certains ont été nommés dans des postes de responsables au Sénat et à l’APN.

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