Communiqué: quelle sortie de crise ?

Communiqué: quelle sortie de crise ?

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Les derniers événements politiques ont démontré à l’opinion publique que le Président de la République est dans l’incapacité physique et morale pour diriger le pays.

La résolution de la grave crise que traverse l’Algérie dépendra de la mise en œuvre de profondes réformes politiques et institutionnelles dont le premier acte devrait être inauguré par  l’élection d’un nouveau Président de la République.

L’exigence de l’application de l’article 102 de la Constitution

Considérant l’urgence de la situation, l’actuel Président de la République aurait dû consentir à provoquer des élections anticipées. Malheureusement, il n’est pas homme à considérer l’intérêt du pays. Le 4ème mandat en est la preuve.

Il ne reste plus que la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution pour débloquer la situation.

Cet article, (précédemment article 88) est clair et aurait dû être activé dès le mois de Mai 2013. Cependant, la nature du système politique algérien et la mainmise du Président de la République et de son entourage sur les rouages de l’ensemble des institutions ont empêché  son application.

Ce n’est pas un défaut des dispositions constitutionnelles qui est à l’origine du blocage mais l’entêtement d’une caste au pouvoir qui se considère comme la propriétaire de l’Algérie réduite au sort d’un butin de guerre.

Aujourd’hui, seul le peuple, en théorie souverain mais en pratique asservi par le régime, qui est en devoir moral de reprendre son destin en main. C’est l’avenir de la nation qui est en jeu.

C’est au peuple d’exiger l’application de l’article 102. Dans cette optique, Jil Jadid assumera ses responsabilités.

Un processus constituant

Le départ de M. Bouteflika sera le début d’une solution, pas la solution.

En effet, quel que soit le futur Président élu, il aura à assumer de véritables réformes de fond lors d’un mandat qui devrait être voué à la transition du système actuel vers l’édification d’un véritable Etat de droit.

Considérant le délabrement général des institutions actuelles et des outils juridiques en cours, le Président élu devra engager en premier lieu, un processus constituant, sous forme d’un large dialogue avec la classe politique et la société civile et qui serait couronné par l’institution pour une durée de 6 à 12 mois, d’une Conférence Nationale dont l’objet serait une nouvelle Constitution consensuelle. Le peuple serait alors appelé à un référendum pour son adoption et donner ainsi les premières fondations à une deuxième République.

La limitation des mandats présidentiels, l’institution d’une cour constitutionnelle indépendante du Président de la République, l’indépendance de la justice de l’exécutif, le rééquilibrage de la répartition des pouvoirs exécutifs et le renforcement notable des pouvoirs de contrôle de l’assemblée sur le gouvernement devraient être les réformes phares.

L’adoption de la Constitution devrait être suivie, dans l’année, par des élections législatives dignes de ce nom, sous l’autorité d’une commission indépendante du gouvernement. La nouvelle Assemblée Nationale serait alors chargée de concevoir l’arsenal juridique adaptée aux nouvelles dispositions constitutionnelles.

Le déroulement de ce programme nécessitera 2 à 3 ans à partir de l’élection présidentielle.

Pour reconstruire la confiance entre les gouvernants et le peuple, il serait important que les candidats à l’élection présidentielle s’engagent à n’accomplir qu’un seul mandat qui sera alors le mandat de transition et de former un gouvernement d’union nationale.

C’est le prix à payer pour rétablir l’espoir dans le pays et offrir un nouvel horizon à notre nation.

Pour le Conseil Politique,

                                                                                  Le Président du parti,

                                                                                  Soufiane Djilali

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