Créances impayées des entreprises du BTTP de Tlemcen: Les entrepreneurs tirent la...

Créances impayées des entreprises du BTTP de Tlemcen: Les entrepreneurs tirent la sonnette d’alarme

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Les entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics de la wilaya de Tlemcen tirent la sonnette d’alarme.

Malgré les affirmations de l’ancien ministre Abdelmadjid Tebboune du 26 mai dernier, portant sur la régularisation des créances de toutes les entreprises et le déblocage, selon lui, de 74,60 milliards de dinars par la CNL au profit des entreprises et des maîtres d’ouvrages, seul un taux très faible est parvenu aux caisses de certaines entreprises et d’autres attendent toujours depuis le mois de septembre 2016. Cette situation n’est pas spécifique à la wilaya de Tlemcen mais, selon les entrepreneurs, «elle est nationale et menace la survie de toutes les entreprises du secteur et, donc, les milliers de postes d’emplois». A quelques jours de la fête de l’Aïd et de la rentrée scolaire, «les entrepreneurs sont confrontés aux problèmes financiers pour régulariser les salaires des travailleurs dont certains ne l’ont pas perçu depuis plusieurs mois»,ont-ils affirmé, et de souligner que «la majorité des entrepreneurs ont eu recours à des prêts pour la prise en charge partielle de la masse salariale et des charges des projets pour limiter au maximum les retards et éviter les pénalités». C’est une dure réalité à laquelle sont confrontés les opérateurs du secteur qui s’estiment «lésés et mis sous une pression à multiples facettes».Cette situation traîne depuis plus d’une année et aucune solution ne pointe à l’horizon pour des centaines d’entreprises, qui traversent une réelle crise financière, en plus de la pression de l’administration locale avec laquelle elles sont liées par un cahier de charges et un délai de livraison des projets. L’OPGI détient une part très importante de ces créances et n’a pu, à ce jour, satisfaire les centaines d’entreprises en charge des programmes de logements LPL. «Je suis en charge de la réalisation d’un programme de 40 logements LPL à Aïn-Nehala, daïra d’Aïn Tellout, et depuis plus d’une année, je n’ai perçu aucun dinar. Ce qui a causé des retards dans la réception de ce projet vital pour les citoyens», affirme l’entrepreneur, qui a dénoncé, à l’occasion, «les entraves bureaucratiques des responsables en charge du suivi de ce projet». «Ils refusent même de réceptionner les situations ou de les enregistrer, et nous menacent à chaque fois par des mises en demeure». Pour un autre entrepreneur en charge de la réalisation d’un programme de logements à la wilaya de Sidi Bel-Abbès, «l’administration opte pour une formule illégale et inconcevable, pour ne pas dire du pur chantage». Et d’indiquer : «Elle contraint les entreprises à faire des rabais sur leurs créances sachant que cette formule n’est pas réglementaire car injustifiée vis-à-vis du contrôle financier, et peut exposer ses auteurs à des poursuites judiciaires». Il est vrai que l’entreprise s’est retrouvée entre le marteau et l’enclume. Pour se faire régulariser le payement de ses situations des travaux exécutés, elle se retrouve «contrainte de faire n’importe quelle concession pour toucher son argent». Devant cette situation qui menace des milliers de postes d’emplois et la survie des entreprises opérant dans ce secteur, seule une décision politique permettra le règlement de ce litige qui ne fait que perdurer.

B. Soufi

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