Djilali Mehri, aux origines de la troisième grosse fortune en Algérie

Djilali Mehri, aux origines de la troisième grosse fortune en Algérie

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Depuis 2002, date à laquelle Djilali Mehri a achevé son mandat de député au parlement, le richissime homme d’affaires fuie les caméras et se cache dans ses entreprises qu’il gère dans une totale discrétion. Et pourtant, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis ce jour où Djilali Mehri était considéré comme l’homme le plus riche d’Algérie. 

Dépassé aujourd’hui par le chevronné Issad Rebrab de Cevital et le tonitruant Ali Haddad, Djilali Mehri demeure tout de même la troisième fortune de l’Algérie. Une 3e place sur le podium préservée difficilement par Djilali Mehri alors que celui-ci n’est guère apprécié par Abdelaziz Bouteflika, le Chef de l’Etat, et son entourage proche. Pour ne pas perdre ses affaires, Djilali Mehri a vite compris qu’il doit s’éloigner de la politique et de ses magouilles laissant ainsi le terrain vide à Rebrab et Ali Haddad.

Depuis 2002, pour ne pas subir les contrecoups de la domination du clan présidentiel, Djilali Mehri, épaulé par son fils aîné Djamel Mehri, a pris le soin de diversifier ses investissements en s’associant à des partenaires étrangers très solides derrière lesquels l’homme d’affaires algérien peut se protéger en cas de représailles politiques lancées par des cercles occultes au sein du régime algérien.

Ainsi, depuis février 2017, nous retrouvons dans le conseil d’administration de la Luxury Motors Works LMW, l’entreprise à travers laquelle Djilali Mehri commercialise des voitures de luxe de la prestigieuse marque BMW, des investisseurs émiratis. Trois sociétés émiraties sont associées avec les Mehri dans ce business. Il s’agit de la SARL ABUDABI MOTORS, la DELMA MOTORS et la GPR ASAKR UNIT.

En parallèle, Djilali Mehri et son fils ont pris le temps de renforcer leurs business dans d’autres secteurs stratégiques comme le BTP avec la SARL BAL qui réalise de grands travaux de bâtiment dans le secteur hydraulique.  Une entreprise où les Mehri comptent un associé serbe en la personne de Cvetinovic Milorad.

Une gestion confiée à des étrangers, c’est le choix qui a été fait par les Mehri dans une autre de leurs entreprises, à savoir la Maghreb Consolidated Contractors Groupes. Il s’agit d’une entreprise d’installation de réseaux et de centrales électroniques et téléphoniques qui regroupe plusieurs activités comme la pose de canalisations à grande distance. Le directeur général de cette société est un libanais et le président du Conseil d’administration est un palestinien.

Investir dans le tourisme. C’est l’autre choix stratégique qui a été adopté par Djilali Mehri pour se mettre à l’abri des guerres claniques qui déchirent les autres secteurs de l’économie algérienne.  En 2005, il signe un contrat de partenariat avec le groupe Accor en Algérie à travers la société Sieha SPA detenue à 50% par les deux groupes. Ce partenariat a visé à construire trente-six hôtels moyenne gamme sous les marques Ibis, Novotel et Etap. En 2006, il inaugure l’Hôtel Royal à Oran qu’il avait acheté en 1967. En 2016, il inaugure le complexe touristique La Gazelle d’Or à El Oued d’une superficie de 140 hectares. Avec tous ses projets et sa stratégie de gouvernance, Mehri a réussi à se maintenir parmi les plus grosses fortunes du pays en dépit de son éviction du pouvoir politique avec lequel il a pris ses distances depuis des années.

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