La pénurie des aliments de bétail: La filière avicole doit être modernisée

La pénurie des aliments de bétail: La filière avicole doit être modernisée

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Cette situation nous renvoie à une réalité qui reste précaire quant à la chaîne de production en rapport avec la filière de l’aviculture et aussi les protagonistes qui animent ce secteur, à commencer par les petits et les grands aviculteurs.

La question des licences d’importation qui ont trait aux aliments de bétail agace sérieusement les pouvoirs publics et les professionnels dans la filière de l’aviculture. La crise n’a pas encore pris le dessus, mais les tergiversations qui continuent à caractériser le secteur avicole pourraient accentuer la situation jusqu’à provoquer la pénurie que ce soit au niveau de l’approvisionnement en aliments de bétail ou que ce soit en volaille qui n’est que le prolongement de cette raréfaction de la denrée essentielle, à savoir les tourteaux de soja, de l’orge et d’autres produits nécessaires à la fabrication de l’alimentation animale.

Cette situation nous renvoie à une réalité qui reste précaire quant à la chaine de production en rapport avec la filière de l’aviculture et aussi les protagonistes qui animent ce secteur, à commencer par les petits et les grands aviculteurs.
Dans ce sens, la production avicole se heurte à ce dysfonctionnement imposé par certains grands éleveurs de la volaille au détriment de la majorité des petits éleveurs qui font face à une logique de la concurrence déloyale par ces derniers qui saisissent l’opportunité de la baisse drastique des prix de la viande blanche pour intervenir et investir le gros de leur potentiel financier en engrangeant des bénéfices mirobolants et dans le même moment, les petits éleveurs subissent la loi du marché qui n’est pas aussi régulée selon les normes et les critères objectifs, perdront d’emblée ce qu’ils ont investi durant toute l’année en matière d’aliments de bétail et autres frais inhérents à la santé du volaille et son contrôle.

La production avicole est le fait d’éleveurs privés et d’entreprises publiques économiques. Mais la production de ces dernières reste insignifiante par rapport à celle des exploitations privées qui représentent, respectivement 92% et 95% des capacités de production nationale en viandes blanches et en oeufs de consommation.
Cette dimension exponentielle des privés qui régentent le marché et l’industrie dans la filière de l’aviculture montre on ne peut plus clairement que la spéculation et le jeu de l’intermédiaire sont surtout par certains privés qui détiennent le grand lot de la chaîne industrielle de la production de la viande blanche. A titre de rappel, la place qu’occupe la production avicole dans le pays est désormais une place de choix dans l’économie nationale en général (1,1% du PIB national) et dans l’économie agricole (12% du Produit agricole brut).

Ce sont les chiffres qui émanent d’études fiables attestées par l’investigation sur le terrain qui a été entamée par la tutelle, à savoir le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche.Pour ainsi dire, la filière est sujette à des fluctuations de nature à provoquer cette situation d’instabilité et de pénurie sur le marché par une poignée d’éleveurs qui détiennent les grandes exploitations de production avicole, ajouté à cela le fait que la structure actuelle de l’industrie avicole est foncièrement vieillotte et nécessite un véritable redéploiement et modernisation.Les experts qui s’intéressent à la filière avicole indiquent que «depuis 1980, date de mise en oeuvre des politiques avicoles, aucune évolution significative n’est apparue dans la structure des élevages privés.

La mise en oeuvre de la politique avicole a été confiée dès 1970 à l’Onab et depuis 1980, aux offices publics issus de la restructuration de ce dernier (Onab, Orac, Oravio, Oravie)», a-t-on précisé.Cette conception avait effectivement mis fin à l’importation de volaille, mais elle doit être revue et corrigée pour qu’elle puisse répondre concrètement à la demande accrue par rapport à ce produit à consommation très large.
Ce processus a mis, certes, fin aux importations de produits finis, et la fin des importations des oeufs s’explique par l’autosuffisance qui est le résultat de la production interne, mais a accentué le recours aux marchés mondiaux pour l’approvisionnement des entreprises en intrants industriels (Inputs alimentaires, matériels biologiques, produits vétérinaires, équipements).

Ce paradoxe qui ne s’explique pas, puisque l’objectif recherché, c’était de mettre fin à l’importation de ce produit même à travers ce qui constitue l’élément dorsal de sa production via son élevage, à savoir l’aliment sous forme de maïs, soja et orge. Et aussi les intrants industriels.
Cette filière contrairement à ce qui se dit ici et là, est pourvoyeuse d’emploi et de richesse, L’aviculture nationale produit entre 350 et 475 mille tonnes de viande de volailles (soit environ 240 millions de poulets par an) et plus de 3 milliards d’oeufs de consommation. Elle est constituée de 20.000 éleveurs, emploie environ 500.000 personnes et fait vivre 2 millions de personnes. Ce chiffre montre que le secteur requiert une dimension stratégique par excellence de par ce qu’il recèle comme capacité d’absorption du chômage et de création de postes de travail.

La filière avicole doit entamer sa mue en axant le changement sur un élément essentiel qui consiste à revoir l’importation des intrants industriels, cette nouvelle donne doit être appliquée de façon rigoureuse. La filière avicole importe 80% des 2500.000 tonnes d’aliments (maïs, tourteau de soja et complément minéral, vitamine), 3 millions de poussins reproducteurs, des produits vétérinaires et des équipements. Ces charges sont très coûteuses qui rendent la production avicole encore plus chère de par cette importation faramineuse en devise. Cette démarche qui continuait à être entreprise par les concernés de la filière avicole a créé des difficultés aux éleveurs, surtout en matière d’approvisionnement en intrants, l’augmentation des charges, le désengagement de l’État et la commercialisation de leurs produits, ont poussé nombre d’entre eux à abandonner cette activité.

D’ailleurs c’est cette situation qui a poussé les experts dans le domaine avicole à tirer la sonnette d’alarme et proposer une sortie de crise qui se manifeste via «la nécessité de mener des actions à différents niveaux. La collaboration entre les différents partenaires et organisations professionnelles et interprofessionnelles et associations et différentes structures étatiques (industrie, agriculture, commerce) permet la mise en place d’un cadre institutionnel pour l’élaboration, la mise en oeuvre et le suivi d’une politique de modernisation de l’aviculture algérienne», a-t-on précisé.

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