Hommage rendu au poète messaour Boulanouar: “El-Kheïr a toujours refusé les honneurs...

Hommage rendu au poète messaour Boulanouar: “El-Kheïr a toujours refusé les honneurs et les vanités de circonstance”

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Un grand hommage a été rendu au poète disparu Messaour Boulanouar ce week-end à la librairie Chaïb Dzaïr de l’Anep à Alger. Cet événement a été organisé par ses enfants et ses filles, qui ont tenu à honorer la mémoire de ce grand poète qui a quitté ce monde le 14 novembre 2015. Sa biographie a été retracée par l’un de ses fils qui révèle qu’il est né le 11 février 1933 dans la ville de Sour El-Ghozlane à laquelle il est resté attaché durant toute sa vie.

Il a fait partie “d’une génération qui a vécu sous la colonisation, la guerre de Libération nationale et l’indépendance. Il interrompra ses études secondaires très jeune pour des raisons médicales. Écroué par l’occupant français entre 1956 et 1957 dans la prison de Barberousse (Serkadji) pour son militantisme actif et pleinement engagé, il fut un compagnon d’écriture de Kateb Yacine et de Jean Sénac”. Viendra par la suite la lecture de textes de ses poèmes choisis par ses enfants, ses petits-enfants et surtout sa petite-fille Louiza qui a subjugué les présents, avec des passages de ses recueils comportant Et pour sanction la vie, Sous peine de mort et L’aphabet de l’espace.

L’écrivain et poète algérien d’expression française Abdelmadjid Kaouah, qui vit en France, n’a pas pu assister à l’événement dédié à son grand ami le poète Messaour Boulanouar et a envoyé un texte émouvant qui a été lu également à l’assistance en signe d’hommage au poète qui n’est plus de ce monde, mais dont les œuvres demeurent impressionnantes, voire pérennes. Dans son texte il dira : “Il y a tant à dire sur Messaour Boulanouar, sur son parcours d’homme et de poète qui pour lui étaient indivisibles.” La meilleure force, inspirée en prison, fait partie maintenant des “richesses immatérielles de l’Algérie”.

Sur l’homme de principes qu’il était, il dira aussi : “Son humilité naturelle s’est refusée aux honneurs et aux vanités de circonstance. Et longtemps son œuvre et son parcours n’eurent pas en retour la reconnaissance méritée. Mais sa parole flamboyante eut raison du silence et de l’ingratitude.” L’écrivain Abdelmadjid Kaouah a admis : “J’eus le bonheur, jeune, de faire sa connaissance et d’échanger avec lui durant de nombreuses années. J’ai beaucoup appris de lui sur mon pays et sur ses richesses culturelles, savantes et populaires.

À lui seul c’était une véritable école. Ses œuvres connues et celles qui restent à découvrir doivent faire l’objet de recherches et de publication. C’est la meilleure manière à reconnaître à El-Kheïr le bien qu’il nous a dispensés.” Il terminera son écrit par un passage des plus touchants, et dans lequel il dira : “À sa famille et à ses proches, je leur dis que leur peine est la mienne. Sa mémoire lui survivra dans le cœur de ceux qui liront ses vers.”

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