Transactions commerciales : demain, une société sans cash ?

Transactions commerciales : demain, une société sans cash ?

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TSA
Transactions commerciales : demain, une société sans cash ?

Dans un contexte où l’argent liquide est accusé de tous les maux (fraude, financement du terrorisme), de plus en plus d’observateurs nous promettent sa disparition prochaine. Ce n’est pas Cyril Chiche, président de la start-up française Lydia et co-créateur de l’application de paiement mobile éponyme, qui dira le contraire. « On est en train de tendre vers ce modèle. Les espèces coûtent une fortune à sécuriser. Les grands commerçants les détestent, et le grand public déteste quant à lui les distributeurs de billets », analyse-t-il pour TSA.

Payer ses courses, le médecin ou rembourser ses dettes via son smartphone

Si la monnaie reste toutefois majoritaire comme moyen de paiement (un paiement sur deux est encore réalisé en cash en France et seulement 14% des Français souhaitent la disparition des espèces…), l’innovation technologique la rend toutefois de plus en plus obsolète. Lancée en 2013 dans l’Hexagone, « Lydia » permet de payer ses courses ou de rembourser ses dettes à un ami avec son smartphone. Quatre années après son lancement, Lydia revendique un million d’utilisateurs, selon Cyril Chiche.

Facile à installer – quelques minutes à peine sont nécessaires à la création d’un compte (un numéro de téléphone et un mot de passe sont demandés) et à l’enregistrement d’une ou de plusieurs cartes bancaires, l’application de paiement mobile est surtout plébiscitée par les jeunes : 70% des utilisateurs ont entre 18 et 30 ans.

Toutefois, assure Cyril Chiche, Lydia est de plus en plus utilisée par de nombreux professionnels « mobiles », à l’instar « des médecins, des plombiers, des chauffeurs de taxi, ou encore des vendeurs à domicile ». Petit à petit, elle décolle aussi dans la grande distribution. Depuis juin, les 400 magasins de l’enseigne de commerces Franprix acceptent ce mode de paiement dans le but de faire gagner du temps aux clients.

Pour l’utiliser chez un commerçant (à partir de 0,50€), il suffit de saisir dans l’application le montant à régler, puis d’indiquer le code secret choisi au moment de la création du compte. Un « QR code » (un code-barres en deux dimensions) est alors émis, puis scanné par le vendeur. Lydia prélève quant à elle une commission de 0,7 à 1,5% sur les ventes.

1 000 euros de paiement maximum

Les transactions sont aussi possibles entre particuliers ou entre collègues pour rembourser un plein d’essence, une location, ou des courses. Il suffit alors d’indiquer le montant, et de rechercher le bénéficiaire -qui doit lui aussi disposer d’un compte Lydia- dans vos contacts. Pour un montant de 250€ maximum, aucun justificatif ne vous sera demandé. Au-delà (vous pouvez régler jusqu’à 1000€) il vous faudra fournir un justificatif de domicile pour prouver votre identité, et ce conformément à la réglementation bancaire.

Attention, prévient le site de l’application, seules les cartes bancaires issues des pays suivants sont acceptées : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Croatie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Monaco, Norvège, Pays Bas, Portugal, Royaume Uni, Suède, Suisse.

Développement en Europe

Si cette appli est simple à utiliser, la question de la sécurisation de leurs données bancaires demeure un sujet d’inquiétude chez beaucoup de consommateurs. Un faux débat selon le cofondateur de l’appli française. « Le plus gros risque pour vos données bancaires, c’est, par exemple, lorsque vous remettez en main propre votre carte bancaire à un serveur dans un bar pour payer ». Chez Lydia, ces informations sont sécurisées et stockées chez Payline (filiale de Crédit Mutuel Arkéea).

Utilisée en France, en Irlande et en Espagne, cette solution de paiement par mobile sera disponible à partir de début septembre au Royaume-Uni et au Portugal. Lydia n’est toutefois pas prête de s’exporter au Maghreb. « Obtenir un agrément est long et coûteux. L’avantage en Union européenne, c’est qu’il existe un agrément global nous permettant de nous développer plus facilement », précise Cyril Chiche à TSA.

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