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L’expert Saïd Beghoul à propos de la forte baisse du pétrole : «Il y a encore assez de brut sur le marché»

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Les cours pétroliers ont fini en forte baisse hier à New York, plombés par l’abondance de l’offre au moment où le regain des productions libyenne et nigériane vient s’ajouter au dynamisme du pétrole de schiste américain. Le prix du baril de Light Sweet Crude» (WTI), référence américaine du brut, a chuté de 92 cents à 43,51 dollars sur le contrat pour livraison en août.

Younès Djama – Alger (Le Soir) – Selon l’expert pétrolier Mohamed Saïd Beghoul, cette baisse des cours pétroliers s’explique essentiellement par la disponibilité de la production américaine qui tourne autour de 9.4 millions b/j, ainsi que celles de la Libye (environ 800 000 b/j) et du Nigeria, deux pays exemptés du deal Opep (Organisation de pays exportateurs de pétrole) dont la coupe de 1.8 million b/j n’est pas suffisante pour équilibrer le marché.
«C’était prévisible comme situation même après la reconduction du deal pour 9 mois, nous a expliqué hier M. Beghoul. Moi, j’ai parlé d’un baril à 40-45 dollars si l’Opep maintient sa coupe à 1.8 million b/j et voilà qui est presque fait. Ce matin (hier, Ndlr) le Brent est à 45 dollars. Il y a d’autres facteurs comme la vitesse de chute des stocks qui reste faible comparativement aux prévisions.

En somme, il y a encore assez de brut sur le marché».
D’autres experts estiment que le marché reste sous la pression de l’augmentation de la production libyenne et nigériane, ajoutant que ces deux pays ont été exemptés de quotas de production, bien qu’ils fassent partie de l’Organisation de pays exportateurs de pétrole qui est engagée avec d’autres producteurs, dont la Russie, dans une réduction de l’offre.
Les experts de Commerzbank se faisaient ainsi l’écho d’informations de presse indiquant qu’«un conflit avec la compagnie allemande Wintershall avait été résolu», ce qui devrait faire augmenter la production libyenne de 50 000 barils supplémentaires.

Les dirigeants de la compagnie nationale libyenne NOC ont répété à plusieurs reprises leur ambition de faire repartir fortement les extractions dans le pays, qui avaient pâti de la guerre civile. «Au cours des derniers mois, la production nigériane a augmenté avec la remise en service», a ajouté Andy Lipow, évoquant de plus la reprise des opérations sur le champ pétrolier de Forcados dans le sud-est du pays. Conséquence : «L’excès d’offre est particulièrement marqué dans l’Atlantique où il y a de nouveau de nombreux cargos chargés de pétrole nigérian cherchant à trouver preneur», a rapporté John Kilduff de Again Capital.
En parallèle, les extractions américaines, notamment de pétrole de schiste, sont sur la pente ascendante depuis l’automne, mettant un peu plus à mal les efforts de l’Opep et de ses partenaires, qui ont prévu de limiter leur production jusqu’en mars 2018.

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