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À moins d’un mois de l’Aïd El Adha : Les prix du mouton sont déjà chers !

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Bien que le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (Unpa), M. Mohamed Alioui, ait annoncé que  » cette année le mouton de l’Aïd devrait être à la portée de tous « , force est de reconnaître qu’à un mois de cette fête religieuse, les prix actuels du mouton s’annoncent déjà bien chers ! 

Un petit tour dans les quelques points de vente et en particulier, chez les particuliers justement, les prix varient entre 35.000 et 50.000 dinars voire plus selon le poids! Et ce n’est qu’une fourchette de début de « spéculations  » de ces commerçants sans vergogne qui ne reculent devant rien pour saigner les malheureux citoyens moyens déjà affectés par les dépenses quotidiennes alors qu’en plein été certains ont même renoncé aux vacances. Ceci justement pour mieux gérer la rentrée. Or, cette rentrée  » sociale  » s’annonce bien chaude et surtout  très coûteuse au portefeuille du citoyen moyen avec l’approche de l’Aïd El Adha et cette coutume ancrée d’achat du mouton pour le sacrifice rituel au moment où la rentrée des classes survient juste après.

Et un simple calcul avec une famille moyenne de 5 personnes, il est très aisé de reconnaître que statistiquement, il serait difficile voire  » impossible  » de se permettre le luxe de s’acheter un mouton…

Ahmed A., cadre moyen dans une entreprise étatique témoigne que  » J’ai par curiosité tenter de savoir les prix des moutons du côté de Cheraga. Et j’ai constaté qu’un simple petit mouton qui ne dépasse certainement pas les 30 kg est proposé entre 35.000 et 45.000 dinars selon trois points de vente que j’ai visités ». Et le même cadre moyen explique que  » Je n’ai vraiment pas le choix car avec mes trois enfants entre 8 et 15 ans , il m’est pratiquement  » interdit  » de passer l’Aïd sans le sacrifice d’un mouton. Alors, questionne-t-il  » comment dois-je faire pour acheter ce fameux mouton ; assurer des habits aux trois enfants et également assurer leurs effets scolaires, sachant que madame est femme au foyer ?… « .

Une dame bien charmante nous explique qu’elle a trouvé une bonne astuce pour assurer un mouton à la famille dont le père est retraité alors qu’elle est femme de ménage pour l’aider.  » Eh bien, j’ai tout simplement renoncé à aller au bled à Béjaïa pour passer les vacances en mer, car cela me coûterait beaucoup plus d’argent. C’est donc un sacrifice qui vaut le coup d’autant que j’ai vraiment souffert avec les retombées des dépenses du mois de Ramadhan avec les charges de la maison (électricité, eau, gaz, et paiement de l’AADL « .

Pour sa part, ce jeune M.B., ingénieur des hydrocarbures exerçant dans le sud du pays, annonce que  » Moi, en réalité j’ai mon frère aîné qui s’occupe chaque année de ces achats de l’Aïd pour lui et pour moi. Et lui, n’achète que dans les points de vente étatiques. C’est moins cher et seulement il faut vraiment  » se lever tôt  » pour reprendre un adage algérien pour s’assurer de trouver la bonne affaire. Car à ce prix entre 20.0000 et 30.000 dinars, c’est presque donné et donc il faut bien comprendre cette ruée vers ces étales « . Un ami à M.B., lui rétorque « mais encore faut-il que tu trouves ces moutons, car, il ne faut pas oublier que les chargés de la vente dans ces points ont aussi des familles qu’ils vont certainement favoriser. Il faut toujours prendre ses précautions, car à ce prix, ça intéresse tout le monde. Même s’il faut reconnaître qu’ils sont petits (par la taille, ndr) ces moutons… », a conclu notre dernier interlocuteur.

Et là, il faut reconnaître qu’il a bien raison de préciser qu’à ce prix la ruée vers ces points de vente est assurée à l’avance..

Et là, on revient donc aux déclarations de M. Mohamed Alioui, le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (Unpa) qui précise que « Cette année, le mouton de l’Aïd devrait être à la portée de tous les citoyens ». Cette affirmation a été faite il y a un mois environ en marge d’une réunion avec le ministre du Commerce.

« Le prix du mouton moyen devrait s’établir autour des 20.000 dinars », a-t-il assuré.

« Le gros mouton de 50 kg, dont les prix avoisinent d’habitude les 90.000 de dinars, devrait coûter aux alentours des 40.000-45.000 dinars », a-t-il ajouté en se référant à la crise que vit actuellement le marché du bétail. Une bonne nouvelle donc pour les consommateurs qui se rappellent bien la cherté de l’année dernière avec des moutons qui ne coûtaient pas moins de 40.000 dinars, certaines bêtes avaient même dépassé la barre fatidique des 100.000 de dinars! Encore faut-il assurer également la non intervention de cette mafia de la spéculation qui sévit chaque année à la même période. Achetant chez les éleveurs de grandes quantités de moutons à des prix raisonnables, avant que les réseaux de la spéculation ne fassent grimper les prix qui deviennent ainsi inabordables pour les petites et moyennes bourses.

L’une de leurs astuces est de cacher leurs lots de moutons jusqu’à l’approche de l’Aïd pour profiter de la précipitation et créer une certaine tension avec des prix très élevés.

Et cette augmentation vertigineuse des prix s’explique également par le fait que cette année on compte plus de 28 millions de têtes d’ovins, soit 2 millions de plus que l’an dernier, alors qu’en moyenne on sacrifie, pendant l’Aïd, près de 4 millions de têtes. Ce qui fait que l’offre dépasse largement la demande », comme le confirme d’ailleurs le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens.

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