Enquête. Les petits secrets frauduleux des importateurs de la banane en Algérie

Enquête. Les petits secrets frauduleux des importateurs de la banane en Algérie

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En 2015, la facture de l’importation de bananes en Algérie s’élevait à 182,2 millions de dollars, en 2016 ce montant s’est élevé à 142,3 millions de dollars, en baisse par rapport à l’année 2013 où les importations avaient dépassé les 200 millions de dollars.

Algérie : Banane – Importations ($)

 

Afin de faire baisser cette dépense importante, le gouvernement a décidé de réguler et contrôler la filière d’importation de la banane en instaurant des licences d’importation pour ce fruit très prisé.

 

Après le lancement d’un appel d’offres par le ministère du commerce, le choix s’est porté sur six opérateurs qui doivent se soumettre aux conditions d’un cahier de charge se voulant rigoureux, pour l’importation d’un quota de 90.000 tonnes en 2017.

 

Les rédacteurs de ce cahier de charges ont-ils pris toutes les mesures pour contrer la fraude pour autant? A vous de voir après ce qui suit. Il faut savoir que les importateurs de bananes, afin d’éviter la taxe de rade et les surestaries, du fait de l’attente souvent longue des navires en rade, privilégient les ports d’Oran et de Ghazaouet où ils ont certaines ‘’facilités’’ leur permettant de dédouaner leur marchandise en un temps record.

 

Ils savent que moyennant paiement occulte, leur marchandise, composée de plusieurs centaines de milliers de cartons d’environ 18 kg chacun, sera débarquée rapidement à quai et permettra des rotations plus importantes, ce grâce à la prise en charge rapide de la commission de programmation des navires gérée par les syndicalistes du port.

 

Le fait d’accélérer le débarquement de cette marchandise au port évite le mûrissement de la banane dans les cales du navire, ce qui risquerait l’établissement d’un redressement douanier du fait de la non-conformité sur le poids de celle-ci.

 

En effet, il faut savoir que la banane change de poids en fonction de son degré de maturité, une fois mûre dans les entrepôts de l’importateur, elle prend jusqu’à 20% de plus sur son poids initial ! Ce qui équivaut après cinq rotations au poids d’un nouveau bateau de bananes en pur bénéfice pour l’importateur… très peu de personnes le savent.

 

Certains importateurs de bananes usent d’un autre procédé connu par seulement quelques initiés pour multiplier leurs gains. Ils demandent à leur fournisseur de leur livrer deux qualités et gabarits de bananes différents, ils disposent en surface de cartons la banane de qualité payée plus chère, et en dessous, ils placent la banane de qualité et gabarit inférieurs, acquise à un prix moindre par à la première.

Seulement, ils se gardent bien de détailler ces deux qualités sur la facture d’achat qu’ils présentent à leur banque, ce qui leur permet de transférer à l’étranger un montant plus important basé sur le prix de la banane de qualité réputée plus chère.

Ainsi, les consommateurs payeront sans le savoir, les bananes disponibles sur le marché au trois quart de moindre qualité au prix de celles de bonne qualité. Il y aurait ainsi une fausse déclaration en douane, un transfert illégal de devise et certainement plusieurs autres infractions que les services concernés pourront déterminer. Les douanes, les services de contrôle au niveau de nos ports, la DCP ne peuvent ignorer ce que nous vous avons ici décrit, il suffit aux enquêteurs des services concernés de se pencher sur les dossiers d’importations de la banane pour dresser un état des pertes pour le fisc, et au ministère du commerce de durcir les conditions de contrôles et de suivi de la banane sur le cahier de charge cadrant l’importation de la banane en Algérie.

 

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