Les infrastructures attendent toujours un statut juridique: Quid des Auberges de jeunesse...

Les infrastructures attendent toujours un statut juridique: Quid des Auberges de jeunesse en Algérie ?

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C’est un instituteur allemand du nom de Richard Schirrman qui en a eu l’idée. Il a fait sortir ses élèves de la zone industrielle pour les amener dans les collines boisées de la campagne de la vallée de la Ruhr, effectuant ainsi le premier pas vers «l’enseignement en plein-air», et ses randonnées pédestres duraient 8 jours. En 1909, il concevra le principe des «Auberges de jeunesse» et obtient le droit d’utiliser les écoles inocupées pendant les vacances. Un mouvement venait de naître : l’ajisme. La première auberge de jeunesse (AJ) permanente dans le monde a été aménagée dans le château d’ALTENA (Westphalie) en Allemagne, pour remplacer «l’auberge» temporaire située dans l’école de Schirrman, qui crée avec Wilhem Munker la 1ére association des AJ en 1919. «Comme nous ne pouvons pas transporter la campagne avec ses forêts, ses champs et ses prés… dans les villes étroites, il ne nous reste pas autre chose à faire que de rejoindre la nature dans le jardin de Dieu, et aller voyager à l’air libre ! Il faut commencer par la jeunesse qui va à l’école….» Cet appel de Schirrman est entendu et traverse toute l’Europe. Et, chemin faisant, le mouvement s’étend même au-delà. Les jeunes voyageurs peuvent trouver ainsi de plus en plus de gîtes où ils pouvaient rencontrer d’autres jeunes de différents horizons. Mais la seconde Guerre mondiale est déclenchée et ce n’est qu’en 1945 que le mouvement renait de ses cendres avec la fondation de la Fédération internationale des Auberges de jeunesse (International youth hostel federation) qui devient un mouvement internationaliste touristique mixte socioculturel indépendant et démocratique.De nos jours, en plus des jeunes, les familles constituent une clientèle apparue récemment dans les AJ, attirées par les prix qui y sont pratiqués et les règlements moins rigides. Les dortoirs sont transformés en chambres et des espaces de restauration et cafeterias y sont aménagés. Le tourisme associatif propose aux jeunes et moins jeunes une découverte à la fois de qualité, à visage humain et intelligent. Les « ajistes » d’un jour reviennent toujours, mais avec leur familles, vu le caractère unique des AJ, seul réseau mondial de relais de tourisme pour jeunes, qui les oblige à être toujours meilleurs et fidèles à leur philosophie. Pour adhérer à ce réseau, il suffit de se présenter dans n’importe quelle AJ, où une carte internationale d’adhérent vous sera délivrée contre 150 dinars seulement. Le prix des nuitées varie entre 400 et 500 dinars. Jeunes et moins jeunes peuvent aller à la découverte de leur pays ! Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, plus de 200 AJ nouvelles (3e réseau Mondial) rivalisent avec les hôtels. Le monde change, les Auberges de jeunesse aussi, non seulement en Europe, mais même en Algérie. Mais avant de partir, il faut s’assurer qu’il y a de la place !Cependant, qu’en est-il de la gestion de ces infrastructures ? Après la suspension de la Fédération algérienne des auberges de jeunesse (Faaj) en 2004 pour non mise en conformité par rapport à la loi 90/31, bien que des statuts aient été rédigés et approuvés par son assemblée générale à Blida, mais non déposés par le Président qui s’était engagé en réunion du Bureau à le faire suite aux deux déplacements infructueux avec le secrétaire général au ministère de l’Intérieur, les AJ ont végété jusqu’en janvier 2014. Elles seront réactivées par un groupe de directeurs d’Auberges de jeunesse qui se réclament fondateurs, à l’initiatives du ministère de la Jeunesse et des Sports, leur tutelle, mais sans faire appel à la mémoire de ceux qui ont fondé le réseau en Algérie et tout fait pour que de nouvelles AJ telles qu’on en trouve aujourd’hui soient réalisées pour ne rien envier aux autres pays. Une dynamique s’était instaurée avec la tutelle puisqu’ en 2000, il était déjà question de la classification des AJ et le symbole retenu serait le palmier, arbre symbolique de notre pays. Mais ce projet rédigé, discuté et approuvé est resté dans les tiroirs des responsables du ministère jusqu’en 2016. C’est grâce à l’actuel ministre qu’il en ressortira pour être signé et publié en 2016. Mais une question demeure et tout le monde se demande aujourd’hui au sein même du réseau ce que sera le statut juridique et la gestion financière des Auberges de jeunesse en Algérie. La croissance du réseau exige une gestion de plus en plus professionnelle de la Fédération ainsi qu’une excellente communication avec et entre les associations membres ainsi que les personnels des AJ. Le rôle de chaque acteur et intervenant doit être défini (MJS-ODEJ-FAAJ-AJ). Il doit être établi clairement ce que chacun attend de l’autre et quel doit être le rôle de chacun (ministères et ses directions de wilayas, ODEJ- AJ-Fédérations et organisations). A ce jour, la FAAJ semble marcher tel un somnambule vers un avenir d’opportunités perdues et de graves instabilités potentielles. De plus les partenaires directs s’attachent actuellement à contenir les auberges de jeunesse plutôt que de résoudre les problèmes sous jacents. Le maintien du statu quo risque d’exposer la Fédération non seulement à une sous performance, mais également à l’agitation, voire à des conflits d’intérets. Un programme de mesures est nécessaire fondé sur la réalité et consistant en des mesures permettant de remédier à cet amalgame. Cela ne sera pas chose aisée, d’autant plus qu’il existe un véritable fossé entre les directeurs d’Auberges de jeunesse et les directeurs d’ODEJ des wilayas qui soulèvent certaines interrogations quant à la bonne compréhension de la mise en application du rattachement des auberges à leur Établissement de wilaya.  Aussi un groupe de travail, d’anciens et sympathisants, guidés par le seul intérêt des AJ, devrait être mis en place par la tutelle et s’engager dans une entreprise de sauvegarde dont l’unique crédo serait la préservation de la Faaj. Ce défi demeure à la portée pour peu que toutes les bonnes volontés s’unissent.

A.K.

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