Exposition «El Jazaïr, ombres et lumières» de Almuth Bourenane et Chafia Loudjici...

Exposition «El Jazaïr, ombres et lumières» de Almuth Bourenane et Chafia Loudjici L’architecture pour témoigner de l’histoire

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La longue histoire d’Alger pourrait être racontée à travers ses différents noms. Déjà au début du 1er millénaire av. J.-C., Ikosim est un important comptoir phénicien. En -202, la ville passe sous influence romaine et le nom d’Ikosim prend sa forme romanisée, Icosium. Bologhine ibn Ziri reconstruit Icosium au milieu du Xe siècle en fortifiant et agrandissant le site occupé par les Beni Mezghenna et la baptisa «Jazaïr Beni Mezghenna» (les îles de Beni Mezghenna), en 960.
En 1510, les Espagnols bâtissent une forteresse sur un îlot de la baie, el Peñón. Plus tard, Kheireddine Barberousse chasse les Espagnols, détruit la forteresse du Peñón et fait construire une jetée reliant les îlots à la terre ferme, constituant ainsi le premier abri du port d’El-Jazaïr. Plus tard, l’accent local transforma ce nom en Djazaïr et Dzaïr, tous les deux populaires et non officiels.
En même temps, une double extrapolation se produit. La ville, El Djazaïr en arabe, donne son nom au pays entier (comme Tunis). Pour différencier le nom du pays de sa capitale, les Français leur donnent respectivement les noms d’Alger et Algérie. Les différentes civilisations et dynasties qui se sont succédé dans ses murs ont laissé des témoignages architecturaux. L’ancienne citadelle, La Casbah d’avant 1830 cohabite aujourd’hui avec l’ancienne ville européenne.
Deux photographes, l’Allemande Almuth Bourenane et l’Algérienne Chafia Loudjici, racontent l’architecture de la ville d’Alger à travers l’exposition «El Jazaïr, ombres et lumières».
Cette exposition, qui s’est tenue à la galerie de l’hôtel Sofitel d’Alger, présente, en une quarantaine de clichés, les principaux édifices représentant l’architecture (ou les architectures, y compris le néo-mauresque) de l’époque coloniale française ainsi que le style mauresque décliné par plusieurs images de La Casbah d’Alger.
L’ombre et la lumière sont un jeu en noir et blanc. Almuth Bourenane exprime par ses photos sa passion pour le noir et blanc et le jeu de contrastes, ainsi que sa fascination pour l’architecture des immeubles du centre-ville algérois, avec leurs balcons, ornements et moulures.
Habituée à immortaliser les différents événements culturels de la capitale, Almuth Bourenane a participé à plusieurs expositions collectives avec des photographies sur le thème de la ville d’Alger.
La jeune photographe Chafia Loudjici, de son côté, explore les possibilités offertes en matière de lumière par les rues, ruelles et bâtisses de la Casbah. C’est aussi pour elle un moyen de mettre en avant quelques aspects de la vie quotidienne dans cette vieille médina classée patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. La photographe est également allée du côté ouest, vers Bab-El-Oued (la porte de l’oued) au palais des Raïs (Bastion 23) donnant sur la mer et bien au-delà de Bab Djedid, du côté est jusqu’à la villa Abdeltif à quelques mètres du Sofitel Algiers, au Hamma Garden. En Haute-Casbah dans le quartier de Sidi-Ramdane, elle a immortalisé plusieurs scènes du quotidien des habitants de La Casbah, particulièrement des enfants.
L’ombre et la lumière sont étroitement liées et c’est l’absence de l’une qui rend visible l’autre. Souvent on connaît mieux les choses par leurs contraires. Ce sont ces différences dans les styles architecturaux d’Alger qui la rendent si belle sous la lumière.

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