Rentrée sociale: Veillée d’armes chez les syndicats autonomes

Rentrée sociale: Veillée d’armes chez les syndicats autonomes

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Le Front syndical autonome interpellera prochainement le Premier ministre et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale autour de sa plateforme de doléances pour le premier et les libertés syndicales pour le second.

Au niveau des entités syndicales composant ce front, l’on est encore au stade des discussions autour des contenus de ces documents décidés lors de leur réunion du 22 juillet dernier.

Pour le coordinateur du Snapest (Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique), les réponses à ces missives constitueront, à coup sûr, ce qu’il considère comme le «baromètre de la prochaine rentrée sociale» en ce sens qu’il s’agira de tester l’exécutif quant à la volonté qui lui est prêtée de changer de politique en matière d’association des véritables partenaires sociaux au dialogue autour de questions aussi sensibles que la retraite, le projet de loi portant code du travail, pour ne citer que ceux-là.

Sauf que Méziane Mériane, qui préside l’université d’été de son syndicat à Jijel, avoue ne pas se faire d’illusions, lui pour qui «la marginalisation, l’exclusion et la diabolisation des syndicats autonomes se poursuivront encore», estimant que l’on ne fait que «tourner en rond», puisque l’exécutif continue à adopter le dialogue «conjoncturel» alors qu’il est exigé que ce dernier soit «permanent».

Et dans ce cas, son collègue du Conseil des lycées d’Algérie, Idir Achour, ne va pas par trente-six chemins pour soutenir que le front syndical autonome renouera avec les «actions de rue pour se faire entendre» et faire aboutir ses revendications réitérées, donc, dans ces deux lettres en cours de préparation à envoyer au Premier ministre et au ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.

La première missive fera, donc, le récapitulatif des doléances du front syndical autonome, dont son refus de toute remise en cause du départ à la retraite sans condition d’âge, estimant que l’élaboration d’une nomenclature de métiers pénibles pour faire bénéficier leurs auteurs et les femmes du départ à la retraite sans condition d’âge n’est qu’une «tentative de diviser les travailleurs».

Autre souci des syndicats autonomes, le pouvoir d’achat des ménages avec, en perspective, les mesures d’austérité draconiennes que le projet de loi de finances pour l’année 2018 comportera pour faire face aux retombées de la dégringolade des rentes du pays suite à la chute brutale des cours du pétrole. Il y a également le projet de loi portant nouveau code de travail qui, selon Idir Achour, «fragilisera les travailleurs et remettra en cause des droits syndicaux chèrement acquis».

Pour ce qui est de la missive à envoyer à Mourad Zémali, il sera question, selon Ie secrétaire général du CLA, de l’interpeller sur le pluralisme syndical avec «l’absence inexpliquée des syndicats autonomes aux sessions de la tripartite puisque leur représentativité n’est pas à démontrer».

Pour rappel, dans le communiqué sanctionnant sa réunion du 22 juillet écoulé, le front syndical autonome a relevé le flou qui caractérise le programme d’action du gouvernement que coordonne Abdelmadjid Tebboune en ce qui concerne les questions syndicales et sociales. Avec, selon lui, les «prémices de l’abandon graduel de la protection sociale et la politique de subventions dans tous les volets».

Il a également dénoncé le rétrécissement des libertés d’expression, de l’exercice syndical et du droit à la grève avec leur lot de licenciements et de pressions multiples que subissent les acteurs syndicaux.

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