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Mohamed Yaddadène, consultant et ancien manager en automobile : «Un projet automobile nécessite entre 5 et 10 ans»

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On n’en finira pas d’en parler. L’industrie automobile est prise entre le marteau d’un nécessaire développement et l’enclume de controverses cumulées ces dernières années. Lors de la passation de consignes, officialisant sa prise de fonctions, le ministre Yousfi refuse toute approximation : «L’industrie automobile doit être une partie intégrante des industries nationales ». Usines de montage, taux d’intégration, nouveau cahier des charges, pièces de rechange…

Où en sommes-nous réellement ? A cette question, Mohamed Yaddadène, consultant et ancien manager en automobile, dira d’emblée que l’édifice industriel, que l’Algérie compte mettre en place, ne doit pas être un géant aux pieds d’argile. D’où sa demande incessante de faire appel à toutes les compétences nationales. A commencer par les concessionnaires. Pour lui, nos responsables n’ont pas pu faire le distinguo entre vitesse et précipitation. Certaines décisions ont été prises à tout-va. Et ce n’est qu’après qu’on se rend compte des erreurs commises.

Préconisant une certaine discipline et pragmatisme, M. Yaddadène juge qu’un «projet automobile nécessite entre 5 et 10 ans». Interrogé sur les usines de montages installées, le consultant, joint au téléphone, qualifie d’inadmissible que des produits montés localement coûtent plus chers que ceux importés.

Il y a anguille sous roche. D’autre part, notre vis-à-vis rebondit sur les licences d’importation de
25 000 véhicules neufs, qui seraient octroyées pour une quarantaine d’opérateurs, dès demain, expliquant qu’on est devant un retard considérable. Une situation non sans conséquences. D’autant plus qu’elle pénalise tous les acteurs du marché, à savoir, les concessionnaires, les clients algériens. Et M. Yaddadène d’ajouter : «Le marché est déstabilisé suffisamment pour continuer à retarder les échéances de ces licences, même si les volumes demeurent faibles par rapport aux besoins du marché. »

A se fier à ses dires, si les licences seront octroyées rapidement, les premiers arrivages aboutiront entre novembre et décembre. Quant à la situation des concessionnaires, le consultant dit haut et fort que cette catégorie continue à subir la situation vécue ces dernières années avec tous les changements intervenus, la baisse des volumes… et leurs différents corollaires. Soumis à une forte pression durant l’année 2016, les concessionnaires tentent de regagner un peu du terrain perdu et de se prémunir des critiques à venir, notamment celles relatives aux prix.

Pour 2017, ils ont annoncé une augmentation des prix, laquelle viendra s’ajouter au renchérissement important déjà enregistré depuis une année. Le président de l’Association des concessionnaires, Sofiane Hasnaoui, avait annoncé qu’il faudra s’attendre à une augmentation des prix des véhicules automobiles de 15 à 20% en 2017. Cette hausse, argumentait-il, est le résultat conjugué de plusieurs facteurs : glissement du dinar, baisse de l’activité et nécessité de redéploiement induite par le bouleversement du marché.

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