Exportations algériennes : Les hydrocarbures toujours en solo

Exportations algériennes : Les hydrocarbures toujours en solo

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Le déficit commercial de l’Algérie continue de reculer. Pour les sept premiers mois de 2017, il affiche un montant de 6,17 milliards de dollars contre 10,61 milliards de dollars sur la même période de 2016, soit une baisse de 42%, selon le Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes (Cnis).

Cette baisse est le résultat de la hausse des recettes des exportations, tirées quasi exclusivement par les hydrocarbures. Ce secteur a pu bénéficier de la reprise des prix du pétrole pour peser considérablement sur la balance commerciale, après avoir porté les recettes des exportations à 20,71 milliards de dollars (mds usd) sur les sept premiers mois de l’année 2017 contre 16,55 mds usd sur la même période de 2016 (+25,06%), selon la même source.
A elles seules, les ventes algériennes en hydrocarbures se sont établies à 19,61 mds usd contre 15,53 mds usd sur la même période de 2016, soit une hausse de 26,25% et un taux de 94,71% du volume global de global des exportations.

Même avec une hausse de 6,93%, les recettes hors-hydrocarbures restent, quant à elles, toujours insignifiantes, avec un total de 1,09 mds usd, soit un taux de 5,29% du volume global des exportations effectuées durant cette période de référence.
Les exportations hors hydrocarbures, précise le Cnis, sont composées des demi-produits avec 786 millions usd (contre 782 millions usd), des biens alimentaires avec 219 millions usd (contre 159 millions usd), des produits bruts avec 40 millions usd (contre 45 millions usd), des biens d’équipements industriels avec 40 millions usd (contre 29 millions usd) et les exportations des biens de consommation non-alimentaires avec 11 millions usd (contre 10 millions usd).

Si les exportations de l’Algérie ont fortement augmenté entre janvier et juillet 2017, la facture de ses importations a été délestée de tout juste 170 millions de dollars, passant de 27,17 mds usd à 26,87 mds usd. Ce qui reste loin, très loin, des résultats escomptés par la politique mise en place par les pouvoirs publics pour alléger réellement la facture en devises du pays, notamment à travers les licences d’importation. Ce mécanisme, introduit en 2016, aura d’ailleurs servi plus à créer la polémique et la confusion dans de nombreux secteurs concernés qu’à venir à bout de l’érosion de la monnaie forte dont pâtissent les caisses de l’Etat.

Entre-temps, la hausse des recettes générées par les hydrocarbures continue à couvrir les importations, sans pour autant pouvoir le faire comme au temps où le pétrole culminait à plus de 100 dollars le baril et donnait droit à un déficit commercial positif. Pour les sept premiers mois de 2017, le taux de couverture des importations par les exportations a, certes, augmenté lui aussi, passant de 77 % contre 61 % à la même période de l’année précédente, mais ce taux démontre que les recettes des exportations ne suffisent plus pour assumer les dépenses effectuées pour les besoins des importations, même si celles-ci ont subi de nombreuses coupes budgétaires.

Baisse des importations, le compte est encore loin
Des baisses ont été constatées sur le registre des importations, ajoute la même source, touchant certains groupes de produits tels les demi-produits ( -9,26%) en s’établissant à 6,22 mds usd contre 6,85 mds usd, les biens d’équipements industriels (-5,10%) en s’établissant à 8,41 mds usd contre 8,86 mds usd et les produits bruts (-3,85%) en s’établissant à 898 millions de dollars contre 934 millions de dollars durant les sept premiers mois de 2016.

Par contre, une hausse des importations a été enregistrée pour d’autres groupes de produits, relève encore la Douane, notamment pour les biens d’équipements agricoles (+39,07%) en s’établissant à 388 millions de dollars contre 279 millions de dollars, les énergies et lubrifiants (+20,72%) à 938 millions de dollars durant les sept premiers mois de 2017 contre 777 millions de dollars durant la même période de 2016.
S’agissant des produits alimentaires, les importations ont connu une hausse de l’ordre de 10,13% en s’établissant à 5,17 mds usd contre 4,7 mds usd, alors que celles des biens de consommation non-alimentaires ont enregistré une hausse de 1,77%, en atteignant 4,84 mds usd contre 4,75 mds usd à la même période de l’année précédente.

Sur les 26,87 mds usd des biens importés durant les 7 premiers mois de 2017, un montant global de 16,31 mds usd a été payé par cash (60,7% des importations globales), en hausse de 3,23 % par rapport à la même période de 2016. Les lignes de crédit ont financé les importations à hauteur de 35,93% pour un montant de 9,65 mds usd (en baisse de 6,02 %), tandis que les comptes en devises propres y ont participé à hauteur de 6 millions usd (contre 2 millions usd par rapport à la même période de comparaison), soit 0,02% de l’ensemble du financement des importations.
Le reste des importations a été financé par le recours à d’autres moyens de paiement à hauteur de 904 millions usd (3,36% des importations), en baisse de 17,37 %.

A noter que l’Italie s’est classée en tête des clients de l’Algérie pour les sept premiers mois de l’année en cours avec 3,5 mds usd (16,9% des exportations globales algériennes), suivie de la France avec 2,60 mds usd (12,55%), l’Espagne avec 2,32 mds usd (11,23 %), les Etats-Unis avec 2,09 mds usd (10,11 %) et le Brésil 1,39 mds usd (6,74%). Sur la liste des principaux fournisseurs de l’Algérie, la Chine a conservé la première position avec 5,21 mds usd (19,40 % des importations globales algériennes), suivie de la France avec 2,35 mds usd (8,77%), l’Italie avec 1,98 mds usd (7,37%), l’Allemagne avec 1,84 mds usd (6,85%) et l’Espagne avec 1,75 mds usd (6,53%).

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