Contamination d’une fillette par le virus du sida à Saïda: Les risques...

Contamination d’une fillette par le virus du sida à Saïda: Les risques «impossibles» au niveau des hôpitaux

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Le ministre de la santé, Abdelmalek Boudiaf, a annoncé hier l’ouverture d’une enquête sur la «possibilité» que l’enfant de Saïda, atteinte de sida depuis six ans, soit contaminée au niveau de l’hôpital.

Fatima Zohra Lekhache, âgée de 12 ans, aurait contracté le virus du sida à l’hôpital de Saïda, après y avoir été admise pour traiter une anémie, en 2010, selon ses parents. Ils affirment qu’à l’âge de 8 ans, elle avait été admise pour une transfusion sanguine à la maternité Hamdane-Bakhta. La fille était atteinte d’une anémie depuis sa naissance. Le père avait affirmé que Fatima Zohra ne recevait de sang durant son traitement que de ses parents, ses proches, tantes et oncles. Six autres enfants hospitalisés à l’époque auraient eux aussi été contaminés du virus.
Ce drame rappelle ceux signalés par la presse l’an dernier dans la wilaya d’Annaba et de Tissemsilt.

Au moins six personnes auraient contracté la maladie du VIH, suite à des transfusions du sang au niveau des hôpitaux des deux wilayas. Des interrogations se posent sur les mesures préventives prises lors de la collecte de sang, son stockage à la banque du sang jusqu’à sa transfusion au malade. Contacté, Dr Bekkat Berkani Mohamed, président du conseil national de l’Ordre des médecins algériens, et Nabila Ould Kablia, directrice générale de l’Agence nationale de sang, sont unanimes. «Il est impossible que les malades en question aient contracté la maladie suite à des transfusions sanguines au niveau des hôpitaux.» Berkani a affirmé que «des mesures strictes sont prises afin d’éviter ce genre de problème». «Des examens biologiques sont faits sur le sang des donneurs et, en premier lieu, ceux du VIH», rassure-t-il.

Sans nier la potentialité de «malveillance quelque part», Berkani expose l’éventualité qu’un camion de collecte de sang n’aurait peut-être pas respecté les mesures préventives pour le préserver. «Dès lors, le risque de contamination par le virus du sida et d’autres maladies telles que l’hépatite A, B et C, est grand», explique-t-il. Il préconise, notamment, d’attendre les résultats de l’enquête diligentée par le ministère de la Santé pour pouvoir statuer. Il ne faudrait pas, selon lui, écarter la possibilité du «risque de l’environnement classique», en ce qui concerne le cas de la petite fille de Saïda ou ceux de Tissemsilt, au lieu de se focaliser sur les transfusions.

Pour sa part, Linda Ould Kablia s’est dite désolée pour la jeune Fatima Zohra, précisant que pour les cas signalés par la presse, l’an dernier, «une équipe de l’agence a été dépêchée à Annaba et une autre à Tissemsilt pour enquêter». L’équipe s’est rendue au niveau des structures sanguines, les donneurs ont été rappelés pour contrôle. Le sang a été également analysé. «Le résultat était négatif», a-t-elle affirmé.

Elle explique que la banque du sang garde toujours la traçabilité du sang transfusé. Néanmoins, elle souligne qu’après l’acheminement de la poche de sang au malade, la structure sanguine ne peut affirmer ou infirmer la possibilité que la poche soit contaminée.

Fella H

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