« Ni burkini ni hidjab » à la piscine de l’hôtel Renaissance de Tlemcen

« Ni burkini ni hidjab » à la piscine de l’hôtel Renaissance de Tlemcen

5878
SHARE

L’hôtel « Renaissance » de Tlemcen, un palace « 5 étoiles » flambant neuf, appartenant à une chaîne hôtelière internationale, vient d’afficher au bord de sa piscine, un écriteau qui y interdit l’accès « aux femmes revêtues d’un burkini, d’un hidjab ou de tout autre vêtement non prévu pour la baignade ».

L’affiche signalant cette interdiction vient d’être relayée sur les réseaux sociaux et a suscité de nombreuses réactions. Nous avons pensé qu’il serait intéressant d’en livrer un éventail aux lecteurs d’Algérie1, et que ce serait peut-être un bon thermomètre de l’opinion publique (du moins celle qui se connecte sur Internet, donc relativement jeune et « branchée ») sur ce sujet précis.

Le dénommé « YSL », certainement un disciple tlemcenien du grand couturier parisien Yves Saint Laurent, interroge d’emblée : « est-ce qu’on doit porter obligatoirement un bikini pour entrer dans cet hôtel ? » Une certaine « Tchikita » lui répond : « ben, c’est leur droit. C’est un hôtel privé. Ils obéissent à des standards qui dépassent notre idéal et nos mœurs. Si vous n’êtes pas contents, n’allez pas chez eux ! Il y a d’autres plages et d’autres piscines où vous pouvez faire ce que vous voulez. Et ce n’est pas plus grave que l’alcool qui se vend en plein centre-ville. Il y a plus urgent, à mon sens. »

Le sieur « Ben Bouba » décrit l’hôtel à l’origine de cette polémique (qualifiée par de nombreux internautes de « stérile ») en ces termes : »Il porte bien son nom, en rapport avec Adam et Eve tous nus. Pire que les « gawris », cette « Renaissance » qui encourage la décadence et l’indécence, pffff!. »

Un certain « Fiodor Dostoïevsky », certainement un intellectuel de Tlemcen passionné par l’œuvre du grand écrivain russe, tient à préciser que « Adam et Eve n’ont jamais été nus, fréro! » Meriem fait remarquer de son côté que, « rakoum tennedbou »! Pendant le Ramadhan, vous jeûnez et allez à la mosquée pour les « Tarraouih » et après l’Aïd, vous allez nager dans cette piscine en appliquant son règlement diabolique. »

Nabil pense que « tous les grands hôtels ne permettent pas ce genre de tenues (les hidjabs et les burkinis) dans leurs piscines. C’est pour des raisons d’hygiène et de sécurité. » Mais Hichem a un doute: « comment peux-tu expliquer qu’être surhabillé engendre un problème d’hygiène ? »

La dame Aouicha intervient brutalement dans la discussion : « arrêtez de dire n’importe quoi. Déjà que se baigner mixte, c’est hram! » Abdellah émet une suggestion : « Allez donc vous baigner en burkini, en France, c’est toléré ! Ahahah! Beaucoup d’Algériens vont sur les plages d’Espagne pour se déshabiller sans être jugés. »

Mais Nabil revient à la charge: « Allah yahdikoum! Vous mélangez entre un hôtel privé qui veut filtrer pour ne recevoir qu’un certain type d’habillement et de clientèle et une ville et un pays qui ont leur honneur et leurs traditions. »

Hocine clôt provisoirement le débat avec une réplique pleine de bon sens :  » al halal bayine wal haram bayine! Tout est clair, chacun décide de ses propres affaires mais ne doit pas juger l’autre, car nul ne peut prétendre être meilleur ou plus saint qu’autrui. Seul le bon Dieu, Allah, nous juge! »

La discussion s’est arrêtée (provisoirement) au moment du « adhan d’el-maghreb. »

Source de l'article : cliquez-ici