Saci bloque les exportations et prépare le terrain aux pénuries: La...

Saci bloque les exportations et prépare le terrain aux pénuries: La mort programmée du commerce

2009
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Derrière un discours «volontariste» contre les importations, le ministère du Commerce s’est donné la mission de détruire le bourgeonnement d’une filière à l’export.
Annoncée à grands renforts médiatiques, la fameuse commission issue d’un Conseil interministériel tenu au mois de juillet dernier pour statuer sur la problématique des exportations utilisant des intrants subventionnés, devrait rendre des conclusions dans quelques jours. Mais tout porte à croire, selon un responsable des douanes interrogé par l’APS, que ces conclusions-là débouteront les accusations formulées à l’encontre des exportateurs. Il s’avère, en réalité, que ces opérateurs, factures à l’appui, ne s’approvisionnent pas en blé subventionné.

La problématique s’était posée en 2009 et définitivement réglée. Depuis cette date, aucun gramme de blé subventionné n’a servi à des opérations d’exportation. En 2016, dans le souci d’encourager les exportations de pâtes alimentaires, le gouvernement a autorisé l’usage des intrants subventionnés, moyennant la restitution de ladite subvention.

Les services des douanes ont veillé à la bonne application de la décision gouvernementale et jusqu’à aujourd’hui, les opérateurs ayant transformé le blé importé en pâtes alimentaires respectent scrupuleusement les conditions émises par l’Exécutif. L’accusation qui consiste à dire que certains entrepreneurs, parmi les plus connus et respectés, revendent à l’étranger des produits subventionnés, ne tient pas la route, au seul motif que la possibilité de se fournir en intrants financièrement soutenus par le gouvernement n’est faisable que depuis quelques mois seulement, et qui plus est, est très réglementée. Les montants à plus de six zéros sortis d’on ne sait où, n’ont donc aucun fondement, puisqu’ils dépassent de loin le chiffre d’affaires de toutes les opérations d’exportation durant le même laps de temps.

De fait, dans le commerce extérieur, le ministère du Commerce veut entraver, l’une des filières les plus dynamiques de l’industrie nationale, en mettant en doute l’ensemble des opérations d’exportation que les opérateurs ont réalisées, ces dernières années. Au même titre que le dispositif CKD SKD, réduit à un statut de parasite, malgré une hausse de plus de 300% du chiffre d’affaires à l’export, la filière agroalimentaire risque de connaître un arrêt subit de son ouverture à l’international.

Cette perspective est d’autant plus réaliste que la semoule figure sur la liste du ministère du Commerce des produits interdits à l’importation. Sachant que la semoule est un intrant non subventionné pour produire des pâtes destinées à l’exportation, c’est tout simplement une porte jadis ouverte au marché étranger qu’on ferme à la figure des exportateurs de produits agroalimentaires.

En fait, derrière un discours «volontariste» contre les importations et encourageant les exportations, le ministère du Commerce s’est donné la mission de détruire le bourgeonnement d’une filière à l’export. Cette attitude, en contradiction totale avec le programme présidentiel et surtout l’impératif de diversification des recettes en devise, aura des conséquences détestables pour les exportateurs et renvoie une image déformée de la volonté du pays à s’ouvrir sérieusement au marché international.

Cette manière de douter systématiquement de tous les importateurs et de tous les exportateurs ne saurait être un programme de développement des exportations algériennes. En effet, le ministre du Commerce donne la nette impression d’être face à des vautours et aucun n’a véritablement grâce à ses yeux. L’attitude de ce membre du gouvernement consiste à faire en sorte à ce que l’Algérie achète un minimum et n’exporte que ce qu’elle produit à 100%. Il ne semble pas exister de juste milieu dans l’approche que se fait Ahmed Saci de sa mission.

A terme, le marché national sera dégarni, l’inflation risque de passer à deux chiffres, sans que cela n’ait un impact sérieux sur l’appareil de production nationale. Bref, Saci cherche à maintenir coûte que coûte le «trésor» du pays qui finira de toute façon par être consommé, dans la douleur d’une économie moribonde et d’un commerce instable et sans direction.

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