L’action du gouvernement est soutenue principalement par les tenants du « socialisme de...

L’action du gouvernement est soutenue principalement par les tenants du « socialisme de la mamelle » (opinion)

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Les méthodes autoritaires, bureaucratiques du passé, sans concertation ou dialogue avec l’ensemble des composantes de la société, ainsi que les politiques périmées des années 1970 sont suicidaires pour le pays. 

Les différentes composantes de notre société, les forces sociales et politiques qu´elle recèle, les intérêts particuliers et ceux de la collectivité nationale, les acteurs connus ou méconnus de drames terribles, sont aujourd´hui puissamment interpellés et mis devant leurs responsabilités historiques. En vidant définitivement une querelle qui a fini par un passé récent (1990-1999) de manière tragique et avait mis quasiment le pays à genoux, ils doivent concourir ensemble au retour de la paix, de la concorde et de la stabilité. Il s´agit là de l´unique voie pour les Algériens de transcender leurs différends, de vaincre la haine et les peurs qui les habitent, d’exorciser leurs démons, de trouver de nouvelles raisons de vivre harmonieusement ensemble et de construire le destin exceptionnel que de glorieux aînés de la génération du 1er novembre 1954 ont voulu désespérément pour eux.

En ces moments de tensions géostratégiques dans la région et de tensions budgétaires inévitables entre 2017 et 2020, l’Algérie a besoin de rassembler tous ses enfants dans leur diversité. C´est le sens profond de ce message animé seulement par la raison et le patriotisme. Tout en relevant effectivement d´une problématique complexe, cette entreprise est, sans exagération aucune, une œuvre de survie nationale et un acte de courage lucide, de générosité raisonnée et d´espoir mérité. Car des défis importants attendent l´Algérie, principalement ceux d´une transition véritable qui doit voir la poursuite de la stabilisation macro-économique, la mise en œuvre de véritables réformes structurelles et la modernisation de notre système politique pour renouer avec le développement et la démocratie.

Aujourd´hui, nous n’avons droit ni à l´échec ni aux tergiversations. Nous n´avons d´autre choix que celui de mobiliser l´ensemble de nos ressources, surtout humaines. Le choix des hommes renvoyant à la moralisation de la société et devant éviter les règlements de comptes inutiles, sera déterminant en ce XXIème. Les méthodes autoritaires, bureaucratiques du passé, sans concertation ou dialogue avec l’ensemble des composantes de la société, ainsi que les politiques périmées des années 1970 sont suicidaires pour le pays.

Il s’agit de lever concrètement les contraintes d’environnement au milieu des affaires afin de mettre fin au statu quo que je définis comme l´inertie par autosatisfaction. L’objectif stratégique est de traduire en termes concrets nos potentialités, pour être en mesure de relever avec succès les défis innombrables qui nous sont lancés par le monde moderne, à l’aube de la quatrième révolution économique mondiale fondée sur les nouvelles technologies et le défi écologique.

L’Algérie connaît en 2017 la paix et la stabilité et il faut rendre un hommage à l’Armée nationale populaire (ANP) et à nos forces de sécurité. Il existe un lien dialectique entre développement et sécurité. Sans véritable développement, il y a un risque de tensions sociales qui engendrent l’insécurité. Cependant, restent d’autres défis qui sont autant de préalables à une entreprise plus grande : la transformation profonde de l´Algérie, en tant que société et que nation, et sa projection dans un avenir que les grandes nations préparent aujourd´hui avec la plus grande rigueur : un partenariat de choix avec les puissants de ce monde et une position de « pivot » dans l’espace géopolitique africain et dans l´environnement géopolitique euro-méditerranéen.

Notre peuple trouvera sans nul doute les ressources morales et psychologiques qui lui permettront, comme il l’a fait maintes fois face à l´adversité, de transcender avec dignité et honneur les rancunes et les haines tenaces. C´est pourquoi, comme je l’ai démontré dans des interviews au quotidien américain American Herald Tribune (publiée le 28 décembre 2016) et au quotidien financier français La Tribune.fr (publiée le 7 mai 2017), je tiens à considérer que la stabilité de l’Algérie, acteur stratégique de la stabilité de toute la région, est un passage obligé vers la reconquête de notre cohésion nationale et la construction d´un front intérieur solide et durable en faveur des réformes politiques et socio-économiques face aux enjeux des nouvelles mutations mondiales dans les domaines militaires, sécuritaires, politiques, économiques, sociaux et culturels.

Pour conclure, face aux tensions actuelles, je constate malheureusement, avec de nombreux observateurs internationaux, que les actions menées par le gouvernement actuel sont soutenues en majorité par les tenants du « socialisme de la mamelle » rêvant d’un retour à la gestion étatiste bureaucratique du passé, au monopole source de rente, de pénuries et de corruption comme dans els années 1970-1990, en marginalisant le secteur privé productif. Un tel retour serait suicidaire pour le pays et étoufferait ses énergies créatrices. Il donnerait une image négative de l’Algérie auprès des partenaires étrangers et découragerait tout investisseur potentiel, qu’il soit étranger ou local.

Le retour à la confiance, sans laquelle aucun développement n’est possible, surtout avec les tensions budgétaires actuelles, implique une concurrence saine et loyale et donc un changement de l’actuelle politique économique, déphasée par rapport tant aux réalités nationales que mondiales.

Dr Abderrahmane Mebtoul
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