Bataille de Mossoul : les milices chiites annoncent une offensive imminente

Bataille de Mossoul : les milices chiites annoncent une offensive imminente

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Les milices chiites irakiennes, soutenues par l’Iran, ont annoncé ce vendredi 28 octobre une offensive imminente de leurs forces contre l’État islamique à l’Ouest de Mossoul.

Les côtés Sud, Est et Nord de la périphérie de la ville ont déjà été pris par l’armée et les forces de sécurité irakiennes et les peshmergas kurdes, avec le soutien aérien de la coalition internationale conduite par les États-Unis.

La prise de l’ouest de la ville est cruciale, car la zone permet un lien entre Mossoul et Raqqa, en Syrie, considérée comme la capitale syrienne de l’État islamique, selon un porte-parole des milices cité par Reuters.  La fermeture de cette route permettrait d’empêcher une fuite des combattants du groupe vers la Syrie. Mais cette fermeture risquerait également de condamner les civils pris au piège dans la ville pendant la bataille.

Quelques heures après ces déclarations, l’État islamique a déclaré avoir lancé une voiture piégée sur les milices, tuant 20 de ses hommes à l’Ouest de Shirqat, où les forces chiites se rassemblaient en vue de l’offensive.

L’attaque chiite aurait pour objectif final Tal Afar, contrôlée par l’État islamique et située dans une zone peuplée de Turkmènes majoritairement sunnites et dont les liens historiques à la Turquie sont forts. Le ministre des Affaires étrangères turc avait déclaré cette semaine que les forces turques déployées en Irak « prendraient des mesures » en cas d’attaque sur Tal Afar.

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Les milices chiites, sont accusées d’avoir commis des exactions contre les populations sunnites des villes dans lesquelles elles ont combattu antérieurement Daech notamment à Fallujah, Anbar et Tikrit. Ces milices auraient torturé, exécuté et kidnappé des centaines de civils, et détruit des maisons et des mosquées dans les zones sunnites.

L’alliance entre ces milices et l’Iran inquiète les États-Unis, qui voit leur participation à la bataille de Mossoul comme un biais d’expansion de l’influence iranienne en Irak. L’entrée en action des milices chiites risque de pousser la population de Mossoul, majoritairement sunnite, à soutenir Daech.

Le ministre irakien des Affaires étrangères, Haider al-Abadi, a déclaré jeudi que les milices étaient injustement critiquées par les médias, affirmant qu’elles avaient « sacrifié leurs fils pour la libération de Mossoul » et « aidé la libération d’autres villes », selon des propos rapportés par le Wall Street Journal.

Le gouvernement chiite irakien est de son côté inquiété par la présence des troupes turques sunnites sur le sol irakien, la Turquie étant accusée d’avoir soutenu les combattants de l’État islamique.  La coopération entre la Turquie et le gouvernement autonome kurde en Irak est également vue d’un mauvais œil par Bagdad.

Pour Alaeddin Boroujerdi, président de la commission des affaires étrangères et la sécurité nationale du Parlement iranien cité par Le Monde, la mise à l’écart des milices chiites est « très sage », compte tenu du fait que la ville compte une majorité sunnite. Cependant, en cas de « manque d’hommes », les forces chiites « seront là pour le combler ». Selon M. Boroujerdi, « jamais les chiites ne commettront de massacres » et « si (…) des erreurs ont pu être commises par des gens qui agissaient sans ordre spécifique, il est certain que le choix politique n’a jamais été de provoquer une guerre confessionnelle ».

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