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Le ministère du Commerce ordonne leur libération sans délai Marchandises bloquées : qui va réparer le préjudice ?

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“Le blocage va engendrer de grosses pertes financières aux entreprises”, a dénoncé un opérateur. Le ministère du Commerce vient d’ordonner la libération, sans délai, des marchandises importées avant l’instauration du régime des licences et qui sont en souffrance dans les zones sous douane. Une instruction, à caractère urgent, a été adressée à la Direction générale des Douanes.

Par ailleurs, les banques commerciales viennent d’être destinataires d’une nouvelle note de l’Association des banques et des établissements financiers (Abef), leur enjoignant de domicilier les importations dont les documents prouvent la commande de la marchandise avant l’instauration du régime de licences d’importation. Avec cette décision, le ministère du Commerce vient de soulager un nombre important d’opérateurs qui se sont retrouvés dans une situation, à la limite, kafkaïenne.

En effet, la précipitation dans la mise en œuvre des licences d’importation par les structures compétentes au niveau du département du Commerce et des Douanes a créé un imbroglio qui a fait que des importateurs ont vu leurs marchandises bloquées aux ports parce qu’ils n’avaient pas de licence d’importation, alors que les commandes ont été passées et reçues bien avant l’obligation faite à ces produits de satisfaire à l’obtention d’une licence. Joint par téléphone, un opérateur, concerné par ces blocages, se réjouit de cette décision, mais dit attendre dimanche (demain) pour voir ce qu’il en est sur le terrain.

Il déplore, néanmoins, l’impact de cette situation sur la vie des entreprises et, plus généralement, sur la vie économique du pays qui est fortement ressenti.“Cela fait plus d’un mois que nous frappons à toutes les portes, mais sans résultat”, explique-t-il, ajoutant que cela a engendré des grosses pertes financières aux entreprises, d’autant que dans le lot des marchandises bloquées, il y a des produits périssables.

Donc, c’est une perte sèche pour les opérateurs. Notre interlocuteur ne doute point que les opérateurs tenteront de répercuter ces pertes sur les prix des produits sur le marché.

Décodé, cela veut dire une augmentation des prix de ces produits sur le marché local. Avec moins de précipitation et plus de cohérence, les pouvoirs publics auraient pu faire l’économie de cette polémique qui vient s’ajouter aux nombreux cas qui se sont manifestés depuis l’instauration des licences d’importation. En effet, le processus de mise en œuvre des licences d’importation a mal démarré. Juste deux mois après leur institution, le marché a enregistré une pénurie de ciment et un blocage des importations de véhicules.

La situation du secteur de l’automobile est édifiante, puisque les licences d’importation ne sont toujours pas débloquées. Cette situation a mis en difficulté le secteur automobile. Certains concessionnaires ont déjà réduit leurs effectifs. Également, la polémique sur l’importation des aliments de bétail. Les importateurs, à tort ou à raison, ont tiré la sonnette d’alarme sur l’éventualité d’une crise imminente née de la mise en place de licences d’importation des intrants avicoles nécessaires à la fabrication d’aliment de bétail.

Par ailleurs, la décision du gouvernement de suspendre l’importation de plusieurs produits alimentaires et industriels a généré des craintes chez l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab) qui a estimé que cette mesure prive, en effet, les producteurs de boissons de matières premières nécessaires au fonctionnement de leurs usines. La limitation par l’Algérie des opérations d’importation tous azimuts a fait réagir même l’Union européenne qui avait exprimé ses réserves et des critiques sur le système des licences d’importation.

On évoque, même, des chancelleries étrangères à Alger qui se font l’écho de fournisseurs de leur pays. Ces derniers s’inquiètent de la résiliation de contrats avec des opérateurs algériens sans préavis, à cause justement de l’instauration des licences d’importation.

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