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Réfugiés subsahariens : Mme Benhabyles somme les pays responsables de ce «désastre» à partager «le fardeau» avec l’Algérie

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Lorsque des personnes cherchent refuge à l’étranger, c’est qu’elles fuient les injustices dont elles sont victimes dans leur pays en raison de leur identité, leurs croyances ou leurs opinions. Elles fuient des conflits armés, des guerres auxquels elles ne se sentent pas concernées et dont elles refusent d’être les victimes.

Ils sont, en effet, Sahraouis, Palestiniens, Syriens, Maliens, Ivoiriens et récemment, Libyens et Nigérians, à être accueillis sur le sol algérien. L’on ne saura peut-être pas leur nombre exact, mais ce qui est sûr et même certain, c’est que l’Algérie fait partie des pays rares de la région Mena à avoir, depuis son indépendance, su ouvrir grandes les portes aux réfugiés quelle que soit leur nationalité. Dans une récente déclaration, le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, s’en est d’ailleurs pris à ceux accusant l’Algérie d’opprimer les réfugiés, particulièrement, ceux de pays subsahariens.

Et d’annoncer que ceux-ci vont faire l’objet d’un recensement afin de les assister et de scolariser leurs enfants. Après recensement, certains seront munis d’une carte leur garantissant le droit au travail notamment. La présidente du Croissant-Rouge algérien (C-RA) l’a réaffirmé à deux reprises, en moins de vingt-quatre heures, assurant encore une fois que l’Algérie n’utilise pas les migrants à des fins politiques. «Alger se voit, aujourd’hui, contraint d’avoir à gérer les retombées des erreurs stratégiques des grandes puissances, à l’origine d’un drame humanitaire jamais observé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale».

Et «les Etats responsables de ces situations, qui ont tendance à instrumentaliser leur aide à des fins politiques, se doivent de partager le fardeau avec l’Algérie en contribuant à faire face à ce désastre, par le biais du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR)», a affirmé Mme Saïda Benhabyles lors de son intervention, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale.
Relevant que le pays ne possède pas de statistiques précises sur le nombre de migrants qui ont trouvé refuge sur son sol, la présidente du C-RA a annoncé que des actions vont être incessamment entreprises afin de leur apporter toute l’aide qu’ils sont en droit d’attendre. C’est ce que Mme Benhabyles a d’ailleurs déclaré la veille, soit lundi, à la presse à l’issue de sa visite au lieu de regroupement des ressortissants africains dans la localité d’Oued El Kerma (Alger).

«L’Algérie est attachée à ses valeurs humanitaires et solidaires inspirées des principes de l’Islam et son authenticité fondée sur les principes de solidarité. Nous continuons à apporter le soutien et les aides à tous les réfugiés africains, notamment ceux qui se trouvent au sein de ce lieu de regroupement dont le nombre dépasse 1 600 personnes», a-t-elle soutenu. Dans ce cadre, Mme Benhabyles a estimé que «les attaques récentes contre l’Algérie par certains parties concernant la situation des réfugiés africains sont infondées». Soulignant que ceux qui critiquent «ignorent notre culture, nos us et valeurs humaines inspirées de l’Islam et nos valeurs d’authenticité fondées sur les principes de solidarité, d’entraide et de fraternité».

CHAUVINISME ET RACISME EXACERBÉS
Interrogée quant à la campagne raciste, lancée ces derniers jours sur les réseaux sociaux, contre les migrants subsahariens, en Algérie, Mme Saïda Benhabyles, a dénoncé lors de son intervention sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, à travers ce comportement, «un chauvinisme et un racisme exacerbés».

Le hastag «Non aux Africains en Algérie» était largement partagé sur Twitter et des internautes ont même appelé à «nettoyer les villes» algériennes. Amnesty International, à travers sa section en Algérie, et la Ligue de défense des droits de l’homme, ont violemment réagi à ces propos haineux dénonçant une campagne «qui déshonore le pays». «La loi doit être appliquée contre ceux qui se sont rendus coupables de ces actes haineux et racistes», a déclaré Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International Algérie, lors d’une conférence animée à Alger appelant «la société à se mobiliser contre ces actes racistes et répréhensibles».

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