Baisse prolongée des prix de l’or noir: Des compagnies pétrolières cèdent...

Baisse prolongée des prix de l’or noir: Des compagnies pétrolières cèdent leurs actifs algériens

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Le manque de ressources financières dû à la baisse prolongée des prix du pétrole pousse les compagnies pétrolières à se désengager de leurs actifs non rentables. En Algérie, pas moins de quatre compagnies ont cédé leurs actifs ces dernières semaines.

Lyas Hallas – Alger (Le Soir) – La compagnie pétrolière malaisienne Petronas, qui exploite le gisement de Bir-el-M’Sana dans le périmètre de Rhourde Rouni dans le bassin de Berkine, a décidé de le céder. Petronas, qui l’a annoncé la semaine dernière à l’occasion de la publication de ses résultats du deuxième trimestre de l’année en cours, n’a pas expliqué les raisons de ce désengagement.

Un désengagement qui intervient quelques semaines après l’annonce de retrait du géant norvégien Statoil du périmètre gazier de Hassi Mouina situé dans le bassin de Gourara, ainsi que de celui de l’électricien italien Enel. A priori, ce sont de petits gisements peu rentables dans le contexte actuel où la baisse prolongée des prix du pétrole pousse les compagnies pétrolières à se désengager des actifs dont la rentabilité a été calculée dans une période où le baril caracolait à plus de 100 dollars et qui ne rapportent pas grand-chose avec le niveau actuel des prix. En effet, a expliqué un ancien cadre supérieur du secteur des hydrocarbures, «personne n’a une visibilité à moyen terme sur ce que seront les prix du pétrole d’ici à 2020 et les compagnies préfèrent ne garder que les actifs rentables afin d’équilibrer leurs trésoreries».

Aussi, a-t-il ajouté, la baisse prolongée des prix du pétrole a impacté la plupart des compagnies opérant dans le secteur, contraignant à celles qui ne sont pas des producteurs de pétrole à la base à se concentrer sur leurs activités principales comme l’électricien italien Enel qui, lui, a décidé de céder plusieurs actifs en Algérie où il est présent dans trois périmètres en association avec d’autres compagnies. A savoir, le gisement gazier de Aïn T’sila (Isarene), le périmètre de recherche et d’exploration au sud-est d’Illizi ainsi que celui Msari Akabli et Tinhert Nord.

Dans ce contexte, il convient de noter, comme l’énonce l’ancien P-dg de Sonatrach et ancien ministre de de l’Energie, Abdelmadjid Attar, que si les compagnies pétrolières se concentrent sur les projets qui les intéressent le plus, cela peut être dans d’autres pays. Et d’expliquer que la révision de la loi sur les hydrocarbures devient impérative dans ces conditions pour avoir une fiscalité adaptée. «La fiscalité appliquée et les conditions contractuelles en Algérie rendent la rentabilité des petits gisements et des gisements de taille moyenne très faible, notamment avec le niveau actuel des prix», a-t-il indiqué. Il a souligné, par ailleurs, que l’environnement dans lequel évoluent les compagnies pétrolières en général est des plus hostiles. «Nous avons une bureaucratie très lourde qui ne favorise pas les affaires», a-t-il conclu.
L. H.

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