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Chef de file des Ahmadites en Algérie : Mohamed Fali aurait été transféré à Mostaganem

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Le chef de file des Ahmadites en Algérie a bel et bien été arrêté, lundi dernier, au domicile de sa mère à Aïn Sefra, ont indiqué certains de ses proches. L’information de son arrestation a circulé, avant-hier, en fin de journée sur les réseaux sociaux après une alerte de son avocat et défenseur des droits de l’homme, Maître Salah Dabouz.

Dans une déclaration à Reporters, hier, Maître Dabouz a indiqué que le leader des Ahmadites algériens, Mohamed Fali, n’a pas eu la possibilité de le contacter en raison de son arrestation. Il a, cependant, estimé que son client a été transféré ailleurs qu’à Aïn Sefra. «Je ne suis pas encore sûr, mais je pense qu’il est déjà transféré à Mostaganem», a-t-il déclaré. Il a indiqué qu’il a obtenu d’un proche l’indication de son transfert mais qu’il ignorait les raisons de son arrestation et la nature de la procédure lancée contre son client car il n’a pas encore vu le dossier de l’arrestation.

Maître Dabouz, qui s’est dit «ne pas être étonné» par l’arrestation de Mohamed Fali, a rappelé que ce dernier a déjà fait l’objet de plusieurs poursuites et qu’il a été déjà condamné par les tribunaux de Chlef et Boufarik pour «collecte de dons non autorisée», «constitution d’association sans agrément», «distribution de documents portant atteinte à l’intérêt national», «offense au Prophète et aux envoyés de Dieu» et «dénigrement du dogme et des préceptes de l’Islam».

«C’est une grave atteinte et violation aux droits de l’homme d’être poursuivi dans plusieurs tribunaux pour les mêmes chefs d’inculpation», s’est indigné Maître Dabouz. Il a déclaré ne pas comprendre cet «acharnement». En avril dernier, le ministre des Affaires religieuses et des Qaqfs Mohamed Aïssa avait dit que l’Etat algérien «n’a pas l’intention de combattre les adeptes de la secte ahmadiya», en expliquant que les charges retenues contre eux ne «concernent pas la pratique du culte religieux, garanti par la Constitution».

Que s’est-il passé alors et pourquoi le mettre aux arrêts ? En attendant une réponse à cette question, Mohamed Fali, rappelons-le, a été arrêté la première fois le 2 juin 2016, son domicile a été perquisitionné et son passeport confisqué et ce peu après avoir sollicité auprès du ministère de l’Intérieur l’enregistrement d’une association caritative. Le motif de son arrestation ainsi que celle d’autres adeptes de l’ahmadisme, a indiqué Mohamed Aïssa, est la «collecte de dons sans autorisation, en dehors du cadre légal et l’adhésion à une association non agréée».

Pour Maître Dabouz, la nouvelle arrestation de M. Fali montre que les autorités sont à l’affût du moindre alibi pour emprisonner son client, la seule raison de son arrestation est son appartenance à la secte ahmadite», a-t-il dit. Pour les observateurs du dossier, l’arrestation du leader des ahmadites a peut-être un lien avec ses récentes déclarations à l’AFP, le 25 août dernier.

Mohamed Fali y dénonçait le «déchaînement» de certains médias algériens qui ont «dénaturé les pratiques des ahmadis et tenté de (les) faire passer pour des non-musulmans». Pour Mohamed Fali, la «répression» des ahmadis en Algérie est «politique» et n’est pas sans lien avec le fait que «l’Arabie Saoudite combat l’ahmadisme, car c’est un danger pour le wahhabisme» en vigueur dans ce pays.

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