En raison d’un manque de pluviométrie: La récolte céréalière risque de chuter...

En raison d’un manque de pluviométrie: La récolte céréalière risque de chuter à Bouira

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Les orages et averses qui se sont abattus sur la wilaya ont perturbé le calendrier…
La campagne moisson battage bat son plein à Bouira. Inaugurée officiellement, cette campagne s’étalera dans le temps jusqu’à la fin du mois de juillet. Pour ce faire, un important parc roulant a été réquisitionné pour la circonstance. La très mauvaise pluviométrie qui a caractérisé la wilaya cette année, a influé considérablement sur le rendement. Les prévisions au commencement de la campagne labours-semailles tablaient sur une production de plus de 2 millions de quintaux. Le stress hydrique et la réduction de la pluviométrie qui a été estimée à 390 mm a réduit la production. Les céréales ont séché avant d’arriver à maturité totale estime un producteur céréalier.

La production reculera entre 155.000 q au minimum et de quelque 700.000 q au maximum comparativement aux années fastes d’avant. La mise en place de nouvelles techniques modernes telles que le recours aux produits phytosanitaires pour l’élimination des parasites responsables des maladies cryptogamiques, la pratique du semis en ligne, l’engraissement du sol en fonction de l’évolution du cycle végétal, l’emploi des désherbants, les labourages en profondeur, la préparation du lit de semence… restent tributaires de l’eau. Le guichet unique au niveau des structures de la coopérative de collecte des légumes secs, table sur une récolte proche de 1.560.000q soit un rendement avoisinant les 19 q à l’hectare. Hier déjà, les agriculteurs trouvaient les pires difficultés à déposer leurs productions. La direction a été obligée de diriger ses clients vers les silos de Aïn Bessem.

L’ex-minoterie de Bouira, dont la capacité de stockage est la seconde au niveau africain, peut servir à débloquer la situation. L’agriculture constitue la vocation prédominante dans l’activité économique de la wilaya de Bouira. Cette vocation se confirme au regard de nombreuses statistiques. Pour les exploitations agricoles, la wilaya compte 32 000 établissements. Les atouts agricoles de la wilaya de Bouira sont ainsi confortés par la réalisation de ses trois barrages, Lakhal avec une capacité de stockage de 30 millions de m3, Tilesdit et ses 165 millions de m3, et Koudiat-Acerdoune, avec ses 680 millions de m3. L’occupation agricole des sols se répartit ainsi.

Les céréales avec 82 000 ha devant les fourrages avec 11 662 ha, l’oléiculture 21 000 ha, les maraîchages 6 530 ha dont 5 000 ha de pomme de terre et 5 353 ha d’arboriculture. Pour la production animale, ce sont 60 187 têtes de bovins, 205 350 têtes d’ovins, 25.558 têtes de caprins; 2.935.000 poulets de chair et 1.265.000 poulets de ponte et enfin, 119.091 ruches d’abeilles. Depuis 1999 à ce jour, la wilaya a lancé 40 Ppdr (Projet de proximité de développement rural) et 57 Ppdri (Projet de proximité de développement rural intégré) et a octroyé plus de 22.000 aides à l’habitat rural.

Ces donnes et ces efforts n’ont pas donné les résultats escomptés. L’une des raisons essentielles demeure le manque d’encadrement. Malgré l’importance que revêt le secteur, il reste qu’un manque d’encadrement et de matériel freine l’essor. Il y a quelques années, la direction des services agricoles avait fait état d’un manque de 50 cadres techniques et 15 véhicules pour la couverture de toute la wilaya. Cet aléa n’a pas entravé quelques avancées sensibles. Pour la production de la pomme de terre, la wilaya de Bouira a connu une augmentation de 190%, permettant à la wilaya d’occuper la 3e place au plan national. S’agissant de la production fruitière, elle a enregistré une augmentation de 90%. Enfin, pour la production animale, la wilaya de Bouira a enregistré une augmentation dans la production du lait de vache, passant de 31 millions de litres en 1999 à plus de 55 millions de litres; la laine est passée de 1417 q en 1999 à plus de 3000 q; les grands marchés des viandes rouges sont passées de 35.000 q en 1999 à environ 80.000 cette année; les viandes blanches de 23.000 q à 49.760 q; les oeufs de 140 millions à 253 millions d’unités et enfin le miel a connu une évolution importante.

L’autre principale cause de la non-fructuosité de ces moyens reste l’inexistence de circuits de commercialisation. La promesse de réalisation de marchés de gros et de demi-gros au niveau de Bouira et de Aïn Bessem tarde à se concrétiser. Les ministres se succèdent et chacun tente d’innover en apportant sa touche. Du temps de Benaïssa, on a parlé de la labellisation. La DSA avait annoncé l’opération de réhabilitation des cultures du terroir et leur labellisation. Les principaux produits retenus sont les figues et les cerises sur le flanc sud du Djurdjura depuis Aomar jusqu’à Aghbalou en passant par Ath Laâziz, Taghzout, Haizer, El- Esnam, Saharidj sur plus de 70 ha à réhabiliter en figues et 50 ha en cerises au niveau des communes de montagne que sont Saharidj et Aghbalou. La variété «Gueldamane» du grenadier de Toghza à Chorfa, les pêches automnales des Ath- Vouali et Ath Mansour pour lesquelles la direction de l’agriculture prévoit quelque 50 ha et enfin 330 ha d’agrumes dans la région de Lakhdaria. La relance des amandiers du col Becouche fait partie des priorités.

Enfin, le dernier défi de la wilaya de Bouira est la construction de cette bande oléicole au sud de la wilaya. Sur plus de 100 km sur 500 m de largeur, la DSA a prévu la plantation de quelque 5 millions d’oliviers. L’objectif des professionnels de l’oléiculture est d’arriver à créer un office pour le conditionnement et l’exportation de cette huile.

Parce que l’agriculture relève et dépend des aléas de la nature, la production céréalière a diminué en raison de la faible pluviométrie cette année. Le nouveau locataire du ministère semble avoir compris qu’après la destruction massive des plaines de la Mitidja et période des vaches maigres et de la crise alimentaire qui prend des proportions alarmantes, Bouira devient par la force des choses, l’avenir agricole du pays, en cette phase difficile objectant de libérer le pays des importations sur le plan alimentaire au moins. L’objet premier de ce déplacement était le lancement officiel de la campagne moissons-battage.

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