Les élections locales se greffent à la rentrée sociale: Ce qui...

Les élections locales se greffent à la rentrée sociale: Ce qui pèsera dans la balance

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La présentation du plan d’action du gouvernement coïncidera avec le réveil des partis à travers le rappel de leurs troupes à deux mois d’un rendez-vous politique qui viendra clore une année électorale assez remplie.

Un peu plus de six mois après les élections législatives, les électeurs algériens voteront pour les locales. La convocation du corps électoral par le président de la République donne le ton à une rentrée sociale où le facteur politique sera très présent. La présentation du plan d’action du gouvernement coïncidera avec le réveil des partis à travers le rappel de leurs troupes à deux mois d’un rendez-vous politique qui viendra clore une année électorale assez remplie. On y aura vu une véritable refonte du système électoral, à travers une série de lois qui sont venues donner du sens à une révision constitutionnelle majeure.

Celle-ci a placé le citoyen au centre de tout enjeu politique. Les nouveaux textes législatifs et les mécanismes mis en place dans le seul but de garantir une véritable transparence de tout le processus électoral ont connu leur premier test lors des législatives. La victoire, du reste logique, des forces politiques gravitant autour du pouvoir, a quelque peu masqué le travail de la Haute Instance indépendante de surveillance des élections (Hiise). L’opposition, notamment islamiste, qui s’est fait «ramasser» à l’occasion du scrutin a tenté d’expliquer son camouflet en pointant un doigt accusateur à l’endroit de la Hiise. Pour le prochain rendez-vous électoral, cette instance est censée monter en puissance et prouver son indépendance face à une classe politique éclatée, sans véritables repaires au sein de la société.

La raison justement d’une tendance à croire que l’opposition n’est comptable de rien. La nouvelle Constitution qui donne un rôle «organique» à l’opposition bat en brèche cette croyance et l’oblige, par conséquent, à se prendre en charge, au risque de se faire «railler» par les électeurs au même titre que le sont les partis au pouvoir. C’est dire que les prochaines élections locales ont ceci d’intéressant: elles mettent l’électeur non pas seulement comme arbitre entre les forces politiques en présence, mais comme premier contrôleur des acteurs partisans que ceux-ci soient au pouvoir ou dans l’opposition. Le mandat électif prend donc son véritable sens et oblige son détenteur à justifier de la confiance des citoyens, même s’il est minoritaire en nombre de voix.

L’esprit de la nouvelle Constitution qui apporte une donne fondamentale dans le jeu politique national gagnera plus d’adeptes lors du prochain scrutin. Le principal souci du personnel politique consiste à faire admettre au citoyen cette nouvelle réalité juridico-constitutionnelle qui en fait le maître du jeu. A ce propos, il ne faut pas s’attendre à des efforts particuliers de la part de l’opposition qui compte user des droits que lui offre la nouvelle Constitution, sans afficher leurs nouvelles responsabilités auprès des électeurs. D’où toute la difficulté des pouvoirs publics à transmettre aux citoyens la complexité d’une procédure, même si au final, ils doivent en connaître les tenants et les aboutissants pour donner toute sa force à la nouvelle Constitution. Pour faire parvenir au citoyen ses «nouveaux pouvoirs», il faut certainement plus qu’une campagne d’explication, c’est toute une pédagogie qu’il faut déployer sur le terrain.

Le mouvement associatif aura à jouer un rôle central et pas du tout conjoncturel, en direction des Algériens pour donner aux avancées démocratiques contenues dans la nouvelle Constitution leur raison d’être. En convoquant le corps électoral, le chef de l’Etat a certes respecté l’agenda politique de la République, ce qui, en soi, est un acquis démocratique plus qu’évident, mais au vu des taux de participation, en pente descendante, l’on comprend que les Algériens ne sont pas conscients des «pouvoirs» qui sont les leurs, dans la conjoncture que traverse leur démocratie naissante. Cette importante contrainte dans la construction de l’édifice institutionnel national est, sans doute, le plus important défi du gouvernement Ouyahia.

Celui de Sellal qui a organisé les législatives a pêché par une communication plutôt primaire et inadaptée. La campagne de sensibilisation est passée par pertes et profits. Et il est impossible, aujourd’hui, d’en tirer le bilan. Même si un Exécutif, n’est pas seul responsable d’une désaffection de l’électorat, il lui revient prioritairement d’organiser la mobilisation des citoyens. Il reste que le niveau des intervenants politiques, des candidats et des responsables partisans pèse dans la balance et peut le cas échéant démobiliser les électeurs. C’est comme ramer à contre-courant. Mais le grand enjeu consiste justement à vaincre le courant du populisme et de la démagogie pour amarrer le pays au port de la véritable démocratie et de la modernité.

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