Elle se rédéploie pour contrer les cyberincidents l’ANP: ouvre le front virtuel

Elle se rédéploie pour contrer les cyberincidents l’ANP: ouvre le front virtuel

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Face aux dangers persistants des cyberattaques, l’Armée algérienne s’y prépare et ouvre le front virtuel.
Le général-major Chérif Zerrad, chef du département emploi-préparation à l’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a affirmé hier, à Alger, le souci de l’ANP de «mettre en place une stratégie spécifique permettant de traiter les problématiques liées aux cyberincidents induits par la recrudescence des attaques ciblant les systèmes informatiques nationaux sensibles».

Il y a quelques jours, une vague de cyberattaques internationales a touché une centaine de pays à travers le monde et selon une cartographie établie par le journal américain The News York Times, l’Algérie a été touchée par cette vague, mais les autorités n’ont pas jugé utile de communiquer d’amples informations sur cette action. L’Algérie oeuvre-t-elle à la mise en place d’une cyberdéfense? Quelle place se réservera l’Armée dans la cyberguerre? Dans son allocution d’ouverture des travaux du séminaire consacré justement sur la cybersécurité et la cyberdéfense, le général-major Zerrad Cherif a indiqué que «l’ANP, conduite par le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah est soucieuse de mettre en place une stratégie spécifique basée sur une action prospective des incidents et de développer une méthode de travail à même de traiter les problématiques liées aux cyberincidents induits par la recrudescence des attaques ciblant les systèmes informatiques nationaux sensibles».

Plus de tanks massés aux frontières et de soldats dans des tranchées, la nouvelle guerre sera menée dans des bureaux avec des cybergénéraux aux commandes. Ils ne seront pas seuls, sur ce front virtuel où s’associeront avec eux des hommes politiques, les hommes de culture, les penseurs et des journalistes. Le général-major Zerrad a appelé à cet égard «à faire preuve de vigilance, d’une meilleure maîtrise et d’efficacité, à même d’être à la hauteur des grands objectifs que notre pays s’emploie à mettre en oeuvre». A cette occasion, le conférencier a réaffirmé «l’intérêt accordé par le Haut Commandement de l’ANP à la cyberdéfense, faisant de ce domaine une priorité qui impose la prise en charge de l’ensemble des besoins humains et matériels», appelant à ce propos, les participants à ce séminaire à «y contribuer d’une manière efficace et sérieuse, en enrichissant le débat et en y apportant des propositions et alternatives à valeur ajoutée, permettant d’aboutir aux résultats escomptés».

Car, explique le général-major, ce séminaire se veut un espace d’échange d’idées pour la maîtrise de la sécurité et de la cyberdéfense «qu’il convient de la consacrer au double plan interne au sein de l’ANP, et externe dans un cadre opérationnel de défense des systèmes informatiques nationaux sensibles et d’y répondre, en cas de survenue d’un incident sécuritaire».

La cyberattaque, telle que décrite par les spécialistes, vise la technologie de cryptage, qui est utilisée par la majorité des serveurs Internet. L’Algérie fait partie des pays les plus vulnérables en matière de sécurité informatique. «Gagner le pari de la cybersécurité et de la cyberdéfense repose sur le facteur humain qualifié dont des officiers aguerris, conscients de l’ampleur des tâches qui leur ont été confiées et qui maîtrisent les techniques modernes dans les domaines de leurs spécialités», a souligné Zerrad Cherif.

«La prochaine grande opération terroriste d’envergure sera une cyberattaque», confie un colonel au quartier général de l’Otan, à une délégation de journalistes et de responsable sécuritaires en visite de travail au siège de l’organisation à Bruxelles. Aux Etats-Unis, le Pentagone a déjà installé le cybercommandement et l’on évoque des cybergénéraux aux galons virtuels. C’est désormais la nouvelle exigence sécuritaire. De par le monde, toutes les armées se dotent de cybercommandements.

La Chine, la Russie et la France s’y mettent. Aux Etats-Unis et même en Chine, les armées s’entraînent pour repousser toute attaque cybernétique, de plus en plus envisageable dans un monde numérique. Selon le journal Le Monde, l’armée française se dote d’un véritable commandement interarmées, cyberdéfense, «avec 2600 personnes à son service». L’alerte est donnée et l’ANP ouvre une nouvelle étape de sa mission de défense de la souveraineté du pays. Vaste chantier…

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