Suite à l’agression d’un des leurs Sit-in de protestation des médecins de...

Suite à l’agression d’un des leurs Sit-in de protestation des médecins de l’EPH de Bouira

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Le 24 avril dernier, alors qu’elle était en plein service au niveau des urgences de l’hôpital Mohamed-Boudiaf de Bouira, Dr Mellouk a failli être lynchée par un citoyen qui venait d’évacuer en urgence un parent. La jeune médecin, enceinte de huit mois, n’a dû son salut qu’à l’intervention d’un agent de sécurité.
Cette agression n’était pas isolée malheureusement, puisque, auparavant, plusieurs agressions dont ont été victimes d’autres médecins, surtout au niveau des urgences, mais également des paramédicaux, particulièrement les femmes, ont été signalées mais sans que personne lève le petit doigt.

Aussi, cette fois-ci, le Dr Mellouk, qui était victime de cette agression et qui se trouve être la représentante de la section locale du SNMGSP (Syndicat national des médecins généralistes de la santé publique), a décidé de porter l’affaire en justice en déposant plainte contre son agresseur et, parallèlement, deux autres syndicats qui travaillent dans l’intersyndicale de la santé, à savoir le SNPSSP ou le Syndicat national des praticiens et spécialistes de la santé publique, ainsi que le SAP (Syndicat algérien des paramédicaux), se sont joints au SNMGSP et se sont rencontrés le 9 mai dernier. A l’issue de cette rencontre, une lettre a été adressée au DSP de Bouira dans laquelle ils l’interpellent sur l’insécurité qui prévaut au sein de l’EPH Mohamed-Boudiaf de Bouira, mais également au sujet de la pénurie de certains médicaments d’urgence, le manque d’hygiène dans tous les services d’hospitalisation et, enfin, le manque de médecins surtout après le départ de 13 médecins-généralistes durant ces derniers mois.

N’ayant reçu aucune réponse, les trois syndicats ont décidé d’organiser hier un piquet de grève de deux heures et demie entre 9 h et 11 h 30, pour alerter l’opinion publique sur la gravité de la situation et les conditions lamentables, selon eux, dans lesquelles ils exercent.
Hier, lors de leur sit-in de protestation, alors que le DSP ne s’était pas présenté devant eux pour au moins les écouter et essayer de les rassurer, préférant leur envoyer deux émissaires, les médecins grévistes et les paramédicaux insistaient sur leur action qu’ils disent organiser malgré eux pour essayer d’interpeller le DSP et même le ministère sur les conditions déplorables dans lesquelles ils exercent notamment avec ces agressions et ces insultes à répétition qu’ils essuient de la part de la population, alors qu’ils font l’impossible pour soulager les détresses et les douleurs de ceux qu’ils reçoivent quotidiennement au niveau des urgences et dans les différents services.

Les protestataires rappellent que leur action est un cri d’alarme pour inciter les responsables à augmenter le nombre d’agents de sécurité afin que l’hôpital soit sécurisé et qu’ils fassent leur travail dans de bonnes conditions en se consacrant entièrement aux malades, au lieu de gérer les mentalités de ceux qui les accompagnent et qui se retrouvent souvent à bout de nerfs.
Outre le problème de sécurité, les médecins protestataires citent également le problème de manque de médicaments qu’ils rencontrent souvent durant leur travail, surtout certains médicaments d’urgence, le manque d’hygiène, ainsi que la pression dans le travail due, selon eux, au départ massif de médecins durant ces derniers mois, à savoir 13 médecins partis depuis fin 2016 à ce jour, et sans qu’ils soient remplacés.

Autant de problèmes auxquels le directeur de l’EPH Mohamed-Boudiaf, M. Boutemer, a répondu surtout concernant le manque de sécurité au sein de l’établissement qui, dira-t-il, fonctionne de manière insuffisante avec 6 à 7 agents de sécurité pendant la nuit et répartis à deux au niveau du portail, deux au niveau de la maternité et trois au niveau des urgences. Ainsi, au niveau des urgences surtout avec les multiples cas qu’elles reçoivent dans la nuit et vu la sociologie algérienne qui fait que durant le transfert d’un malade en urgence, c’est tous les parents et les voisins qui l’accompagnent et qui essayent tous d’entrer, les urgences se retrouvent souvent submergées par des personnes qui font plus de mal à leurs patients que de bien. Puisque le meilleur service à rendre à un malade est de le laisser tranquille avec le médecin, ou, parfois, patienter quand ce même médecin est occupé avec un autre patient.

Cela étant, le DG de l’EPH Mohamed-Boudiaf, qui rappelle que l’action a été menée par quelques médecins-généralistes et certains spécialistes, ne dépassant pas la vingtaine alors qu’au niveau de l’EPH de Bouira, il y a 42 généralistes et 115 spécialistes, reconnaît que le manque en agents de sécurité est un sérieux problème auquel il faut remédier. Concernant les autres points, le directeur récuse l’accusation du manque d’hygiène en rappelant que les personnels qui s’occupent de l’hygiène sont des professionnels et font leur travail convenablement, pour peu que les autres, surtout les infirmiers, fassent le tri, et les citoyens surveillent leur comportement en aidant avec leur civisme, à garder l’endroit toujours propre.

Enfin, pour les médecins, le départ des 13 généralistes est dû au congé de maternité et qu’il ne pourra pas engager un concours pour les remplacer ; quant aux médicaments, le directeur rappelle que lorsqu’au niveau des urgences et des 7 blocs opératoires, une vingtaine de malades sont opérés quotidiennement, il arrive que les médicaments d’urgence sont épuisés mais en précisant que cela arrive rarement et les responsables y remédient le plus rapidement possible.
Cela étant, du côté des représentants de l’intersyndicale, si leurs revendications ne sont pas prises en charge convenablement, d’autres actions sont à prévoir dans les jours à venir.

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