Leila Aichi, candidate aux législatives françaises « mon adversaire applique une politique du...

Leila Aichi, candidate aux législatives françaises « mon adversaire applique une politique du passé »

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Leila Aichi, candidate aux législatives françaises de la 9ème circonscription des français de l’étranger a accepté de répondre aux questions d’Algérie360. Au programme: écologie, législatives françaises, et les attaques subies par la candidate durant la campagne électorale.

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Algérie360: En quelques mots, qui est Leila Aichi? 

En quelques mots, je suis la candidate de la République en marche de la 9ème circonscription des français de l’étranger, je suis avocate au barreau de Paris, et je suis l’une des premières à  avoir attaqué l’Etat (Français) pour des problèmes de pollution de l’air. Je travaille beaucoup sur les questions d’environnement, je suis écologiste, et j’ai beaucoup travaillé sur les notions de dérèglement climatique et les questions de sécurité, d’ailleurs j’ai écrit un livre à ce propos « le livre vert de la défense des écologistes » , j’ai beaucoup travaillé avec Jean Yves Le Drian (ex-ministre de la défense et actuel ministre des affaires étrangères français, ndlr) qui m’a beaucoup aidé en amont de la COP21 , ce fut la première fois que les questions de dérèglement climatique et de sécurité ont fait l’objet d’un débat au sein de l’école militaire à Paris, et nous avons reçu une délégation de plus de 50 ministres de la défense et de chefs d’Etat-major d’armées, il y avait aussi Smail Chergui, un algérien commissaire de l’Union Africaine, autour de ce sujet, et j’en suis ravie. L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, ndlr) m’a invité en décembre dernier pour leur expliquer comment j’ai réussi à faire du lobbying pour que le sujet de l’écologie et de la sécurité perce. D’ailleurs, le Maroc a repris ce sujet pour la COP22. Et si je suis élue, je m’efforcerai tout le temps pour que ce sujet entre directement dans la conférence des partis, et qu’il ne soit pas à l’extérieur car il est structurant, important, et fondamental.

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Algérie360: Quel est le propos de votre visite en Algérie?

Le propos de ma visite en Algérie s’inscrit dans le cadre de la campagne électorale de la 9ème circonscription des français de l’étranger , je suis venue à la rencontre de mes compatriotes français qui vivent en Algérie, des expatriés, et des franco-algériens. J’ai été chaleureusement accueillie, d’ailleurs, je suis arrivée première en Algérie au 1er tour des législatives. Nous avons abordé de nombreux sujets, les préoccupations de nos concitoyens qui vivent ici en Algérie tournent plutôt autour de la santé, de l’éducation car l’école française coûte cher. L’idée, pour moi, est de travailler avec eux pour améliorer ces différents points. Il a aussi été question de l’entrepreneuriat, car il y a beaucoup de jeunes talentueux, notamment de jeunes startupers, qui ne se sentent pas aidés par la France pour développer leur économie en France, et au sein de l’Union Européenne. En tout état de cause, quand je serai élue, je porterai par exemple le fait qu’il n’est pas normal que nos concitoyens en France, quand ils deviennent expatriés, la prise en charge de la sécurité sociale leur impose un délai 6 mois, donc pendant 6 mois, si toutefois ils tombent malades, ils ne sont pas pris en charge, et ce n’est pas normal, il n’y a aucune raison pour que nos concitoyens, parce qu’ils vivent à l’étranger, ne soient pas traités de la même manière que des français qui vivent en France. Donc je suis venue faire campagne dans un beau pays que je connais, et pour qui j’ai une affection particulière, car ma famille est originaire d’Algérie, c’est toujours un plaisir de venir ici.

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Algérie360: Pourquoi les Français d’Algérie devraient voter pour vous au second tour des législatives?

Parce que je mets à leur service mon expérience, je suis déjà sénatrice, je connais les arcanes politiques, les arcanes de l’administration, je connais également les ressors et les manières dont on doit porter les textes pour qu’ils aient le plus de chance d’être votés, j’ai une expérience qui me semble importante et pertinente, j’ai également travaillé sur le sujet du réseau des ambassades et des consulats, donc je comprends parfaitement leur fonctionnement et leurs problématiques, car j’ai travaillé dessus pendant 5 ans. Ensuite, c’est aussi avec mon suppléant, qui est Frédéric Dorce, qui est franco-sénégalais, nous sommes-sans prétention aucune- le duo qui connaissons le mieux l’Afrique. Je connais très bien l’Afrique du Nord, et de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne, comme le Sénégal et le Mali, j’ai fait beaucoup de déplacements avec Jean Yves le Drian quand il était ministre de la défense, notamment autour des questions de sécurité, et surtout nous avons une vision des relations avec ce continent déchargée de l’histoire passionnée et passionnante. Nous sommes une nouvelle génération, avec ce que j’appelle un « green deal » avec l’Afrique, c’est à dire un partenariat gagnant-gagnant, en se déchargeant de ces blessures qui n’ont été ni au profit de la France, ni au profit d’un pays comme l’Algérie. Ce qui nous intéresse, c’est de travailler pour les nouvelles générations, comment faire pour favoriser les échanges, la formation de la jeunesse. Il y a une jeunesse magnifique, extraordinaire en Algérie et en France, nous devons faire en sorte de construire des ponts entre ces deux rives de la Méditerranée, et certainement pas instaurer une division, la France a besoin d’une région méditerranéenne et subsaharienne qui se développe, il en va de la sécurité de la France et de l’Europe, il en va évidemment de la sécurité de l’Afrique du Nord, et je pense qu’il est important qu’on envoie un nouveau signal. Le fait qu’on est un nouveau président comme Emmanuel Macron, qui a dit des choses fortes, importantes, pour impulser un nouveau souffle politique, me semble déjà être un beau signal. Et en tout cas, nous sommes dans ce sillage, et ce serait pour moi un grand plaisir de travailler avec mes compatriotes qui vivent ici, dans la 9ème circonscription des français de l’Etranger, et particulièrement de ceux d’Algérie.

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Algérie360:  Comment le Sahara Occidental s’est invité durant la campagne pour les législatives françaises?

De manière assez simple, et tristement récurrente: comme vous le savez, mon adversaire ( M’jid El Guerrab, ndlr) a manipulé ma fiche Wikipédia, le 12 mai au soir, il était écrit que je suis une militante active du Front Polisario, il l’a fait volontairement, il y a d’ailleurs de nombreux tweets qui démontrent que ceci a été fait de manière organisée, il a fait ça volontairement pour que je ne puisse pas faire campagne au Maroc, et pour que la République en marche m’enlève l’investiture. Il a fait de la politique politicienne, de la tambouille politique, qui n’honore pas la politique, et ce n’est absolument pas le projet et le programme d’Emmanuel Macron. Le président a été élu justement pour en finir avec la politique à l’ancienne. Et malgré la jeunesse du candidat qu’il y a en face de moi, tristement il applique une politique qui date des années 60, et qui appartient au passé. Manipuler, usurper, diffamer, sont certes des pratiques politiques, mais pas à la hauteur des enjeux de ces législatives, et certainement pas à la hauteur des enjeux de la France. C’est quelqu’un d’assez prolixe par tweets interposés, je lui ai proposé trois fois de faire un débat, débat d’idées projet contre projet, et là, silence radio. Ceci révèle qu’il fait la politique du selfie, pour masquer un vide de pensées politiques, S’il n’est pas prêt à m’affronter, c’est qu’il n’est pas capable de pouvoir répondre aux enjeux de cette 9ème circonscription des français de l’étranger. Je me permettrais de lancer un appel à mes concitoyens qui habitent ici, la différence fondamentale entre lui et moi, c’est aussi et surtout notre manière de faire la politique. Il faut en finir, il appartient à un passé dont la France ne veut plus.

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Algérie360: Pourquoi vous accuse-t-on d’être hostile au Maroc?

C’est lui (M’jid El Guerrab) qui a orchestré ce débat, qui est faux, je ne suis absolument pas hostile au Maroc, je suis l’une des premières écologistes à avoir rassembler des militaires et des écologistes autour d’une table, ça ne s’est jamais fait, c’est une première mondiale. Ce que je pense, et je le dis avec d’autant plus de force ici en Algérie, on a besoin de rassembler. Pour être très claire, en France, au deuxième tour des présidentielles, on a eu 11 millions de français qui ont voté Front National, il faut impérativement que l’Afrique se développe, que ça soit une zone de développement économique, de balbutiements économiques, qui fait en sorte qu’il y est le moins de migrations vers l’Europe, car il faut être honnête et clair, on a des tendances extrême droite en Europe qui sont fortes, et le signal qui est envoyé est clair, c’est que l’Europe ne veut plus d’une immigration massive comme il y a eu lieu dans le passé. Le meilleur moyen est de favoriser le développement économique en Afrique, d’intégrer, de rassembler, de faire qu’il y est un grand marché et des échanges, qu’il y est une collaboration et une coopération étroite avec la France, avec l’Europe, on a besoin d’un Maghreb développé économiquement, solide d’un point de vue culturel, et qu’il soit un lieu d’épanouissement pour les jeunesses des deux côtés, on s’enrichit mutuellement. Vous savez, je suis en France, je suis française, j’ai des racines ici, nous sommes en Méditerranée, on partage un lac, il est impératif qu’on continue à avoir des échanges entre les deux rives de la Méditerranée. Le monde a toujours fonctionné de cette manière, il est important de le faire dans une dynamique positive de développement économique et d’échanges culturels, avec la prise en compte des questions sur l’environnement et le développement durable. Si on ne préserve pas la terre, si on ne fait pas attention aux ressources en eaux, on va avoir des conflits évidents, il faut qu’on réfléchisse ensemble et mûrement à ce sujet.

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Algérie360: Vous-a-t-on fourni une explication suite au retrait de votre candidature par La République En Marche?

C’est pas un retrait de ma candidature par la République en marche, pour être très clair, ce monsieur El Guerrab bénéficie de quelques camaraderies au sein du siège, ce qui se passe, dans la comptabilisation des élus, En Marche! m’a cité comme étant l’une de leurs élus, il y a eu quelques dysfonctionnement, c’est un nouveau mouvement. Au moment où je vous parle, je suis la seule candidate légitimement investie par la république en marche, et nos concitoyens le verront à l’ambassade, et dans les différents consulats, sur mon bulletin de vote, il est écrit « Leila Aichi, la république en marche » et ma profession de foi. Et encore une fois, ça a été validé par le ministère de l’intérieur, et le ministère des affaires étrangères. Il y a eu des manipulations, M’jid El Guerrab est un dissident de la république en Marche, il y a eu d’autres dissidents dans d’autres circonscriptions, des dissidents qui n’ayant pas accepté que leur candidature soit refusée, essaient de trouver une voie de contournement. Il est un dissident et un frondeur, qui n’augure pas de quelque chose de positif pour les prochaines législatives, surtout qu’il faut se rassembler pour porter le programme d’Emmanuel Macron qui est important pour l’avenir de la France.

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