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Affaire de la tarika karkariya apparue à Mostaganem: Le ministère des Affaires religieuses ouvre une enquête

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À travers les différents témoignages des imams locaux et certains islamologues locaux, ces adeptes sont venus du Maroc et plus précisément de la région du Rif où ils possèdent leur “base”, une sorte de sanctuaire.

À la veille de la célébration de l’Aïd el-Adha et tandis que les responsables locaux des affaires religieuses sont plongés dans la préparation du hadj, le paysage culturel local et national a été particulièrement perturbé par l’apparition de “drôles de personnages” à Mostaganem avec des accoutrements bariolés et aux pratiques religieuses intrigantes. C’est sur les réseaux sociaux et principalement Facebook, que l’opinion publique a eu connaissance de ce phénomène appelé “tariqa karkariya” dans la wilaya de Mostaganem.

Un buzz énorme s’en est suivi et de multiples vidéos et photos ont inondé la Toile et les pages consacrées aux informations sur la région mostaganémoise surtout que ces membres ne passent guère inaperçus avec leurs vêtements multicolores appelés mouraqa’a (vêtements rapiécés).

Certains internautes se sont interrogés sur le pourquoi de l’inaction des services de sécurité à ce propos. Nous sommes d’abord allés à la recherche de l’origine de la provenance de ce groupe d’adeptes de cette “tariqa karkariya” et le pourquoi du choix de la wilaya de Mostaganem afin d’éclairer nos lecteurs à ce sujet. À travers les différents témoignages des imams locaux et certains islamologues locaux, ces adeptes sont venus du Maroc et plus précisément de la région du Rif où ils possèdent leur “base”, une sorte de sanctuaire. L’objectif des membres de cette confrérie n’est pour le moment pas encore bien déterminé, seule une volonté affichée de leur part de faire le tour des zaouïas algériennes est clairement visible.

Cependant, les autorités locales craignent qu’un autre plan plus sournois et inavoué se cache derrière cette procession. La “tariqa karkariya” est présentée par ses adeptes comme une voie de l’éducation spirituelle qui a pour objectif de faire parvenir le serviteur à la station de l’Ihsan pour qu’il puisse alors se réaliser dans l’adoration et la vision. “Que tu adores Allah comme si tu le voyais”, cité dans le livre de Sahih al-Bukhari, dans le cheminement (suluk) et la connaissance divine (ma’rifa) jusqu’à ce que toute la vie du serviteur soit uniquement pour Allah (lilah). Mardi dernier, nous avons recueilli la version du directeur des affaires religieuses et des waqfs de la wilaya de Mostaganem, Djamel Hadjar, qui, d’emblée, nous indiquera avoir reçu, dans la matinée de la même journée, deux fonctionnaires relevant de son secteur directement impliqués dans l’affaire afin d’entendre leur version.

Il s’agit, en effet, d’un imam agréé et d’un muezzin recruté dans le cadre du préemploi de l’Anem, et officiant tous les deux dans une mosquée de la commune de Benabdelmalek-Ramdane relevant de la daïra de Sidi Lakhdar. L’imam en question avait diffusé une vidéo appelant à l’adhésion à cette tariqa et avait invité les représentants de ce groupuscule établi dans le royaume chérifien à venir en Algérie. “Une enquête a été ouverte mardi par le ministère de tutelle et nous avons saisi le conseil scientifique islamique local au niveau de la direction des affaires religieuses et des waqfs afin de trancher le cas de cette nouvelle tendance”, nous a confirmé M. Hadjar. “Parallèlement à cela, j’ai rédigé mon rapport sur
cette affaire et je le transmettrai dans les plus brefs délais au ministère des Affaires religieuses et des Waqfs”, a-t-il ajouté.

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