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Le flux d’investissements étrangers en Algérie plonge dans le rouge à cause de Djezzy

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L’Algérie a enregistré pour la première fois en 2015 un flux négatif d’Investissements directs étrangers (IDE), estimé à -587 millions de dollars, selon un rapport sur les investissements étrangers et les partenariats d’affaires en Méditerranée publié ce jeudi par Anima Investment Network.

En 2014, le flux était supérieur à 1,5 milliards de dollars, selon la même course. Le rapport explique cette baisse par le rachat, par l’État algérien, de l’opérateur télécom Djezzy. En Algérie, 35 IDE et 23 partenariats ont été annoncés en 2015.

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Selon le rapport, malgré le « fort potentiel » de l’Algérie en termes de marché domestique, de richesses naturelles et d’opportunités, le pays reste peu attractif pour les IDE et obtient le plus faible ratio IDE/PIB de la région. Ce manque d’attractivité s’explique par un climat des affaires « médiocre » et des contraintes imposées aux investisseurs (avec la règle 49/51%), qui ont fait chuter les flux d’IDE au cours des dernières années après un pic du flux à 2,754 milliards de dollars en 2009. Selon le rapport, il n’y a « pas de décollage en vue » et des réformes sont urgentes.

Les secteurs de tête en Algérie sont l’énergie, la banque et les assurances, le ciment, le verre et les matériaux de construction, les médicaments et l’ingénierie et le conseil. L’essentiel des flux d’IDE proviennent de la France (123 annonces d’IDE entre 2006 et 2015). Les États-Unis sont en deuxième position avec 36 annonces d’IDE sur la même période, suivies par l’Italie (29 annonces), l’Espagne (28 annonces) et la Tunisie (24 annonces).

Au Maghreb, les secteurs qui attirent les plus gros montants d’IDE sont la banque et l’assurance, suivis des énergies conventionnelles puis par les logiciels et l’informatique. L’agroalimentaire est en 4e position. À travers les pays de la Méditerranée, les investisseurs privilégient les « secteurs de rente », selon le rapport.

L’Égypte et le Maroc sont respectivement le 2e et le 5e pays africains les plus attractifs en 2015. En Égypte, le flux entrant d’Investissements directs étrangers (IDE) a rejoint celui d’avant la chute de Moubarak (6,9 milliards de dollars). Un léger recul est observé au Maroc, qui conserve cependant sa position de « poids lourd de l’investissement étranger en Afrique », précise le rapport. En Tunisie, le flux d’IDE peine à redémarrer, compte tenu du manque de clarté autour de la situation économique du pays.

Dans la région méditerranéenne, l’Europe réalise 40% des IDE. Au Maghreb, c’est la France qui est le pays le plus actif. Le rapport note que ce sont les projets d’IDE européens et intra-méditerranées qui créent le plus d’emplois.

Le Golfe et l’Amérique du Nord, qui étaient respectivement 2e et 3e investisseurs dans la région sur la période 2006-2015, se sont vu dépasser en 2015 par ce que le rapport appelle les « autres pays », soit notamment la Russie, la Chine, l’Inde, le Japon, l’Afrique du Sud et la Corée. Le rapport souligne la faiblesse des investissements intra-méditerranées et des projets intra-régionaux et déplore l’insuffisance des résultats de la région, compte tenu du « poids » de son PIB et de sa population.

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