Quand Mobilis fait dans la bigoterie

Quand Mobilis fait dans la bigoterie

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Depuis quelques temps, voire assez longtemps déjà, l’opérateur historique de téléphonie Mobilis a élargi drôlement  la gamme de ses offres. Comme par exemple celle d’offrir tout un choix de sonneries à connotation religieuse. A la place des classiques bruitages, Bip, sons et autres morceaux de musique universelle, le client peut se voir imposer des extraits de psalmodies de versets coraniques.

Que les choses soient bien claires : à Algérie1 nous ne sommes ni des laïcards ni des mollahs. En revanche, nous considérons que c’est notre devoir de dénoncer l’usage marketing des versets du Saint Coran. C’est souvent le cas de ces sonneries religieuses qui sont des bouts de versets décontextualisés qui véhiculent sournoisement une vision wahabite de la religion.

On se demande d’ailleurs si les responsables de Mobilis en sont conscients.Toujours est-t-il que cette mode des sonneries religieuses a fait son entrée massive en Algérie, à la faveur des déplacements des algériens dans les pays du Golfe, devenus une de leurs destinations favorites qui pour des raisons spirituelles, professionnelles, commerciales….

Et c’est quasiment tout le monde qui s’y met. Non pas forcément par conviction religieuse, mais par opportunisme politique. Ministres, députés, cadres et citoyens lambda ont du jour au lendemain basculé de la « Fifth of Beethoven » à des sonneries dites « islamiques ». 

Comme si  derrière, il y a une volonté de porter en bandoulière sa foi religieuse, alors que cette dernière est censée  être du domaine privé. En fait, comme rapporté dans un récent article de l’Associated Press sur l’Algérie, l’usage massif de la sonnerie religieuse est un des aspects sociologiques de « la bigotisation » de la société algérienne.

Dans un contexte de rude concurrence, on comprend que les responsables de Mobils aient fait de ce type de sonneries-psalmodies un argument marketing pour reconstituer leur porte-feuille clients. Encore aurait-il fallu peut être demander l’avis du ministère des affaires religieuse pour les choix des extraits correspondants au référent religieux algérien.

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