Emploi: 1500 employés tricheurs débusqués à Oran

Emploi: 1500 employés tricheurs débusqués à Oran

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«Une commission d’enquête, composée d’agents de ladite institution, s’est lancée, au milieu de la semaine dernière, dans une investigation administrative.
C’est la grande arnaque ou encore la grande supercherie. Il s’agit tout simplement du marché du travail marqué par des coups orchestrés par des demandeurs d’emplois alors qu’ils sont employés ou encore ayant bénéficié des crédits financièrement soutenus par l’Etat.

En tout, ce sont 1500 jeunes qui ont arnaqué les institutions en charge de l’emploi de jeunes en bénéficiant des contrats d’emploi assumés par le dispositif de l’Agence nationale de l’emploi et de la main-d’oeuvre, Anem. Plusieurs de ces jeunes tricheurs n’ouvrent pas droit à l’assistance de ladite agence étant donné qu’ils ont, auparavant, été patrons, avant qu’ils n’échouent, en créant leurs propres entreprises dans le cadre du concept de l’Agence de soutien à l’emploi de jeunes, Ansej. Une telle information, risque de faire mal vu son impact, d’où la nécessité de l’ouverture d’une enquête judiciaire sinon tout au moins administrative.

«C’est déjà fait», a-t-on appris auprès des sources proches de l’Anem expliquant qu’«une commission d’enquête, composée d’agents, cadres et inspecteurs rattachés à ladite institution (Anem) ratisse long et large en se lançant, au milieu de la semaine dernière, dans une investigation administrative». L’enquête est simultanément menée en collaboration avec les services de la Caisse nationale de la sécurité sociale, Cnas, et la Caisse nationale des non-salariés, la Casnos. «Le but recherché est de tirer au clair une telle affaire qui n’est toutefois pas un simple fait divers», a-t-on ajouté.

C’est le comble. Dans une telle gabegie, des bénéficiaires des crédits Ansej n’ont rien trouvé de mieux à faire que de solliciter du travail en déposant leurs dossiers auprès de l’Anem en se présentant en tant que chômeurs-demandeurs d’emplois alors qu’ils ont auparavant, claqué plusieurs milliers de dinars dans le cadre du montage de leurs projets financés soutenus par l’Ansej et financés par les banques publiques. Le marché de l’emploi dans la wilaya d’Oran a explosé ces derniers temps. Il a enregistré, durant les cinq premiers mois de l’année en cours, près de 11 000 placements en dispositifs classique et d’aide à l’insertion professionnelle, soit un taux de 151% des objectifs tracés. Du mois de janvier jusqu’à mai de l’année en cours 10.953 placements ont été réalisés dont 10 048 placements dans le cadre classique et 905 dans le cadre du Daip.

Selon les responsables locaux en charge de l’emploi, ces réalisations représentent 151% des objectifs tracés pour la période citée, dépassant largement les attentes et objectifs tracés par la tutelle. «A Oran, le placement des jeunes demandeurs d’emploi a connu une augmentation de 06% comparativement à la même période de 2016», a-t-on souligné expliquant que «le secteur des services a attiré 49% des placements, l’Industrie 36%, le Btph 14% et l’agriculture 01% du nombre global de placements». La demande d’emploi a également connu une évolution sensible estimée à 08% durant la même période, enregistrant 35.300 demandeurs d’emploi.

Idem pour les hausses d’emploi qui ont aussi connu une augmentation évaluée à 12%. Les entreprises publiques et privées et étrangères, les opérateurs économiques et les employeurs en général ont, en tout, ouvert plus de 13.000 postes d’emploi. L’année 2016 a été marquée par la concrétisation des objectifs tracés, elle a été également marquée par la tricherie ambiante. Celle-ci se traduit par la résiliation de plus de 12.000 contrats de travail dans le cadre du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle. Une telle mesure a été prise dans le cadre de l’assainissement des listes de bénéficiaires de ce dispositif.

L’opération s’inscrit dans le cadre de l’application des instructions du ministère de l’Emploi, du Travail et de la Sécurité sociale visant l’assainissement des listes de bénéficiaires du Daip qui a abouti à déceler 1273 cas de fraude depuis le lancement de l’opération en 2016. La même démarche administrative a été reconduite cette année. Jusque-là elle a abouti à la résiliation de 190 contrats de travail, soit 15% du nombre global. Il s’agit de demandeurs d’emploi placés un peu partout dans des entreprises proposant des postes de travail.

Or, ces postulants, bousculant les véritables demandeurs d’emploi, cumulent plusieurs fonctions dans plusieurs secteurs. L’assainissement touche également les personnes qui occupent des postes d’emploi alors qu’ils sont bénéficiaires de crédits auprès de l’Ansej, de la Cnac et de l’Angem. Une fois la fraude découverte, le contrat est automatiquement résilié, a-t-on assuré. L’opération se poursuit.

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