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Absent sur les dossiers chauds, il tient une rencontre informelle en France : Tebboune, un congé qui passe mal

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C’est un congé qui fait désormais polémique auquel s’est soumis le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, qui se trouve en France depuis le week-end dernier.

 Le chef de l’Exécutif, nommé il y a à peine deux mois et quelques jours, a, osons le dire, abandonné le navire dans un moment qui, plus que jamais, exige de lui une présence régulière, voire renforcée.

N’est-ce pas lui qui avait lancé, dès sa prise de fonction, qu’il n’y aura pas de congé. Avant de revenir pour autoriser les membres de son gouvernement à prendre 15 jours uniquement. «A cause de la charge de travail qui les attend», comme il a tenu à le préciser, lors de la présentation de son plan d’action devant les deux chambres du Parlement.

Le voilà donc laissant les affaires du Premier ministère à la seule personne du chef de cabinet, au moment où plusieurs dossiers chauds sont sur sa table. L’on parle surtout du redressement économique dont il a fait la priorité, avec des chantiers sur plusieurs fronts, comme l’industrie, le montage automobile et la réduction de la facture de l’importation, avec les licences instaurées pour des centaines de produits.

Qu’en est-il encore de la préparation de la réunion tripartite prévue le 23 septembre prochain ? Quid encore du dialogue social, annoncé en grande pompe avec l’ensemble des partenaires politiques, économiques et sociaux ? Des dossiers d’une grande importance, qui semble-t-il, ont été abandonnés, sinon réduits à de simples rendez-vous de second plan appréhendés sans grand intérêt.

Ce n’est pas tout, car le congé de Tebboune intervient au moment, où plusieurs wilayas du pays « brûlent », si l’on ose l’expression. Les feux de forêt ont encerclé des régions entières, ravagé des maisons, des milliers d’hectares et fait même des victimes dans certaines wilayas. Alors qu’il était encore en Algérie, le Premier ministre est d’abord passé à côté en ne faisant ne serait-ce que la moindre déclaration, ni déplacement dans les zones sinistrées.

C’est Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, qui est envoyé en pompier partout, palliant la défection de son chef. Tebboune ne se rattrapera pourtant pas. Mais, il ira aggraver son cas avec ce congé en pleine « tempête chaude » en cet été. Sa rencontre, hier, avec son homologue français est l’acte de trop d’une absence remarquée et qui n’a que trop duré. « Durant son escale à Paris, le Premier ministre, Abdelamdjid Tebboune a été convié par son homologue français, Edouard Philippe, à une rencontre informelle à l’hôtel Matignon », ont indiqué les services du Premier ministère dans un communiqué publié via l’agence officielle.

Et il faut dire qu’une rencontre informelle est tout ce qu’il y a de pire pour un responsable politique qui, de surcroit, se trouve en difficulté depuis quelques jours suite au différend avec le patron de l’ETRHB et non moins président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Ali Haddad. Une « affaire » qui s’est terminée par l’image qu’avait renvoyé a l’enterrement du défunt Redha Malek, entre le trio Saïd Bouteflika, frère et conseiller du président de la République, Ali Haddad et Abdelmadjid Sidi-Saïd, secrétaire général de la centrale syndicale UGTA, par leur entente qui en disait long.

D’ailleurs, pour certains observateurs avérés, le congé d’Abdelmadjid Tebboune est beaucoup plus perçu « comme une échappatoire suite à l’affront qu’il aura subi à l’issue de son bras de fer avec Ali Haddad ». De toute façon, la rencontre Tebboune-Philippe ne passera certainement pas inaperçue d’autant qu’elle a été rendue publique par le gouvernement. C’est, en effet, une première dans les annales, sinon un fait très rare pour un haut responsable algérien qui se trouve en congé. D’après des rapports médiatiques de certains sites électroniques, Edouard Philippe et Abdelmadjid Tebboune devaient initialement avoir une conversation téléphonique la semaine dernière.

Mais comme le Premier ministre algérien a décidé, entre-temps, de se rendre à Paris en séjour privé, son homologue français a proposé de transformer l’entretien téléphonique en rencontre informelle. Chose qui a eu lieu. L’opinion publique en saura beaucoup plus au retour de l’ancien ministre de l’Habitat…

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