La nouvelle assemblée sera investie le 23 Mai: Des dossiers chauds attendent...

La nouvelle assemblée sera investie le 23 Mai: Des dossiers chauds attendent les députés

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L’Assemblée populaire nationale (APN) issue des résultats des élections législatives du 4 mai aura du pain sur la planche.
L’hémicycle fera preuve d’une grande responsabilité politique dans la mesure où il aura à légiférer sur des thèmes et des sujets qui constituaient une pomme de discorde durant le mandat de l’assemblée sortante. C’est un défi que les députés fraîchement élus doivent relever pour pouvoir convaincre les citoyens que l’urne pourrait être une alternative politique pacifique et crédible à la fois pour le règlement des questions qui fâchent.

Le 23 mai prochain on assistera à l’investiture de l’Assemblée issue des dernières législatives, une investiture qui s’inscrit dans un contexte politique et socio-économique difficile pour le pays.
Cette nouvelle assemblée est chargée de traiter 20 projets de lois, et ces projets ne sont pas des moindres, ce sont des dossiers qui pèsent à la fois sur le plan politique et même sur le plan des débats qu’ils pourraient soulever. Cette assemblée qui sera composée de 35 formations politiques et d’indépendants doit s’atteler sérieusement au travail de titan pour qu’elle arrive à être en phase avec le challenge qui l’attend.

Les parlementaires de ce nouveau mandat ne devraient pas et ne pourraient plus recourir aux comportements qui écornent l’image de cette auguste institution en affichant des pratiques qui ne sont pas dignes des députés de la République. Le règlement intérieur sera révisé pour parer aux imperfections qui caractérisaient l’ancien règlement qui régissait la chambre basse. La nouvelle Constitution de février 2016 sera l’outil qui déterminera les grandes lignes de ce changement y compris dans l’hémicycle. Le règlement intérieur sera la quintessence de ce qui a été annoncé dans les modifications apportées à la première Loi fondamentale, à savoir la Constitution.

Les députés n’auront plus la latitude d’entrer ou de sortir comme bon leur semble, le nouveau règlement sera adapté aux exigences telles que dictées pas la nouvelle Constitution. Le nouveau règlement intérieur mettra l’accent sur la présence des députés dans les séances des commissions et celles des plénières, cela va devenir une obligation pour les députés. Il va s’attarder aussi sur les droits de l’opposition au sein de la chambre basse comme il axera aussi sa révision sur un aspect essentiel de l’activité parlementaire et qui constitue la courroie de transmission entre l’Exécutif et le Parlement à savoir la loi organique régissant les rapports entre le gouvernement et l’APN.

Le nouveau règlement préconise aussi de mettre un terme au nomadisme politique tel qu’il était connu dans les anciennes assemblées. Cette fois-ci les choses ne seront plus comme avant, le nomadisme politique sera interdit par la force de la loi d’autant plus que la nouvelle Constitution a bel et bien fait allusion à ce phénomène qui a provoqué une saignée au sein des partis politiques qui ne se reconnaissent pas dans la majorité gouvernementale. Dans ce sens, le débat est ouvert, quant aux députés qui risquent de ne pas être d’accord avec leurs partis respectifs, ils pourront recourir à la démission, et de ce fait, nul n’a le droit de leur dicter leur conduite politique ou leur allégeance y compris à la faveur des partis de la majorité.
Tout compte fait, le nouveau mandat de l’APN version législatives du 4 mai doit travailler sur tous les fronts, surtout que les projets de lois qui vont être déposés au niveau de l’APN sont de nature à pouvoir provoquer des débats houleux, voire des palabres même.

Le projet de loi de la santé publique, celui en rapport avec la loi du travail, ceux de la publicité et des règles qui régissent le travail du journaliste dans la collecte de l’information, de la promotion de la langue amazighe, ces projets à eux seuls sont à vrai dire, des bombes à retardement. La santé publique et le volet lié à la loi du travail, sont des thèmes problématiques qui pourront déboucher sur des luttes rudes au sein de la chambre basse, surtout que ces deux sujets intéressent davantage les partenaires sociaux, c’est-à-dire les syndicats en général. Cela pourrait être un vrai test pour la majorité qui siège à l’hémicycle, surtout dans le cadre de la coalition et l’alliance entre le FLN et le RND qui constituent le nombre le plus élevé et décisif à côté des autres petits partis qui annonceront leur participation au sein du gouvernement, donc, une force d’appoint au sein de l’Assemblée populaire nationale.

Cette donne va montrer on ne peut plus clairement si la majorité à travers ses députés va légiférer et adopter les lois qui arrangent le peuple ou non, comme c’est le cas du projet de loi de la santé publique ou celui de la loi du travail. Ça serait une situation qui ressemblerait à un imbroglio sans issue, surtout si l’on ne tient pas compte de l’avis des syndicats et d’autres protagonistes sociaux en mesure d’apporter leur contribution dans ce sens.

La nouvelle assemblée sera constituée de presque 10 groupes parlementaires, donc d’une véritable mosaïque politique en termes de forme, maintenant reste à voir si ces nouveaux députés pourront être en mesure de relever ce défi qui consiste à marquer cette assemblée par une prestation qualitative et aussi par l’engagement pour les intérêts du peuple censé être présent à travers l’adoption de projets de lois qui serviront sa condition sociale, économique et politique. Tout le dilemme est là, est-ce que ces nouveaux députés qui prêchaient «la vox populi», sont capables de respecter cette voix du citoyen qui ne demande qu’un travail digne, un toit décent et le respect? Tout cela sera connu durant ce quinquennat qui commencera le 23 mai prochain.

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