Situation chaotique en Tunisie : Les compagnies pétrolières à l’arrêt

Situation chaotique en Tunisie : Les compagnies pétrolières à l’arrêt

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Grâce à l’augmentation de ses capacités d’interconnexion électrique avec les pays voisins, la Tunisie est moins confrontée aux coupures d’électricité. Il n’en reste pas moins que le pays fait face à une sérieuse crise énergétique. De nombreuses compagnies pétrolières sont à l’arrêt.

Cela représente une réelle menace pour la production de brut en Tunisie, un pays dont la couverture des besoins énergétiques (gaz et produits pétroliers…) est fortement tributaire de l’approvisionnement extérieur. Le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, cité par des médias tunisiens, a annoncé, jeudi 24 août, la fermeture des sites d’extraction des compagnies pétrolières opérant dans le désert de Kebili, une région hautement instable où les sans-emplois exigent de ces entreprises qu’elles fassent un effort et les recrutent.

En vain. Les compagnies étrangères ont décidé de fermer portes et vannes et de démobiliser tous leurs travailleurs, ainsi que le souligne le ministre. Mohamed Trabelsi estime que leurs homologues de la région de Tataouine s’apprêtent à faire de même. La production de pétrole à Tataouine et Kébili représente environ 46% de la production nationale, prend ainsi un sérieux coup. Les entreprises étrangères sont confrontées en fait à des problèmes fréquents. Le secteur de production d’hydrocarbures connaît depuis des mois une situation chaotique. Mais, la situation semble empirer de jour en jour. La population bloque les vannes pour contraindre les compagnies à embaucher localement. Un manifestant a été tué en mai 2017. Dans le Sahara et à Kébili, l’extraction a été divisée par deux en six mois, passant de 46 000 à 22 000 barils/jour.

La Tunisie produisait 110 000 barils/jour en 2010. Il faut dire que le secteur pétrolier connaît une crise sans précédent. Le volume des investissements dans la recherche et l’extraction de pétrole a baissé de 52% en dix ans alors que le déficit énergétique de la Tunisie passait de 0,6 million de tonnes équivalent pétrole en 2010 à 3,7 millions de tonnes équivalent de pétrole (Mtep) en 2016. Les chiffres ne lui sont, hélas, guère favorables. En effet, dans sa dernière publication, l’Institut national tunisien de la statistique indique que l’indice de la production industrielle de la Tunisie baisse de 2,3% au 2e trimestre 2017, essentiellement en raison de la chute brutale de 20,5% de la production de pétrole brut.

Evidemment, l’effondrement de la production de pétrole prive la Tunisie de devises, aggrave un déficit commercial déjà inquiétant et prive l’Etat tunisien de revenus, car 80% des recettes des entreprises pétrolières vont dans les caisses de l’Etat.

La Tunisie a ainsi perdu deux milliards de dinars (près de 700 millions d’euros) de fiscalité pétrolière entre 2010 et 2016. Mais, le pays peut toujours compter sur un secteur du tourisme qui a repris des couleurs grâce en grande partie aux Algériens. La Tunisie devrait connaître, en 2017, un taux de croissance à deux chiffres en matière de tourisme. Après les Algériens, les Occidentaux reviennent. En nombre de touristes, la Tunisie pourrait afficher en 2017 un chiffre voisin de 2011 (7,5 millions en 2017 contre 7,8 millions en 2010 et 5,4 millions en 2015).Toutefois, le chiffre d’affaires grimpe moins vite, car les séjours bénéficient de promotions et surtout la clientèle a changé. La Tunisie a progressé ces derniers mois grâce aux Algériens (+68%). Plus de trois millions d’Algériens devraient visiter la Tunisie en 2017, soit près de 50% des touristes.

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