Culture: Création d’une école de musique à Médéa

Culture: Création d’une école de musique à Médéa

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Deux années à peine après sa naissance, l’association académique des arts et culture de la wilaya de Médéa parvient à ouvrir une école de musique andalouse, au bonheur de la population qui tourne le dos aux mauvais souvenirs de la décennie noire et renoue avec ses traditions et sa culture.
Une qaâda a été organisée par Mme Beziou Nadia, présidente de ladite association, pour faire connaître la nouvelle école et sensibiliser les parents à la nécessité d’encourager leurs enfants à faire de la musique et à jouer des instruments pour s’ouvrir sur le monde et développer leurs sens, leurs aptitudes, leur génie.

Un public nombreux a répondu à l’invitation et a eu l’occasion de passer un moment très agréable avec plusieurs musiciens amateurs qui se sont produits sur scène et ont repris des chants du terroir et des morceaux du répertoire de la musique andalouse et chaâbi aussi.
Ahmed Achab, professeur de musique, doyen dans la wilaya de Médéa, a lui-même interprété «Rah el ghali rah» émerveillant son auditoire après avoir joué ingénieusement touchiet Laghrib avec sa jeune troupe.

Il nous dira que la création de cette école est comme une bouffée d’oxygène pour les enfants et les jeunes de Médéa qui ont vécu cette frustration de ne pas pouvoir faire de la musique car cela était mal vu par certains et pourtant Mahboub Stamouli, Mahboub Bati, Brahim Mettali, Cheikh Tlemçani et les autres, ces faiseurs de verbe et de poésie, sont bien les enfants de Médéa !
Notre interlocuteur estime qu’à travers cette initiative, il sera désormais permis d’espérer une relève, celle qui n’a pu être assurée jusqu’à ce jour.
L’école offre plusieurs cours dont l’initiation au solfège à partir de l’âge de 5 ans, l’apprentissage de la musique andalouse entre 8 et 16 ans ainsi que la manipulation des instruments de musique.

La formation s’adresse également aux autres tranches d’âge sans conditions.
L’école, un mois à peine après son ouverture, compte déjà plus de 20 élèves, dont 7 filles.
Islam a 5 ans, sa maman l’a inscrit au cours de piano ; elle pense que son enfant doit s’épanouir et s’exprimer. Elle a donc choisi pour lui la musique et se dit convaincue que son enfant va vraiment évoluer dans le bon sens.

Yasser, lui, est un amoureux du chant andalou, il a toujours fréquenté les maisons de jeunes mais aujourd’hui, il va connaître plus de stabilité dans sa nouvelle école qui va certainement lui donner l’opportunité d’être mieux pris en charge, lui qui a passé les épreuves de «Alhan wa Chabab» avec succès et s’apprête à passer la dernière ligne droite qui le conduira vers l’accession à la formation académique au terme du tournoi en cas de trophée.

Il y a aussi Ammar, Ziane et les autres, tous des jeunes bourrés de talents mais dépourvus de moyens, en quête d’aide et d’assistance. L’école pour eux est synonyme de liberté.
Mme Beziou, pour sa part, dit qu’elle trouve sa force dans tout ce qu’elle peut réaliser en faveur de la sauvegarde du patrimoine et de la culture de Médéa et au profit de la population médéenne, en l’occurrence les enfants et les jeunes. Cependant, elle déplore le manque de subvention et de soutien qu’elle ne trouve qu’auprès de l’APC et dénonce ceux qu’elle qualifie d’«ennemis de l’art et de la culture».

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