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L’Algérie : Comment un pays pourvoyeur de “Harragas” s’est transformé en terre d’accueil pour les migrants

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Ces dernières années, l’Algérie fait partie des pays qui doivent maintenant tenir compte des migrations clandestines.

L’Algérie, comme certains pays africains et du Maghreb, présente une caractéristique particulière, celle d’être pourvoyeurs de migrants clandestins et de constituer dans le même temps une terre d’accueil ou du moins, un territoire de transit pour ces derniers. Pour l’Algérie, selon les données avancées par le Ministère de l’Intérieur pour la période allant de 2009 à 2012, le nombre de personnes refoulées s’élèverait à 41.0784.

D’autres chiffres présentés par la Gendarmerie Nationale, faisaient état de 1047 arrestations de migrants pour le seul premier trimestre 2004. Celles-ci étaient en nette progression depuis 2000, un accroissement en moyenne de 5000 par an.

Depuis 2011, l’augmentation de migrants entrés illégalement sur le territoire algérien s’explique par la crise générée par « le printemps arabe » dans les pays voisins. En même temps, l’Algérie, qui a toujours été un pays d’émigration, a vu se développer une nouvelle forme de migration : la « Harga », celle-là irrégulière, qui touche essentiellement des jeunes, d’abord des hommes et des femmes par la suite.

Les migrations clandestines sont un phénomène mondial qui a des conséquences négatives pour les Etats, qui s’emploient à les maîtriser, mais aussi pour les migrants, qui sont souvent aux mains de mafieux. C’est parce que les migrations ont une capacité à générer des richesses mais aussi des maux, qu’elles ont été intégrées à la liste déjà longue des biens publics mondiaux.

Ce concept relativement récent a été introduit par les économistes, puis repris par d’autres instances notamment les institutions internationales. D’origine anglaise, cette
notion reste, à bien des égards, imprécise, les traductions étant approximatives. Les biens publics mondiaux appellent une régulation pour faire face aux défaillances du marché (dysfonctionnement, asymétrie de l’information). Cette régulation peut être le fait des
Etats, des institutions internationales ou des groupes.

Avec la mondialisation, la question des biens publics dépasse le cadre national. Une nouvelle
approche de leur gestion se met en place, qui requiert une nouvelle gouvernance appelant plus d’équité, une meilleure distribution des richesses et une participation plus importante dans les mécanismes de prise de décision.

Certains auteurs ont manifesté leur scepticisme : ils voient dans cette tentative de définition, une expansion de l’économie qui demande toujours plus de rigueur, toujours plus d’efficacité. Les BPM ont connu une certaine fortune : les limites de la loi du marché ont permis de redonner aux Etats une nouvelle légitimité dans la recherche de l’intérêt général.

De même, les institutions internationales voient leur crédibilité se renforcer et leurs actions de nouveau justifiées. Ceci n’est pas sans intérêt, au moment où leur rôle a été contesté du fait de l’inefficacité des politiques mises en œuvre au lendemain de la seconde guerre
mondiale.

Texte tiré des Annales de l’Université d’Alger, numéro 25 Tome 2.  

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