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France / Immigration illégale : 2 684 Algériens en centres de rétention en 2016

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L’enfermement en masse des Algériens en situation irrégulière sur le sol français dans les centres de rétention administrative par les autorités françaises s’est poursuivi durant l’année 2016.
Les chiffres dévoilés, hier, par le rapport annuel commun sur les centres de rétention administrative, réalisé par cinq ONG, à savoir Assfam, Forum Réfugiés, France terre d’asile, La Cimade, l’Ordre de Malte et Solidarité Mayott, font état de placement de 2 684 Algériens au cours de l’année 2016, soit une augmentation de 152 cas par rapport à l’année 2015.

Ainsi, les ressortissants algériens sont la population la plus enfermée en 2016. Elle représente 12,4% de l’ensemble des placements. 925 cas sur les 2 684 arrêtés ont été éloignés du territoire français, souligne le document qui déplore par la même occasion la non-prise en compte des conditions de santé des personnes, objet de l’éloignement.

Il cite certaines personnes atteintes de maladies mais cela n’a pas empêché leur expulsion. « Madame X, ressortissante algérienne, enceinte de 4 mois, a été placée en rétention le samedi 14 mai 2016. Elle a été interpellée suite à une suspicion de vol dans un magasin. Le vigile, dans l’attente de l’arrivée de la police, l’aurait frappée à plusieurs reprises.

Emmenée aux urgences pendant sa garde à vue, elle apprend qu’elle a perdu son enfant suite aux coups et blessures. Le médecin vu à l’hôpital a tout de même estimé que son état de santé était compatible avec la garde à vue. Placée en rétention, le médecin du service médical du centre de rétention lui a indiqué qu’une opération pour lui retirer son fœtus mort aurait lieu trois jours plus tard, premier jour ouvré après son placement en rétention.

Après trois jours en rétention et une saisine de la préfecture par notre équipe, la préfecture de police de Paris a procédé à la libération de Madame X », peut-on lire dans le rapport. Il ajoute : « Depuis son enfance, Carlos (un Algérien) vit avec une grave infection à la jambe. Revenu en France, en 2006, où il avait déjà passé plusieurs années, il choisit d’y rester non seulement il y a toute sa famille, mais aussi pour se faire soigner, sans parvenir à être régularisé. A la suite d’un contrôle routier, il est placé en rétention pour l’exécution d’un AME de 1994.

Il a été expulsé, sanglé, depuis le CRA de Bordeaux sans en être préalablement informé. Il vit aujourd’hui dans un petit village en Algérie, sans logement stable, pendant que sa famille, qui vit en France, essaie de lui faire parvenir de l’argent pour qu’il se soigne. Il risque de perdre sa jambe. Une amputation était prévue alors qu’il était encore en France ; il aura été expulsé avant que l’opération n’ait lieu », note le rapport. Dans le classement par pays, ce sont les Albanais qui arrivent en seconde position avec 2 467 cas, suivis par les Marocains et les Tunisiens, respectivement 2 036 et 1 980 cas. En 2014, c’étaient les Tunisiens qui occupaient le haut du podium.

Les six associations signataires de ce 7e rapport commun partagent le constat d’un recours trop systématique au placement en rétention, ce qui ne manque pas de donner lieu à des pratiques abusives et à des situations de violations des droits des personnes enfermées. En outre, le rapport regrette le fait que le nombre de centres de rétention n’ait pas diminué en 2016. Les placements en rétention sont le reflet de politiques migratoires axées sur le quantitatif, masquant mal des approches à court terme. Ils sont d’ailleurs souvent symptomatiques des impasses ou des carences de ces politiques, que ce soit au niveau national ou européen.

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