Crise économique Une loi de finances modificative débloquera-t-elle la situation ?

Crise économique Une loi de finances modificative débloquera-t-elle la situation ?

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La conjoncture économique marquée par un prix du baril stable aux alentours de 50 dollars justifie-t-elle l’attentisme du gouvernement, différant la promulgation des décrets de répartition du budget 2017 et bloquant la machine économique qui ne fonctionne que grâce aux dépenses publiques ?

Ce ne sont pas uniquement les créances des entreprises du bâtiment auprès de l’Etat qui tardent à être versées, mais c’est aussi les indemnités et primes des fonctionnaires et autres contractuels de la Fonction publique. Pourtant la conjoncture économique est plus favorable que lors des deux dernières années avec des prix du baril du pétrole qui restent pour le moment stables aux alentours de 50 dollars et ce, depuis décembre dernier. En effet, les prix du pétrole ont atteint lors des deux dernières années des niveaux très bas, réduisant les recettes de l’Etat à un niveau critique avant de remonter dans le sillage de l’accord des pays producteurs à réduire l’offre de l’or noir sur le marché. Dans ce contexte, le gouvernement a réussi à faire passer au Parlement une loi de finances élaborée sur la base d’un baril à 50 dollars justement afin de maintenir les dépenses publiques à un niveau plus ou moins soutenu.

Cependant, les contours de l’exécution du budget 2017 restent flous. Les décrets de répartition du budget, d’habitude publiés fin février, n’ont pas vu le jour et le gouvernement semble différer leur promulgation en attendant de voir plus clair, imposant l’austérité et réduisant les dépenses publiques. Si l’Etat continue de dépenser suivant les règles strictes qu’impose la loi relative aux lois de finances, aussi bien en fonctionnement qu’en équipement, la machine économique s’est en tout cas grippée à cause des retards de paiement.

Ainsi, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a suggéré aux entreprises de ne pas payer les impôts et taxes exigibles en attendant le recouvrement de leurs créances auprès des administrations publiques. C’était pour rassurer les créanciers de l’Etat, parmi les entreprises du bâtiment notamment qui ont menacé d’abandonner les chantiers dans un contexte où le gouvernement tentait de calmer le front social. Cette situation est, outre le flou politique poussant le gouvernement à la prudence, le résultat de la carence prévisionnelle dans le processus d’élaboration du budget. Ce qui se manifeste par le recours abusif aux lois de finances complémentaires, une exception devenue plutôt la règle en Algérie. Mais, une loi de finances modificative en juillet débloquera-t-elle la situation ?

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