El-Aouana (JIJEL) Moukoufa, un village coupé du reste du monde

El-Aouana (JIJEL) Moukoufa, un village coupé du reste du monde

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Cela fait plusieurs décennies que les habitants de Mechta Moukoufa, relevant de la commune d’El-Aouana, vivent le calvaire. Ce village qui a vu naître des martyrs de la guerre de la Révolution nationale est victime de l’indifférence des autorités locales, notamment en ce qui concerne l’électrification rurale. “Nous vivons dans l’obscurité depuis plus de 54 ans, nous avons sollicité les autorités locales ainsi que les élus d’El-Aouana à maintes reprises. En vain”, s’indigne un habitant. Selon notre interlocuteur, cette situation “critique” s’est répercutée sur la santé de leurs enfants qui utilisent des bougies pour réviser leurs cours. En effet, ce village, perché au sommet des monts d’El-Aouana, allait être raccordé au réseau électrique au début des années 1990, mais le projet a été interrompu suite à la situation sécuritaire et la menace des groupes islamistes qui ont fait fuir les habitants du village, a- t-on expliqué.
Depuis, le village Moukoufa, dit El-Aourta, est resté sans électricité, ce qui a poussé beaucoup d’entre eux à l’exode. Par ailleurs, des sources au fait du dossier nous ont fait savoir que les habitants du village en question ne sont pas si nombreux, ajouter à cela, l’éparpillement des maisons qui constituent ce village. “Si les maisons étaient rassemblées dans un seul endroit comme les autres villages, le raccordement en électricité serait plus ou moins facile, malheureusement la distance entre les maisons est assez importante, sans oublier que beaucoup de villageois n’y habitent plus tandis que d’autre ne viennent que pour la journée, on se retrouve alors face à un village pratiquement désert”, explique-t-on.
Un autre problème qui pénalise les habitants est l’absence de transport public. En effet, même si la route reliant Moukoufa à El-Aouana Lakdima (ancienne Aouana) et la RN43 a été récemment aménagée pour faciliter la circulation automobile, les habitants n’en profitent pas pour autant. Aussi, se déplacent-ils à pied, ou en faisant du stop dans le meilleur des cas. Il va sans dire que beaucoup reste à faire dans cette bourgade coupée du monde, à commencer par l’énergie électrique, l’eau potable, le transport, une école primaire, un centre de santé et bien d’autres commodités qui redonneraient vie à cette région.

Rayan MOUSSAOUI

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