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Un hommage lui a été rendu hier à Bouira: Ali Zamoum, un Algérien complet

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La maison de la Culture de Bouira et l’association Tagmatt ont rendu, hier, un vibrant hommage au grand moudjahid et militant Ali Zamoum et à ses deux frères qui sont tombés au Champ d’honneur, à savoir le colonel Si Salah et Ferhat

. L’hommage a eu lieu à l’occasion du 61e anniversaire de la tenue du congrès de la Soummam, la Journée du moudjahid. Les amis d’Ali Zamoum, sa famille et d’anciens combattants de l’ALN ayant servi sous les ordres du colonel Si Salah dans la Wilaya 4, à l’instar du commandant Lakhdar Bouragaâ, étaient tous présents pour parler de cette famille qui s’est sacrifiée pour l’indépendance de l’Algérie. Akli Ali Mouh, un ami de longue date d’Ali Zamoum, dira que l’homme était un «humaniste», une «école», «un militant sans parti» et «un ami des pauvres et des damnés». «Ali Zamoum est un algérien complet. Il était à la fois le Kabyle, l’Algérois, le Constantinois, le Sétifien, le Targui, l’Oranais, etc. A chaque fois qu’il en avait l’occasion, il se montrait à la hauteur. Il pouvait être à la place de n’importe quel Algérien. C’était un humaniste, dans le sens où il ne pouvait pas avoir de la haine ni de la rancune dans son cœur», témoigne Akli Ali Mouh, qui était aussi membre de l’association Tagmatt avec Ali Zamoum. Il faut souligner que ce dernier était président de l’association Tagmatt jusqu’à sa disparition le 28 août 2004. Ainsi, l’auteur de Tammurt Imazighen était un militant mais sans pour autant adhérer à un quelconque parti politique. Avec son association il a œuvré à aider les pauvres, les démunis et les personnes malades. Il aimait le peuple. Après avoir consacré sa jeunesse, aux côtés de Krim Belkacem, dans les maquis de Kabylie, pour prépararer le déclenchement de la lutte armée, Ali Zamoum a continué son combat après l’indépendance mais en vouant sa vie au service de l’autre. Il était le citoyen intègre et modèle. «Il était le militant sans parti. La politique pour lui était d’abord le peuple. Il était une école», ajoute Akli Ali Mouh. À un agent chargé de l’enquête pour la création de l’association Tagmatt qui voulait savoir à quel parti appartenait Ali Zamoum, ce dernier lui avait répondu, raconte M. Zordani, qu’il avait quitté le FLN, le vrai, en 1962. Plusieurs amis ont tenu à témoigner qui était Ali Zamoum. Pour sa veuve, Nna Louiza, Ali Zamoum était très actif et il n’arrêtait pas de sillonner la Kabylie pour mobiliser et sensibiliser les populations sur la nécessité d’une lutte armée. «J’avais 13 ans quand je me suis mariée avec lui en 1952. C’est un homme qui ne s’arrêtait pas de se déplacer d’une région à une autre. De jour comme de nuit. À la maison, il ne rentrait jamais seul. Il était souvent accompagné de ses amis, Ali Mellah, Si Mouh Touil, etc. Il était tout le temps en activité. Il faisait un travail de mobilisation et de sensibilisation pour la cause nationale. C’est ce qu’il avait fait avec ses amis qui a abouti au déclenchement de la guerre de libération en 1954», a souligné Nna Louiza. «Je remercie tout le monde d’avoir rendu un hommage à Ali Zamoum. Mais je tiens à souligner qu’ils n’ont fait que leur devoir», ajoute-t-elle. De son côté, l’ancien l’officier de l’ALN, Lakhdar Bouragaâ, est revenu longuement sur l’affaire dite Si Salah, ou l’affaire de l’Elysée. Dans son intervention, M. Bouragaâ a insisté sur le fait que le colonel Si Salah n’a jamais été l’instigateur de la rencontre avec le général de Gaulle à l’Élysée. En revanche, selon Lakhdar Bouragaâ, le colonel Si Salah avait expliqué au général de Gaulle, qui était aussi le président de la république, que s’il voulait négocier un projet de paix, il devait passer par les cinq représentants du Gouvernement provisoire chargés de l’extérieur ou des dirigeants qui étaient en Tunisie. Pour ce qui est du congrès de la Soummam, Lakhdar Bouragaâ estime qu’il a sauvé la guerre et que durant les 22 premiers mois de la Révolution, c’était l’ambiguïté la plus totale. «Le congrès de la Soummam était le deuxième 1ier novembre 1954», dit-il. Cependant, l’ancien officier de l’ALN estime que ce congrès avait ses points faibles, notamment l’absence de coordination entre les wilayas historiques.

Ali Cherarak

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