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« Nos très chers émirs » : les politiques français arrosés par l’argent du Golfe

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Une nouvelle onde de choc a secoué la classe politique française depuis jeudi dernier, date de la parution de l’ouvrage « Nos très chers émirs » des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot. 

Selon cet ouvrage, plusieurs politiques français nommément cités auraient bénéficié personnellement des largesses des pays du Golfe. Les auteurs citent en particulier les pratiques de l’ancien ambassadeur du Qatar en France, Mohammed al-Kuwari, qui avait habitué les politiques français à recevoir de coûteux cadeaux tels que montres et sacs de luxe, billets d’avion, hébergement dans des hôtels luxueux, etc. 

Le nouvel ambassadeur du Qatar en France, Meshaal al-Thani, lassé de voir le bureau de l’Ambassadeur considéré comme un “distributeur de billets de 500 euros”, aurait souhaité réduire ces largesses. Ce qui aurait déplu à plusieurs politiques français, parmi lesquels Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris, Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe, Nicolas Bays député PS du Pas-de-Calais, et Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne. 

Ainsi, Jean-Marie Le Guen aurait affirmé, selon les auteurs : “En tant que ministre en charge des relations avec le Parlement, je tiens tous les députés et sénateurs de mon camp, via les questions au gouvernement. Je peux bloquer des questions hostiles au Qatar, ou au contraire les alimenter. Mais je n’ai pas à le faire gratuitement”. 

Rachida Dati aurait quant à elle exigé 400.000 euros pour monter une association. Ayant essuyé un refus, la maire du 7e arrondissement de Paris aurait ensuite émis publiquement de vives critiques à l’égard du Qatar, dénonçant sa volonté de développer son idéologie et le fait qu’il finance “des mosquées, des associations, des imams (…), des structures qu’on ne contrôle pas”. L’Ambassadeur aurait manifesté sa surprise : “Elle dîne avec moi en me demandant de l’aider, et le lendemain elle nous traîne dans la boue”. Rachida Dati aurait ensuite été blacklistée au Qatar, où elle a tout de même pu retourner grâce à une intervention de Nicolas Sarkozy en sa faveur auprès de « son ami », l’émir père Cheikh Hamad. 

Le député PS Nicolas Bays aurait quant à lui envoyé un SMS à l’ambassadeur pour lui demander de payer des vacances pour lui et son épouse, arguant que son budget était « un peu serré ». L’Ambassadeur aurait refusé et lui aurait ironiquement ajouté : “Je t’invite à regarder sur le site de Qatar Airways, la compagnie fait des promotions en ce moment !” 

L’Ambassadeur, excédé, aurait déclaré : “Je n’ai jamais vu cela, auparavant ! j’ai fréquenté des politiques partout ; mais aucun ne s’est comporté comme certains Français, aucun ne m’a demandé de l’argent si abruptement, comme si c’était naturel, comme si on leur devait quelque chose !”

Plusieurs personnalités incriminées ont démenti les accusations et affirmé qu’elles lanceraient des procédures judiciaires contre les auteurs du livre.

L’ouvrage rapporte également le financement au moins en partie par les Émirats arabes unis du déplacement de Marine Le Pen en Égypte lors de sa rencontre avec le président al-Sissi en mai 2015. La présidente du Front national aurait cependant lancé un évasif “on verra” lorsque les Émirats lui ont proposé un financement d’un ou deux millions de dollars pour sa campagne électorale. 

Bruno Le Maire aurait quant à lui reçu une montre très luxueuse mais l’aurait laissée dans le coffre-fort du ministère.

L’Arabie saoudite est également l’une des monarchies avec laquelle la France s’est efforcée de maintenir des liens au cours des dernières décennies, avec un rapprochement sous François Hollande. Compte tenu de la primauté de l’alliance saoudienne avec les États-Unis, la France est présentée par les journalistes comme un “partenaire de compensation” que l’Arabie saoudite n’hésite pas à humilier, en faisant poireauter ses représentants pendant plusieurs heures avant de les recevoir, et en finissant par conclure avec les Américains des marchés promis à la France. 

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