France : malaise au sommet de l’État

France : malaise au sommet de l’État

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Les confessions du président français ont semé la discorde chez ses proches et parmi les pontes socialistes. Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale n’arrivent toujours pas à passer outre les déclarations de François Hollande dans le livre Un président ne devrait pas dire ça… publié par deux journalistes français, début octobre.

Blessé par celui qui estime qu’il « n’a pas un charisme considérable » pour être ministre, Bartolone n’a pas attendu pour répondre. Quelques jours après la sortie du livre, il pointait du doigt le « problème d’incarnation » de la fonction présidentielle et la distance entre Hollande et les Français.

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Aujourd’hui, c’est Benoit Hamon, candidat à la primaire de gauche et ancien ministre de Hollande qui dénonce un « déni politique ». « Quand on est impopulaire, on pense que c’est parce que les gens ont mal compris. Il y a aussi l’hypothèse que les gens ont parfaitement compris (…). Je n’aime pas cette forme d’arrogance qui est celle du pouvoir politique à ne reconnaître qu’une faute de communication », explique-t-il sur BFM.

La crise qui règne au PS, touche même le couple exécutif. Le premier ministre, Manuel Valls, affirme, ce dimanche, qu’il y a toujours un « malaise ». Ce dernier n’avait pas mâché ses mots en exprimant sa colère et « la honte » éprouvée par les militants PS suite aux confidences du président. Des déclarations qui avaient poussé Hollande à recadrer Valls en déclarant devant la presse française que « chacun doit être à sa tâche ». Après les échanges tendus de samedi, le premier ministre essaie tant bien que mal de calmer le jeu en réaffirmant sa loyauté et la nécessité d’être direct dans ses propos. « Il faut être responsable, loyal bien sûr, vis-à-vis de ma famille politique, je le suis. Mais il faut être lucide et la franchise est utile parfois. Il y a un malaise », a-t-il déclaré, ajoutant : « Il n’y a ni recadrage, ni retour en arrière ».

Contesté au sein même du PS, et historiquement bas dans les sondages (seulement 4% des Français se déclarent satisfaits de son action politique), Hollande est aussi déstabilisé par les rumeurs lancées dans la presse concernant une éventuelle candidature de son premier ministre pour la présidentielle de 2017.

Un journaliste à l’origine d’un appel à la fronde

Cette semaine, une folle rumeur lancée par l’un des journalistes du Journal Du Dimanche a provoqué la panique à l’Élysée. Selon Le Canard enchaîné, le JDD aurait eu l’intention de titrer mercredi sur un supposé appel contre la candidature de François Hollande qui aurait circulé au sein de la gauche. Un appel qui a finalement été rejeté par la majorité des parlementaires et qui émane en réalité d’un journaliste du JDD. Ce dernier avait envoyé un message aux députés PS indiquant que son journal avait l’intention de relayer un appel demandant à Hollande de se retirer. Cette manœuvre a déstabilisé les rangs socialistes au sein desquels nombreux ont pensé que Valls, puis Bartolone ou encore les Frondeurs étaient à l’origine de cet appel.

Selon les révélations du Canard enchaîné, l’Élysée a même douté du premier ministre avant d’apprendre que l’initiative provenait d’un journaliste et de contacter par la suite le propriétaire du média pour se plaindre de cette tentative de déstabilisation.

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