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A quelques mois des locales: Un autre test pour les partis de l’opposition

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La parenthèse des élections législatives vient d’être fermée alors que la perspective des locales commence à s’esquisser sur fond des résultats de la dernière joute du 4 mai dernier.
Les vainqueurs se préparent dans une ambiance faite de nouvelle recomposition à la fois électorale et politique. Quant aux grands perdants, ils doivent se mettre au diapason, plus que ça, ils sont dans l’obligation de faire leur inventaire politique, voire leur mea culpa même.

Les élections communales et de wilayas pointent à l’horizon, il ne reste que six mois pour ce rendez-vous électoral qui diffère totalement des législatives. Les locales ont une caractéristique propre, leur dynamique électorale et leur contenu programmatique sont diamétralement opposés par rapport aux élections législatives, elles se distinguent par leur approche de proximité et de leurs préoccupations socio-économiques qui ont un rapport direct avec les citoyens.

C’est dire que les élections locales et de wilayas revêtent un caractère prépondérant de par ce qu’elles représentent comme enjeux politiques et stratégiques même.
L’opposition trouve toujours un moyen pour montrer du doigt les responsables de l’échec sans pour autant qu’elle fasse son autocritique et reconnaître qu’elle est responsable en grande partie de cet échec, dans la mesure où elle n’arrive pas à mobiliser autour d’elle les citoyens.

Les partis se lamentaient dernièrement à propos de sièges qu’ils ont glanés, en croyant que la moisson devrait être plus juteuse que ce qu’elle était réellement. Les partis qui se disent d’opposition doivent jouer le jeu sans recourir aux pleurnicheries relevant de l’infantilisme politique. Les communales verront une course effrénée des partis de la majorité pour asseoir les jalons d’un mandat qui va leur servir comme instrument pour préparer aisément la présidentielle de 2019 sans surprise. Les partis qui crient à la fraude, doivent saisir cette opportunité des locales pour séduire l’électorat sur des thèmes qui mobilisent au niveau local. On ne peut pas parler de la démocratie participative et de l’autre côté, on ne voit pas le brin d’une présence sur le terrain de ces partis à travers leurs militants pendant des années, et dès qu’il reste quelques mois pour l’approche du rendez-vous électoral on fait recours à des professions de foi pour montrer ainsi que l’activisme prime sur la stratégie et la tactique électorale.

Les observateurs politiques estiment que les élections locales et de wilayas pourraient remettre en cause la traditionnelle participation des partis politiques. Le travail de sensibilisation au niveau local, c’est-à-dire celui de l’action de proximité va permettre aux citoyens simples d’accéder aux mairies et aux Assemblées populaires de wilayas. Les indépendants pourraient créer encore la surprise de façon sensible plus que celle exprimée durant les élections législatives. Les partis de l’opposition sont dans l’obligation de se mettre à l’heure des communales avec des programmes locaux ficelés avec les citoyens des communes pour avoir une chance de se maintenir dans la carte politique et électorale nationale. Les locales de l’année 2017 se dérouleront sur fond de problèmes qui ciblent directement le citoyen simple.

Ce n’est pas facile de convaincre des citoyens qui vivent des situations déplorables sur le plan social et économique. Pour que cela puisse trouver le chemin facile qui mène vers la conscience du citoyen, il faut que les partis de l’opposition adoptent un discours concret et réaliste, loin des navrantes harangues qui n’intéressent pas le citoyen. Le faible taux de participation enregistré durant les élections législatives constitue un véritable spectre pour les élections communales et de wilayas de novembre prochain. Cette peur de voir ces élections locales connaître le même sort que celui des législatives, pourrait être expliquée comme de sérieux blocage et impasse politique qui guettent la société et le pays à la fois.

D’ailleurs, c’est là où les partis politiques de toutes les couleurs confondues doivent faire l’effort pour redonner à l’action politique sa véracité et son importance aux yeux des citoyens qui ne s’intéressent nullement à la chose politique à telle enseigne qu’ils ont de la frustration par rapport à cela.
Lutter contre l’abstention politique et électorale, c’est d’abord inciter les partis politiques à assumer leur mission historique qui consiste à éduquer politiquement les citoyens et les initier aux fondamentaux de la politique, à commencer par la gestion de la commune.
Mais comme les partis ont déserté le terrain social et économique pour choisir des solutions de facilité, à savoir courir derrière des strapontins et jouer le jeu de la cooptation. Les pouvoirs publics sont sommés de revoir de fond en comble la manière avec laquelle on approche l’acte électif. Il y va de la crédibilité des institutions du pays.
Les locales doivent être un moment de consécration du citoyen dans ses droits sociaux, économiques et politiques.

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